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Nigeria : Les 63 affranchies de Boko Haram

Elles sont 63. Des femmes et des filles échappées de l’enfer qui était le leur au nord du Nigeria. C’est en tout cas ce qu’on a appris de source sécuritaire. 63 sur les 68 kidnappées en juin dernier par Boko Haram ont en effet retrouvé le chemin de la liberté, profitant des combats qui ont opposé vendredi des adeptes de la secte islamiste aux éléments de l’armée régulière. Des combats décidément salutaires pour des captives qui, prenant leur courage à deux mains ont profité de l’absence de leurs geôliers pour prendre la clé des champs.

 

Ces chanceuses ne sont pas les premières à échapper aux griffes des hommes d’Abubakar Shekau. Avant elles, quelques otages avaient déjà accompli l’exploit, notamment en avril dernier lors du rapt des lycéennes à Chibock qui a mobilisé hommes et femmes à travers le monde pour appeler à la libération des captives. On se souvient que quelques-unes ont sauté des camions qui les emmenaient vers l’inconnu tandis que d’autres ont été retrouvées plus tard, après un bref séjour forcé dans l’entre de Boko Haram.

Inutile de dire que chaque fois que des otages ont pu s’extirper des rets de la secte, ils ont aussitôt été débriefés par l’armée et les services de renseignement nigérians, à la recherche du moindre indice ou de la plus petite indication.

Jusque-là les évasions se faisaient au compte-gouttes, ne concernant, chaque fois, que quelques personnes. Autant dire que cette fois, avec ces 63 rescapées de l’enfer selon Boko Haram, les forces de l’ordre disposeront d’une véritable mine d’informations à exploiter coûte que coûte et sans modération. Bien sûr, on ne sait pas grand-chose de leurs conditions de détention, mais nul doute que les témoignages qu’elles fourniront seront précieux pour la traque d’Abubakar Shekau et de ses disciples. Cela, d’autant plus que l’une des difficultés dans la lutte contre la secte, c’est d’obtenir des informations justes et fiables, quand on sait qu’elle a réussi à gangréner une bonne partie de la société et que ses membres se fondent dans la masse.

Ainsi, apprend-on que derrière le rapt de Chibok, qui a tant ému l’opinion internationale, se trouveraient des femmes, oui, des mères de famille complices des kidnappeurs. D’après un communiqué de l’état-major de l’armée nigériane, ces femmes auraient activement participé à l’enlèvement des lycéennes. Elles auraient agi en tant qu’espionnes pour le compte de la secte. Les militaires auraient démantelé «une cellule de renseignement» dirigé par un homme d’affaires influent dans le pays et spécialisé dans la vente de tricycles. Pour masquer ses activités terroristes, l’homme serait officiellement membre d'un groupe d'autodéfense progouvernemental ayant collaboré avec les militaires.

On se réjouit donc de cette «grande évasion» qui permettra, on l’espère, de sauver le contingent de captives encore entre les mains des terroristes et de redorer le blason des autorités fédérales, très critiquées pour leur inertie. Et si cette fois l’armée a permis de façon indirecte l’évasion inopinée de ces femmes, on peut aisément croire qu’avec de bons renseignements et en y mettant les moyens, elle parviendra enfin à reprendre le dessus sur le spectre bien réel de Boko Haram.

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lemercredi, 09 juillet 2014 09:08

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