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Tripatouillages constitutionnels en Afrique : L’hirondelle burkinabè ne fait pas le printemps

Tripatouillages constitutionnels en Afrique : L’hirondelle burkinabè ne fait pas le printemps

L’insurrection populaire serait-elle en train de s’essouffler au Burundi ? En tout cas, deux mois après le début des manifestations contre un 3e mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza, force est de reconnaître que la contestation marque le pas. Le président du Burundi finira-t-il par avoir ses contempteurs à l’usure, vu que, depuis le coup d’Etat raté du général Nigombare et la reprise en main des choses par le grand échaudé de Bujumbura, les contestations ont perdu en intensité même dans les quartiers les plus frondeurs ? Lassitude, pression financière, brutalité policière, durcissement et extension de la répression surtout depuis la tentative de renversement du régime expliquent la mobilisation decrescendo.

 

Certes, les législatives et les municipales, initialement prévues pour le 5 juin, ont été reportées, mais rien, absolument rien, ne semble entamer la détermination, voire l’entêtement, du maître de Bujumbura : sermon de l’Eglise, démissions répétées de membres de la CENI, retrait des observateurs européens des élections, suspension de la coopération, etc., rien n’y fit.

Avec la démobilisation progressive des contestataires de Pierre Nkurunziza, ceux qui voulaient que les « Quatre Glorieuses » burkinabè triomphent au Burundi, au Rwanda, en RD Congo et au Congo Brazza auront peut-être rêvé pour rien ; l’hirondelle burkinabè ne faisant pas le printemps noir.

Comme si la chute de Blaise Compaoré, au lieu d’inspirer à ses pairs tripatouilleurs de Constitution leur départ volontaire du pouvoir, les a plutôt préparés à résister ; si bien que Kagame, Kabila et Sassou n’ont pas renoncé à jouer le match qui pourrait être de trop : ainsi au Congo Brazzaville, Denis Sassou N’Guesso, à la fois frappé par la limite d’âge pour être présidentiable encore et la limitation du nombre de mandats présidentiels, est à pied d’œuvre pour se faire reconduire si son peuple ne l’éconduit pas.

Idem sur l’autre rive du Congo, où, malgré les injonctions des USA, l’opposition de Filmbi, soit dit en passant soutenu par le ‘’Balai citoyen’’ et le ‘’Mouvement y en a marre’’, Joseph Kabila campe sur sa position.

Et que dire du Rwanda de Paul Kagame ? Deux millions de ses compatriotes auraient demandé par pétition la modification de la Constitution pour permettre à ce chasseur de journalistes et d’opposants de se représenter à la présidentielle de 2017.

Dans tous ces pays, Dieu seul sait si ça passera ou cassera, mais une chose est sûre : les tripatouilleurs prennent un grand risque, car en refusant de partir à temps, ils s’exposent tel le président de la FIFA à s’en aller hués et sous les quolibets. Mais comme nos autorités voient l’appât du pouvoir, l’aubergine sur le piège, et non le piège du pouvoir…

 

Ahl-Assane Rouamba

 

Commentaires   

0 #1 Anta 08-06-2015 12:34
Il ne l'emportera pas en paradis, qu'il ignore l'hirondelle burkinabè ou pas.Les dictateurs n'ont jamais eu le dessus sur leur peuple.Les hirondelles annoncent le printemps, mais les chauves souris annonce la nuit peuplée de diables, de sorciers allant au sabbat.
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