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Scandale de bébés au Niger : La femme de Hama lui a-t-elle fait un enfant dans le dos ?

Scandale de bébés au Niger : La femme de Hama lui a-t-elle fait  un enfant dans le dos ?

C’eût été un banal fait divers, cette affaire de trafic présumé de nouveau-nés nigérians, si des épouses de personnalités nigériennes, en particulier le président de l’Assemblée, Hama Amadou, et le ministre d’Etat chargé de l’Agriculture, Abdou Labo, ne faisaient pas partie de la vingtaine de personnes arrêtées lundi passé dans ce cadre.

 

«Le réseau concerne des femmes ou des épouses qui n’arrivent pas à avoir d’enfant et qui ont recours aux traficants» pour s’en procurer dans des «usines à bébés», sortes de cliniques privées accueillant des femmes enceintes avant de (ou tout simplement pour ?) vendre leurs bébés et qui sont régulièrement démantelées.

Parce que présumés stériles, des couples ont été interpellés pour qu’ils expliquent comment ils ont eu leurs enfants ; ainsi dix-huit personnes ont été inculpées et d’autres étaient toujours en interrogatoire jeudi. Excepté peut-être les accompagnateurs et les intermédiaires, c’est une affaire de gros bonnets comme on n’en manque pas au Niger, car il faut en être pour pouvoir se procurer des jumeaux au coût de millions de francs CFA. On peut parler de trafic des bébés, car, au fur  et à mesure que les enquêtes avancent, on découvre un véritable réseau d’hideux de négociants allant du Nigeria, passant par le Bénin, aboutissant au Niger et impliquant des agents de santé et de l’état civil. Nous ne soulignerons jamais assez que toutes les personnes suspectées sont présumées innocentes jusqu’à ce que la justice établisse leur culpabilité ; d’ailleurs, treize interpellés n’ont-ils pas été relaxés ?

Répétons-le, si des épouses d’Abdou Labo et surtout d’Hama Amadou ne s’étaient pas retrouvées dans la nasse de la police, ce dossier n’aurait rien d’extraordinaire. Seulement voilà, si d’aventure l’épouse d’Hama+ venait à être condamnée dans cette affaire, cela éclabousserait son mari au point de mettre fin à la carrière politique de celui-ci ; on ne voit en effet pas comment un tel projet de maternité pourrait être réalisé par une femme sans au moins la complicité passive de son mari.
 
C’est pourquoi aussi cette affaire fait craindre une cabale politique contre l’opposant n°1 au président du Niger, Mahamadou Issoufou, même si cet argument paraît trop court dans cette affaire criminelle dont les enquêtes n’ont pas encore révélé tous les tenants et les aboutissants.

L’histoire en tout cas intervient dans un climat de surchauffe politique : tout est parti, avons-nous écrit dans Grille de lecture de L’Obs. du 26 mai 2014, du départ d’Hama Amadou de la coalition qui a porté le président actuel au pouvoir pour rejoindre l’opposition en août 2013… Puis s’en était suivie la vraie ou fausse attaque de son domicile en son absence (dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 février) sans oublier l’appel à tous les militants de son parti à quitter le gouvernement. Dans le même article, on lit également ceci : «Si, à la faveur des élections, inachevées, des membres du bureau de l’Assemblée nationale, l’opposition entre les deux camps est devenue ouverte alors que jusque-là elle était à fleuret moucheté, le débat, lui, est désormais dans la rue depuis les manifestations avec courses-poursuites entre force de l’ordre et contempteurs du régime.

Vu la suspicion qui pèse sur une de ses épouses, on pourrait être tenté de régler à Hama son compte au détour d’un procès pour «supposition d’enfant», ce délit d’attribution de la maternité d’un môme à une femme qui n’est pas sa mère.

Les eaux du Niger sont décidément troubles  en ce moment, où une autre actualité défraie la chronique : la levée de l’immunité de l’ex-président Mamadou Tandja par la Cour de cassation jeudi 26 juin afin de permettre  à la justice de l’entendre au sujet des quelque 400 milliards de FCFA qu’il aurait laissés dans les caisses du Trésor public mais qui en auraient disparu. Tandja et une quarantaine de personnalités dont le général Salou Djibo, chef de la junte qui a renversé le premier cité, seront interrogées dans cette enquête judiciaire. Mamadou Tandja a par ailleurs exigé du pouvoir actuel un audit de la gestion du Niger par la junte.

Selon l’avocat de l’ex-président renversé, Maître Souley, «l’objectif éventuel, c’est de démontrer ou d’expliquer les 400 milliards : ou Tandja Mamadou dit que cette somme était disponible, mais qu’elle a disparu, et logiquement on doit chercher ceux qui l’ont détournée, ou, à défaut, si son témoignage révèle que cette somme-là est imaginaire, naturellement le tribunal du Niger va le poursuivre en justice et le faire poursuivre pour faux témoignage ou, en tout cas, pour dénonciation calomnieuse». Tandja aura été prévenu.

La Rédaction

 

Commentaires   

0 #1 Keita 12-07-2014 15:23
Chez au Burkina, le phenonene est aussi connu. Des femmes steriles ont maintenant des bébès la plupart des jumeaux avec fêtes organisées au su et au vu de tout le monde dans les quartiers. La police devrait aussi ouvrir l'oeil poir lutter contre ces trafics bébés.
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