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Dédicace «Heurs et malheurs de la politique et du journalisme au Burkina Faso» : Soirée de grande émotion aux Archives nationales

«Heurs et malheurs de la politique et du journalisme au Burkina Faso : Quelles leçons ?», c’est le titre du dernier bouquin publié par Edouard Ouédraogo, le directeur de publication de L’Observateur Paalga, le plus ancien quotidien d’informations générales privé d’Afrique de l’Ouest francophone. Une œuvre pluridimensionnelle dont la dédicace a eu lieu le vendredi 31 juillet 2015 à la salle de conférences des Archives nationales à Ouagadougou.

 

Savez-vous qu’Edouard Ouédraogo, directeur de publication de L’Observateur Paalga, a failli ne pas aller à l’école ? Que L’Observateur a failli ne pas voir le jour ? Et que l’auteur de cet article a failli ne pas être journaliste, étant donné que c’est Monsieur Ouédraogo qui lui en a donné l’opportunité?

En effet, dans le prologue de «Heurs et malheurs de la politique et du journalisme au Burkina Faso : Quelles leçons ?», son dernier ouvrage qu’il a dédicacé le vendredi 31 juillet à Ouagadougou, dans une sorte de monographie incluant des aspects socioculturels comme a su le relever le Dr Dramane Konaté, président de la SAGES (Société des auteurs, des gens du livre et du savoir...), Edouard fait une auto-présentation filiale et de ses premiers pas à l’école ; qui permet au lecteur non seulement de comprendre sa personnalité, mais aussi de se rendre compte que l’homme a connu des difficultés évidentes à l’époque de son enfance.

Six ans, dit-il, c’est le temps mis par celui qui se définit comme un historien amateur pour écrire cette œuvre au titre ô combien évocateur de l’histoire d’un pays champion des soubresauts. C’est donc le 18 août 2007 dans son bled à Zaghtouli que cet historien des temps modernes a jeté les premières lignes de ce livre, pour ensuite le finir le 15 décembre 2013 à Dano. Un temps de rédaction relativement long qui explique, selon l’auteur, «une certaine discontinuité dans le style». Ah oui ? Ce sont les puristes qui le remarqueront certainement.

Mais même si «Heurs et malheurs de la politique et du journalisme au Burkina Faso : Quelles leçons» était prêt depuis 2009, ce n’est qu’en 2015 qu’il paraît. Toute chose que l’auteur explique par les difficultés d’édition inhérentes au contexte burkinabè, tout en reconnaissant que ce retard lui a permis de faire dans l’œuvre une comparaison entre les chutes des présidents Maurice Yaméogo (le 3 janvier 1966) et Blaise Compaoré (30-31 octobre 2015), qui n’ont pas su faire «le bon geste au bon moment».

Au cours de cette dédicace, la salle de conférences des Archives nationales a refusé du monde. Occasion de retrouvailles intergénérationnelles, interculturelles, confraternelles, retrouvailles tout court, fut cette soirée. Au moment où le journaliste-écrivain a voulu rendre hommage à ses deux premiers enseignants qui lui ont appris «à lire et à accorder les verbes», il ne put contenir son émotion. Il n’y avait certainement pas de poil dans la salle qui ne s’était dressé au regard de l’atmosphère. Et que dire du «show des vieux», termes trouvés par ce jeune confrère pour désigner la séance de questions à l’auteur ; interrogations qui émanaient pour la plupart de gens de la génération pré-indépendance. Pendant plus de deux heures, l’on a communié autour des heurs et des malheurs de la politique et du journalisme au Burkina Faso, tout en essayant d’en tirer des leçons. C’est dans la pénombre et à la lumière de lampes de poche qu’Edouard Ouédraogo a dédicacé l’ouvrage pour les nombreux lecteurs qui ont fait le déplacement. 

 

Les clés de lecture du Dr Konaté

 

Chargé de présenter le livre du «Doyen», le Dr Dramane Konaté a fait preuve d’une maîtrise de l’œuvre qu’il qualifie lui-même de pluridimensionnelle «dont la richesse est à la hauteur de la vaste culture et de la grande expérience de son auteur, Edouard Ouédraogo». Face à la difficulté pour le lecteur de maîtriser la substantifique moelle de l’ouvrage, le Dr Konaté propose neuf (09) clés de lecture.

La clé biographique : pour l’universitaire, l’auteur dans le prologue raconte la «vie d’actants individuels et collectifs, minutieusement peints avec la plus grande parcimonie». Une non-biographie qui s’apparente à une monographie incluant des aspects socioculturels et historiques. Le sens qu’il faut donc donner à cette partie de l’œuvre, c’est la possibilité offerte au lecteur de cerner la personnalité et l’engagement de l’auteur.

La clé linguistique : le maniement de plusieurs langues dont fait montre l’auteur a épaté le critique. «Edouard Ouédraogo a fait ses humanités, le latin n’est donc pas un secret pour lui. Des formules consacrées, puisées du riche patrimoine millénaire de la Rome antique comme des Saintes Ecritures, mais aussi en français, en anglais ainsi que dans le mooré du terroir sont autant de faits linguistiques qui donnent à l’œuvre une coloration de haute teneur», a affirmé, admiratif, le Dr Konaté.

La clé pédagogique : rien que de par le titre de l’ouvrage, foi de Dramane, le directeur de publication de L’Observateur Paalga laisse entrevoir le prof de français qu’il a été au début de sa carrière. La pédagogie, avec comme socle le dualisme cartésien et l’interrogation permanente d’Emmanuel Kant usés par le «Doyen» font dire au critique que celui-ci évite subtilement les «assertions sans fondements et les contre-vérités».

La clé journalistique : sans conteste, le journalisme a été, tout au long de la longue et riche carrière d’Edouard, son violon d’Ingres. C’est la soif de justice qui l’a poussé au journalisme, laisse entendre le président de la SAGES. En effet, dit-il, cette fibre journalistique était si forte que Nakibeugo finit par claquer la porte d’une Fonction publique, «soupape de sécurité», pour créer un journal privé, «un contre-pouvoir qui protège les administrés de l’Administration dont le pouvoir tend à l’absolutisme, un espace d’expression où les citoyens viendraient librement exprimer leurs opinions, mais également se défendre contre toutes formes d’arbitraire». N’ayant pas reçu une formation de base en journalisme, le DP de L’Obs finit par dire que «si le journalisme mène à tout, à condition de s’en sortir, tout aussi mène au journalisme à condition d’en avoir la bosse ou du moins certaines prédispositions».

La clé historique : elle s’apparente à la chronique documentaire. L’histoire politique du Burkina Faso et celle du journalisme savamment relatées dans cette œuvre permettent au lecteur, selon Dramane Konaté, d’appréhender l’évolution sociopolitique de la Haute-Volta au Burkina Faso, l’émergence de la société civile, les crises qui ont secoué le pays dont l’affaire Norbert Zongo.

La clé philosophie : elle permet dans la lecture de l’ouvrage «d’ouvrir le temple mythique de grands penseurs même si l’auteur n’épouse pas forcément leurs idées». La philosophie étant l’amour et la recherche de la sagesse, il n’y a de sagesse que d’humain. Et le président de la SAGES est convaincu qu’Edouard Ouédraogo est empreint d’humanisme.

La clé mythologique : à travers une grande culture générale, l’auteur de «Heurs et malheurs de la politique et du journalisme au Burkina Faso : Quelles leçons ?» use d’expressions bien enlevées faisant référence à la mythologie grecque et de la Rome antique. Une culture qui lui permet, selon le critique, de poser certains dilemmes auxquels lui ou certaines figures politiques ont fait face.

La clé politique : à travers sa riche expérience, le directeur de publication de L’Observateur Paalga peut se targuer d’être l’un des observateurs avisés de la scène politique burkinabè au cours de ces quarante dernières années. «Sans pour autant condamner ceux qui s’y engagent, il estime que politique, pour la plupart du temps, rime avec machiavélisme» ; c’est un jeu de dupes où c’est à qui roulera copieusement l’autre dans la farine.

La clé de la sagesse : «La rue qui ne portera pas mon nom», c’est l’intertitre en page 43 qui introduit le chapitre portant sur le refus de l’auteur qu’une rue de la capitale porte son nom. «Je suis de ceux qui pensent, et tout en respectant ceux qui pensent le contraire, que baptiser une rue ou tout autre place publique du nom d’un citoyen est une sorte d’apothéose au sens où les anciens Grecs et Latins entendaient ce mot», explique-t-il en page 44 de son ouvrage. Il poursuit en ces termes : «N’en sont honorés de leur vivant ou en tout cas pendant qu’ils sont professionnellement actifs, que des hommes d’exception, entrés vivant dans l’histoire et la légende de leur pays. Ce qui, je crois, est loin d’être mon cas». Un passage qui, pour le critique, est une preuve irréversible de la sagesse d’Edouard.

 

Mohamed Arnaud Ouédraogo

 

Le regret de l’auteur

 

J’avais pour ma part toujours souhaité que l’ouvrage sorte pendant que le président Blaise Compaoré était au pouvoir. Car des rumeurs les plus malveillantes ont été sciemment colportées sur les rapports particuliers que j’aurais entretenus avec l’hôte de Kosyam, rumeurs que je réfute de façon imparablement argumentée dans le livre et dont le fonds est déposé chez Maître Martin Ouédraogo, un notaire de la place. Dans certains cercles de la bienpensance, on m’a affublé en effet du statut de conseiller officieux du président Compaoré, donc d’être inspirateur de sa politique.  

Le caractère diabolisateur d’une telle fable est d’autant plus évidente qu’elle a commencé à circuler à la faveur de l’affaire Norbert Zongo, c’est-à-dire à un moment où penser autrement que ce qui était politiquement correct vous valait l’enfer de la calomnie. Comme je l’ai déjà publiquement proclamé, ce n’est point un déshonneur d’être un conseiller d’un prince, mais il y va également de son honneur de s’en défendre si le fait n’est pas avéré et qu’on vous en accuse pour simplement vous identifier à la face négative d’un système ou d’un homme.

Le retard de la parution m’a permis néanmoins d’ajouter à l’ouvrage la postface qui est un petit exercice comparé des événements qui ont conduit à la chute de Maurice Yaméogo en 1966 et à celle de Blaise Compaoré en 2014. 48 ans après, l’histoire s’est répétée, scellant de manière calamiteuse la carrière présidentielle de deux hommes.

Commentaires   

0 #4 Mimi 20-08-2015 10:49
Dans certains cercles de la bienpensance, on m’a affublé en effet du statut de conseiller officieux du président Compaoré, donc d’être inspirateur de sa politique.
Le caractère diabolisateur d’une telle fable est d’autant plus évidente qu’elle a commencé à circuler à la faveur de l’affaire Norbert Zongo, c’est-à-dire à un moment où penser autrement que ce qui était politiquement correct vous valait l’enfer de la calomnie. Comme je l’ai déjà publiquement proclamé, ce n’est point un déshonneur d’être un conseiller d’un prince, mais il y va également de son honneur de s’en défendre si le fait n’est pas avéré et qu’on vous en accuse pour simplement vous identifier à la face négative d’un système ou d’un homme. Je ne savais pas que vous pouviez tomber si bas M. OUEDRAOGO. Vraiment au BF y a pas de sage.
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0 #3 YO 17-08-2015 09:25
J'ai été dans une des librairies indiquées pour acheter ce livre et il était, avec d'autres ouvrages d'auteurs Burkinabé, dans un endroit où il n'était pas en vue: en bas, derrière la casse et comme rangé dans un caisson. Quand j'ai posé la question, la caissière m'a dit que c'est pour cause de rentrée et qu'il allait être réexposé plus tard. J'ai eu un pincement au cœur. Est-il possible d'initier, pour voir, un forum dédié à l'ouvrage. Ce pourrait être un moyen de promotion parmi tant d'autres.
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0 #2 Anta 03-08-2015 16:17
Moi Anta, je m'incline jusqu'à terre devant l'immense culture de Nakibeogo. Il lit Cicéron ou Ovide ou Virgile "aperto libro". J'y étais, et à l'entendre citer les auteurs latins et les versets de la Bible sans compter les mythes grecs, si je n'étais pas Anta, j'allais m'écrier:"Ecce Anta", "Voici Anta". Mais ce n'était pas Anta , c'était Nakibeogo.Je voyais Toégui dodeliner de la tête et je me gaussais de lui, je sentais bien qu'il élucubrais déjà pour demain. Nakibebeogo connait son latin et le latin connait Nakibeogo!
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0 #1 Sacksida 03-08-2015 14:05
On ne peut que savoir gré au « Doyen » des patrons de la presse privée burkinabé, qui vient encore contribuer au travers de ce magnifique œuvre littéraire et historique retraçant les « Heurs et les Malheurs », ou si vous voulez les péripéties politiques, démocratiques, culturels et sociales du Burkina Faso. Aussi, on peut sans risque de se tromper dire que cet ouvrage constitue à n’en pas douter une bibliothèque, pour les générations présentes et à venir ! Certes, on ne peut pas plaire à tout le monde, c’est pourquoi malgré les difficultés de parcours dans la vie de ce canard, il reste toujours comme le journal le plus lu et auquel beaucoup de lecteur y sont attachés de manière quasi-religieus e ! Cependant, dans les « malheurs » du journal, on ne saurait passer sous silence la période de la révolution burkinabé ou des 4 Aoutistes pendant laquelle l’observateur fut l’objet d’un « incendie criminel » et disparu durant sept bonnes années ! Cet incendie, à l’époque aurait été un acte d’un groupe de militants révolutionnaire s excités ! A ce propos, voici ce qu’en disait feu le Président Thomas Sankara : « Pour moi, il est vraiment dommage que l’observateur ait été incendié. Sa disparition dans ces conditions-là n’a pas de valeur pédagogique et éducative ! Ni pour nous, ni pour le pouvoir en place, qui aurait su comment combattre ces idées. Ni pour l’observateur qui ne saura jamais comment un journal se doit d’être en accord avec la société dans laquelle il se trouve et évolue. Car la presse doit jouer un grand rôle dans notre société. Il ne s’agit pas de la foi à défendre telle ou telle cause ».Au demeurant, longue vie au Doyen Mbâ Edouard Ouédraogo et à son journal, j’allais dire notre journal, car tant l’observateur est devenu un patrimoine national d’expression libre ! Salut !
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