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DSK : Libre ? Spécial

Le feuilleton de l’été approche de plus en plus de son dernier épisode ; du moins dans sa première saison. Au regard de la tournure prise ces dernières heures par cette désormais bien fameuse «affaire DSK», tout semble indiquer qu’à moins d’un cataclysme juridique de toute dernière heure, le Procureur Cyrus Vance Jr jettera l’éponge : il abandonnera les charges contre le désormais grand boss du FMI. Ce n’est pas sans raison qu’il a décidé de convoquer successivement les deux protagonistes de cette affaire à son cabinet ; la première, Nafissatou Diallo, a été reçue hier 22 août 2011 et Dominique Strauss-Kahn le sera aujourd’hui même. Si le second a de la peine à contenir son soulagement, la première, elle, devra s’apprêter à vivre désormais un long et bien pénible chemin de croix dont nul ne peut aujourd’hui dire avec exactitude quand il s’achèvera.

A qui la faute cependant ? Nafissatou ne devra s’en prendre qu’à elle-même ; elle aura, dans cette affaire, commis la lourde erreur de traficoter à plusieurs reprises avec la vérité des faits ; elle aura, à maintes reprises, menti ; sans compter cette conversation téléphonique avec un malfrat de ses amis qui, par ailleurs, aurait déposé une somme d’argent bien rondelette sur le compte bancaire de cette dame qui, au départ, passait volontiers pour une vestale injustement brutalisée par un satyre ; tout  cela a fini par  décrédibiliser entièrement Nafissatou Diallo ; désormais elle n’aura plus que ses yeux pour pleurer. Ou plutôt, elle aura toujours une session de remplacement, puisqu’elle a déposé une plainte d’une autre nature, toujours contre le même DSK, mais au civil, cette fois ; à défaut de voir incarcérer DSK, elle pourrait se contenter des dommages et intérêts que ce dernier serait condamné à lui verser ; c’est toujours bon à prendre, car ça peut toujours servir. Pour le procès au pénal, on l’aura compris, le procureur Cyrus Vance, après réflexion, aura vite réalisé qu’il se trouvait dans la parfaite incapacité de convaincre un quelconque jury de décider à l’unanimité de la tenue d’un procès.  Plutôt que de risquer le danger que représenterait pour lui-même un désaveu dudit jury, Cyrus Vance, bien prudemment, préfère jeter l’éponge.

Et voilà DSK qui s’apprête à emprunter le boulevard de la liberté. Que décidera-t-il d’en faire ? On l’imagine, il doit piaffer d’impatience de quitter ce pays puritain où il aura connu  le Capitole du FMI avant de s’écraser sur la roche Tarpéienne de Rikers Island. Sans doute voudra-t-il s’envoler illico presto de JFK Airport pour Roissy-Charles-De-Gaulle. Mais au pays de nos vaillants ancêtres les Gaulois, l’attend un autre dossier, qui fait toujours dans le même genre : l’affaire Tristane Banon. On attendra de savoir si DSK bénéficiera de la même baraka dans ce dossier. Sans compter qu’il n’est pas exclu que quelque nouvelle plainte soit exhumée et aille s’ajouter à la pile, déjà volumineuse, estampillée amours irrépressibles d’un homme dont la solide réputation de don Juan n’est plus à faire.

Et c’est bien là que l’on se rend compte que même si DSK est déclaré, dans l’affaire Nafissatou Diallo, blanc comme neige et qu’il échappe à un procès qu’il redoutait tant et qui devait l’envoyer méditer au fond  d’une cellule exiguë de quelque lugubre pénitencier US, sa réputation est néanmoins désormais ternie à tout jamais ; c’en est fini de la carrière politique d’un homme que l’on présentait comme le seul d’entre les pontes du PS français capable de battre Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012. C’est peut-être en cela aussi que DSK, même déclaré non coupable, n’est pas forcément le grand gagnant dans cette bien lamentable affaire qui porte son nom.

 

Jean Claude Kongo

Dernière modification lemardi, 23 août 2011 00:02

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