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Kanzaï : Un K à part !

Il y a longtemps que «Projecteur» voulait  épingler Kanzaï à son tableau de chasse. Comme il fuit la presse, il nous a souvent glissé entre les doigts. Musicien atypique, il laisse leur carrière en plan pour faire des collaborations avec des cinéastes ou des chorégraphes. Portrait.

 

Kanzai est un homme avenant, toujours  simplement vêtu. Seule concession au look artiste : il arbore de petites tresses comme celles que portent les petites. Peut-être une façon de se moquer de ses pairs qui accordent plus d’importance à la longueur de leurs tresses qu’à la qualité de leur composition musicale.

Kanzaï est un K, pardon un cas, pas au sens clinique mais sur le plan musical. Il est venu tard à la musique, à un âge où les vocations sont déjà tout tracées. C’est, en effet, dans les années 90 qu’il a commencé à gratouiller un crincrin en imitant Cabrel, au grand désespoir de ses voisins dont les tympans souffraient le martyr. Comme les Gaulois d’Astérix souffraient devant la cornemuse d’Assurancetourisque. Et puis, patiemment il a fait ses gammes et est devenu un virtuose de la guitare et un musicien qui compte sur notre scène musicale.

Il a offert un mémorable concert lors du festival Jazz à Ouaga. Lui au micro et jouant l’accompagnement avec une guitare acoustique, avec un trio d’instrumentistes de talent. Son jeune batteur cogne les cymbales avec la fureur d’un dément si bien qu’il fait penser au Who et on se dit qu’il va massacrer son matos à la fin du concert. Il était accompagné de Jean Philippe Rykiel, un malvoyant qui a une grande maîtrise du piano. A le voir jouer et à entendre ses notes-une musique des anges-on parierait qu’il a des yeux au bout des doigts. Avec ces musiciens, Kanzaï a revisité ses compositions, entre chanson française, folk, rock, le tout mâtiné des sonorités du terroir.

Les récitals de Kanzaï plaisent, ils entraînent le public dans des voyages très colorés et d’un exotisme garanti ! Personnellement, ce n’est pas ce côté de l’artiste que nous aimons. Peut-être parce que nous n’aimons pas beaucoup la chanson française. C’est là aussi que l’on sent la trop grande influence de Cabrel, influence qui écrase l’artiste au lieu de l’inspirer. D’ailleurs, les textes à force de chercher à tout prix la rime ou la consonance, deviennent mièvres au niveau du sens et brouillent le sens du message. Il faudrait qu’il cherche un parolier parmi les poètes de la capitale s’il veut poursuivre dans cette voie mais pour nous, son talent se trouve ailleurs.

Ce talent est là lorsque Kanzaï oublie Cabrel, qui chante dans sa langue, se laisse aller à des improvisations et sculpte des bijoux sonores. Comme lorsqu’il nous entraîne dans un Denkè-denkè endiablé. Quand Jean Philippe Rykiel imite à merveille la flûte peule sur son clavier et que le jeune batteur sort de ses percussions, les notes syncopées de la calebasse, le public est debout ! C’est le vrai Kanzaï, celui qui revisite le répertoire traditionnel pour créer une musique moderne qui conserve le substrat de nos cultures.

On espère que Kanzaï nous proposera bientôt une compilation qui sera une odyssée à travers les musiques du terroir.

 

Saïdou Alcény Barry

Dernière modification lemercredi, 06 juillet 2011 22:55

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