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Alternance au CDP : Allo Kosyam, ici Kwamé-N'Krumah

C’est donc décidé, Roch Marc Christian Kaboré ne sera plus président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) à l’issue de son prochain congrès, prévu du 2 au 4 mars 2012. Il  l'a officiellement annoncé lors de la quarante-cinquième session ordinaire du bureau politique national (BPN) du parti majoritaire. Ainsi, ce qui se murmurait depuis quelque temps dans les milieux bien introduits était vrai, même si on ne sait pas encore définitivement si ce sera Paramanga Ernest Yonli ou un autre gourou qui tiendra désormais les rênes du mégaparti.

Qu’importe, en faisant tourner ses effectifs, le parti présidentiel, foi de son patron sortant mais non encore sorti, veut montrer l'exemple aux autres formations où bien souvent, les premiers responsables sont assis chacun sur son article 37.

Comment peut-il du reste en être autrement quand on sait que, dans la forêt des organisations politiques, beaucoup sont en fait des affaires privées (au sens propre du terme) gérées par de véritables PDGPF (Président Directeur Général Propriétaire Fondateur). A cela s’ajoute le fait que l’absence criard de cadres oblige les gérants de ces officines familiales ou amicales à s’éterniser d’autant plus allègrement qu’ils en sont les actionnaires principaux pour ne pas dire uniques.

De ce point de vue, l’exemple de vitalité et de démocratie interne qu'offre la majorité est louable à plus d'un titre. Il faut néanmoins rappeler que d’autres, même s’ils ne sont pas nombreux,  à l’image du PAREN, se sont aussi déjà essayés à ce jeu de rotation avec plus ou moins de bonheur. On espère d’ailleurs que Roch aura le courage de dispenser ses leçons d’alternance au-delà de l’avenue Kwamé-N'Krumah, car, en dehors des partis, il y a tellement d’endroits et d’instances où cet évangile gagnerait à être prêché.

A moins que le téléphone ne fonctionne plus entre le siège du parti et le palais de Kosyam, où on pourrait se sentir morveux d'entendre le président du CDP parler…d’alternance. A sa décharge cependant, il faut reconnaître qu'il est plus facile de réaliser le changement au sein du parti qu'au sommet de l'Etat, où l'aventure peut s'avérer plus périlleuse.

En attendant donc des initiatives autrement plus hardies, il y a comme un vent de renouveau qui souffle sur la galaxie présidentielle. Avant Roch, c'est en effet le maire de la capitale, Simon Compaoré, qui avait annoncé qu'il se retirerait après dix-sept ans de bons et loyaux services. Ondes de choc des secousses socio-politiques qui ont traversé le Burkina en 2011 ?

C'est fort probable, et il n'est pas interdit de penser que le remue-ménage au sein du parti de la daba et de l'épi de mil pourrait s'accentuer quand sonnera l'heure de confectionner les listes pour les élections couplées de cette année.

Ousséni Ilboudo

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