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Congrès extraordinaire du FNTT-STB : Les taximen se tamponnent Spécial

Le samedi 14 janvier 2012, la Bourse du travail abritait le Congrès extraordinaire de la Fédération nationale des taximen et des travailleurs du secteur des transports du Burkina, FNTT-STB. Il n'y eu point de Congrès ce jour ; en effet, une partie des taximen, venus massivement s'en est prise au bureau national et a exigé son renouvellement, qui n'était  pourtant pas à l'ordre du jour.

Ce Congrès extraordinaire porte bien son nom, parce qu'il était vraiment extraordinaire au sens propre comme au figuré. Le seul pari tenu est celui de la mobilisation. La salle de conférences de la Bourse du travail était pleine comme un œuf, elle a refusé beaucoup de monde ; le Congrès tant attendu a mobilisé les nombreux taximen des villes de Ouagadougou et de Bobo. Il a donné à voir un affligeant spectacle. Nous en sentions les prémices lorsque le maître de cérémonie peinait à obtenir le silence dans la salle afin de décliner le chronogramme du Congrès, vu que la salle était comme  un bazar, où les participants échangeaient à leur guise.

Le point d'achoppement a été le programme, précisément son dernier point, intitulé "Travaux avec uniquement les membres du bureau de la Fédération". Une voix de stentor s'est élevée dans la salle ; c'est celle d'un taximan particulièrement remonté contre le bureau : "On n'est pas d'accord, pourquoi uniquement avec les membres du bureau ? On est venu pour voter, c'est tout !". Du coup, il a été soutenu par un groupe de taximen dans la salle.

Un autre groupe aussi se fait entendre avec vigueur :  "On n'est pas là pour voter, c'est pas prévu". Un climat délétère s'installe, les insanités fusent de partout. Le président de la Fédération, Oumarou Kièma, et certains membres du bureau appellent au calme et à la retenue. Mais un dialogue de sourds s'installe, et certains participants veulent en découdre  non seulement avec les membres du bureau mais aussi avec le groupe de taximen qui les soutiennent ; la Bourse  du travail se transforme en un véritable capharnaüm.

Quelques minutes plus tard, le président de la Fédération, Oumarou Kièma, et certains membres du bureau se résignent à organiser des élections pour le renouvellement du bureau. La salle se vide et les taximen forment de longues queues pour voter. Dans le même temps, un groupe de participants dénoncent avec les membres du bureau l'illégalité d'une telle élection qui, non seulement n'était pas prévue parce que le mandat du bureau n'était pas fini, mais encore moins préparée.

Les positions se durcissent et certains taximen superagités personnalisent la querelle et tiennent des propos très durs à l'endroit des membres du bureau et particulièrement à l'endroit du président de la Fédération.
Sentant le chaos dans l'air, le Secrétaire général de l'Organisation nationale des syndicats libres annonce la suspension du Congrès puis son report sine die.

Selon le président de la Fédération, Oumarou Kièma, le bureau, qui compte 31 membres, a été élu le 16 septembre 2011 pour cinq ans et selon les textes, la présidence revient aux organisations syndicales de Ouagadougou, et la première vice-présidence à celle de Bobo-Dioulasso. Les textes prévoient trois modes d'élection du bureau, le Congrès, l'Assemblée générale et le consensus ; il faut préciser que le bureau contesté a été élu par consensus.

Pour lui, toute ces agitations ne sont que des manœuvres souterraines d'Issouf Compaoré, 3e vice-président et par ailleurs Secrétaire général du Syndicat national des taximen solidaires (SYN.TAX.SO.) de Ouagadougou pour occuper le poste de premier vice-président, qui est pourtant réservé aux organisations syndicales de Bobo. Il dénonce la présence de jeunes désœuvrés qui n'ont rien à voir avec le métier de taximan, dressés contre le bureau et particulièrement sa personne. "Je suis un président responsable, donc soucieux d'un dénouement pacifique, c'est pourquoi nous avons reporté sine die le Congrès pour éviter l'affrontement".

Quant à Boni Mohamadi Hassimi, Secrétaire général du syndicat autonome des propriétaires et chauffeurs de taxis de Bobo, en plus de décrier le bureau, qui n'est pas assez représentatif, il dénonce la marginalisation de son organisation."Nous avons fait le déplacement de Ouagadougou pour renouveler le bureau et montrer à la fédération que nous comptons aussi".

Enfin, Paul Kaboré, président de l'Organisation nationale des syndicats libres, lui, se dit très affligé par le comportement des taximen : "Ils ne se donnent pas une belle image en servant ce spectacle et j'en suis d'autant plus affligé que la Fédération est membre de mon organisation, l'ONSL ; ils ont écorné l'image de l'Organisation aux yeux de l'opinion publique nationale". Nous leur avons demandé de prendre le temps de se concerter afin de tenir le Congrès dans un climat beaucoup plus serein.

Jean Stéphane Ouédraogo (Stagiaire)

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