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Pluie diluvienne de mercredi : Un p’tit air de 1er-Septembre

C’était un petit air de 1er-Septembre. Juste quelques malheureux 67 millimètres à Ouaga-aéroport et 20 de plus à Somgandé tombés le mercredi 24 juin 2015. Rien à voir donc avec le déluge d’il y a six ans et ses 263 mm, mais suffisamment inquiétant pour raviver chez de nombreux Ouagalais des souvenirs douloureux.

 

Bilan officiel de cette première grosse pluie dans un Burkina où l’hivernage tarde à s’installer : quatre morts dont trois enfants et des dégâts matériels à la pelle. Et la saison ne fait que commencer avec des prévisions météorologiques loin d’être rassurantes puisqu’elles annoncent des inondations et leurs cortèges de malheurs en Afrique de l’Ouest comme c’est déjà le cas dans des pays voisins tels la Côte d’Ivoire et le Ghana. Autant dire qu’il faut se préparer au pire, la grosse pluie de l’autre jour n’étant sans doute qu’un avant-goût de ce qui nous attend.

Le drame est qu’ici au Faso, on n’est jamais instruit par les épreuves du passé ; si bien qu’invariablement les mêmes causes produisent les mêmes effets. Car il a suffi d’une petite pluie qui a balayé toute la partie nord du pays pour que, par endroits, une terre, pourtant assoiffée, régurgite le trop-plein d’eau et que beaucoup de sites se retrouvent les pieds dans l’eau : l’hôpital Yalgado, le pont Kadiogo, Koulouba, Ouidi… et la liste des abonnés aux inondations n’est pas exhaustive.

Qu’a-t-on donc fait des enseignements de l’historique 1er-Septembre et que sont devenues les belles résolutions prises au paroxysme de la crise ? Nombre de personnes morales et physiques, des pays amis, des organisations internationales, sur fond de publicité malsaine sous l’objectif des caméras, avaient alors fait parler leur cœur pour parer aux urgences.

Au bout du compte, quelque quatorze milliards de francs CFA avaient été récoltés. Les autorités, parfois en tenue du dimanche, étaient allées patauger dans la boue et promis ferme de s’attaquer aux racines du mal, en déguerpissant une fois pour toute les habitants des zones qu’on sait pertinemment inondables depuis des lustres, mais dont on s’est toujours accommodé.

Des parcelles viabilisées ont été dégagées pour les victimes et des facilités offertes pour les matériaux de construction. Puis la routine s’est installée, on est passé à autre chose et les occupants des bleds à problèmes y sont revenus au motif qu’ils n’ont nulle part où aller ; à moins que ce ne soit pour des raisons plus affectives du genre « mon placenta est enterré ici ».

En vérité, quand survient ce genre de tragédie, on a souvent tort d’accuser Dame Nature dans la mesure où, dans bien des cas, l’homme est victime de ses propres turpitudes, en bouchant par exemple systématiquement le peu de caniveaux qui existent, transformés qu’ils sont en véritables bacs à ordures qui serpentent à travers la ville. Et les mêmes qui se rendent coupables de tels actes seront les premiers à crier au secours quand le drame frappera.

A-t-on par exemple besoin de dire encore aux vendeurs de véhicules et de brocante de la cuvette sous le pont Kadiogo, qui sont payés pour le savoir pour être déjà allés repêcher leurs voitures au barrage l’année du déluge, que la zone est foncièrement dangereuse ?

Pour tout dire, les responsabilités sont partagées. Que l’Etat, ses services déconcentrés et les municipalités soient les premiers garants de la sécurité des populations, on veut bien, mais on ne saurait exonérer celles-ci de leurs obligations par un laisser-aller et un laisser-faire généralisés.

Alors que la campagne, déguisée ou pas, est lancée depuis belle lurette dans la perspective des législatives et de la présidentielle d’octobre 2015 et des municipales de mars 2016, voilà un sujet concret sur lequel on aimerait entendre les candidats ; et on pourrait y ajouter l’occupation anarchique de l’espace public, la circulation routière, l’insécurité, l’incivisme …quitte à protéger les populations contre elles-mêmes.

C’est mille fois mieux que les promesses incantatoires de ceux qui prétendent transformer tout ce qu’ils touchent en or et qui, c’est bien connu, n’engagent que ceux qui y croient, c’est-à-dire pas grand monde de nos jours.

 

La Rédaction    

 

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