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FESPACO 2015 : L’édition de l’austérité

Pour la vingt-quatrième fois, il se tient dans la capitale burkinabè la grande fête du cinéma africain, le FESPACO, du 28 février au 7 mars 2015. De partout viendront de nombreux cinéphiles et professionnels de l’audiovisuel notamment le cinéma. Pour succéder au Sénégalais Alain Gomis, lauréat de l’Etalon d’or de Yennenga de la 23e édition avec son film «Tey (Aujourd’hui)», plusieurs réalisations d’ici et d’ailleurs. La Délégation générale du Festival, en matière d’organisation, comme à son habitude, a mis toutes les chances de son côté pour la réussite de cette biennale du 7e art africain.

 

Mais difficile de ne pas avoir à l’esprit que la présente édition du FESPACO se tient dans un nouveau contexte sociopolitique qui est le résultat de l’insurrection populaire de fin octobre 2014 qui a mis fin au régime du président Blaise Compaoré. A cela s’ajoutent une conjoncture économique peu reluisante et des perspectives de croissance qui ne le sont pas moins. En signe de rupture avec le passé, le slogan «plus rien ne sera comme avant » est sériné à tout bout de champ, et l’austérité érigée en mot d’ordre. Voilà donc les Burkinabè appelés à se serrer la ceinture, à commencer par l’Etat, qui doit diminuer son train de vie.

Tour de vis budgétaire oblige, le FESPACO, qui tire l’essentiel de ses subsides des ressources publiques, va, lui aussi, être soumis à la presse de dégraissage ; une cure d’amaigrissement, une diète noire en somme. La fête du 7e art africain sera donc des plus sobres, avec la suppression de beaucoup de manifestations habituellement au programme. Ainsi de l’annulation de la galerie marchande organisée chaque année à la maison du Peuple de Ouagadougou. Il faut bien être dans l’air du temps… de la Transition, qu’il convient de féliciter pour avoir pu tenir l’événement à bonne date. Avec les différentes péripéties enregistrées çà et là, le pari de l’organisation n’était pas gagné d’avance.

Et la rumeur du report de la bisannuelle avait même couru, si ce n’est tout simplement son annulation qui était prédite. Scénario d’autant plus probable que des rendez-vous d’envergure comme le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) et le Tour du Faso ont été purement et simplement annulés à quelques semaines des dates prévues pour leur tenue. La vérité, c’est que la menace de la maladie à virus Ebola est passée par-là, et les autorités n’ont pas voulu prendre le risque de créer une situation qui se révélerait des plus incontrôlables. Outre cela, la chute du régime de Blaise Compaoré, avec tout ce que cela comporte comme bouleversements, avait fini par renforcer le doute sur la tenue effective du 24e FESPACO.

L’inquiétude jusque-là était la menace de la maladie à virus Ebola. Le Conseil des ministres, presque à la dernière minute, a instruit les chefs des départements ministériels directement concernés par le Festival de renforcer la campagne de prévention contre l’épidémie. Finalement, le FESPACO aura bel et bien lieu, mais un FESPACO riquiqui sans concert géant ni spectacles pyrotechniques. Comble du sevrage pour les fêtards, pas de mangeailles ni de beuverie comme c’était le cas les années précédentes à la maison du Peuple. Ainsi donc, les cérémonies d’ouverture et de clôture auront lieu au Palais des Sports de Ouaga 2000, loin du flonflon habituel du stade du 4-Août. Il s’agira sans doute d’une fête aux airs spartiates, d’un Festival au goût de la Transition.

 

D. Evariste Ouédraogo

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