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Conflit Zida # RSP : A la recherche de l’introuvable compromis

Et revoilà le Collège de sages, rebaptisé cette fois Cadre de concertation ! La première fois qu’une telle structure avait été créée, c’était au lendemain de l’assassinat de Norbert Zongo. Et pour sortir de la mauvaise passe, le président Blaise Compaoré s’en était remis à cette invention de son cru pour réfléchir sur les causes profondes de la plus grave crise que le Burkina ait jamais connue et proposer subséquemment la thérapie qui séyait.

 

L’évêque de Bobo Monseigneur Titiama Anselme Sanon et ses collègues avaient alors effectivement posé un diagnostic sans complaisance et suggéré des remèdes parmi lesquels la dissolution du régiment de sécurité présidentielle (déjà), dont des éléments étaient suspectés sérieusement dans la tragédie de Sapouy et accusés dans le dossier David Ouédraogo. Une quinzaine d’années plus tard,   voici de nouveau le RSP au centre de la polémique, fût-ce dans des circonstances différentes, au point que certains en viennent à se convaincre définitivement que cette entité est le fléau du Faso ; même si entre-temps celui qui le biberonnait s’est exilé, emporté par une insurrection populaire pour avoir voulu jouer le match de trop. Et c’est pour n’avoir pas voulu suivre rigoureusement dans tous les domaines (politique et administratif, social et culturel, économique…) le traitement prescrit par ces médecins, qu’il s’était pourtant librement choisis, que Blaise Compaoré a été terrassé par le syndrome d’hubris, entendez la maladie du pouvoir.

Hélas, ces diablotins en treillis continuent de pourrir la vie à la nation avec des escarmouches sans fin : d’un côté Yacouba Isaac Zida, un officier du cru devenu président intérimaire puis Premier ministre à la faveur des « Quatre glorieuses », de l’autre ses anciens camarades du camp Naaba Koom II, ces derniers, désormais soutenus par la haute hiérarchie militaire, exigeant la démission du PM et des autres membres militaires du gouvernement sur fond de manipulation et d’intox.

Entre les deux, le pauvre président du Faso, impuissant devant l’irrédentisme des différents protagonistes dont il ne sera pas parvenu à concilier les positions. Son échec, il l’a avoué lui-même dans le discours tant attendu jeudi et qu’il a finalement prononcé vendredi dans la soirée, allocution dans laquelle il a annoncé la mise en place d’un Cadre de concertation de sages pour poursuivre les tractations, lequel est composé d’une dizaine de personnalités choisies pour leur probité et leur amour de la patrie, bref pour leur sagesse. Fait notable, est de celles-ci le pasteur attitré du PM, Patrice Tiendrébéogo, dont l’influence présumée sur son illustre brebis fait tant de gorges chaudes.

On attend les conclusions des mandatés en ce début de semaine mais , d’ores et déjà , on se demande bien si, tout sages qu’ils sont réputés être, ils pourront arracher ce « compromis dynamique » que Mba Michel lui-même, du haut de sa chaire de Kosyam, avoue n’avoir pas obtenu à l’issue du dialogue direct entre les différents protagonistes organisé sous son égide.

En fait, dans son discours « indiscourable » évacué en moins de deux minutes, le chef de l’Etat n’a pas pipé mot du fond du problème né, rappelons-le, de la présumée tentative d’arrestation de Zida à son retour de Taïwan le dimanche 28 juin 2015. Que faut-il d’ailleurs entendre par « compromis dynamique » ? Doit-on comprendre que ceux qui réclament à cor et à cri la tête de Zida et compagnie devront renoncer à cette revendication, à charge pour ce dernier de tenir en laisse ses « camarades », des OSC notamment, qui ne démordent pas de leur revendication matricielle : la dissolution de l’ancienne garde prétorienne, déjà préconisée au point 2.2.8 de son rapport par le Collège de sages pour qui il fallait « organiser la protection républicaine du chef de l’Etat par la gendarmerie et la police »?

En vérité, les choses eussent été plus simples si le président Kafando avait été démocratiquement élu. Jouissant à ce moment de la légitimité que confèrent les urnes, contrôlant vraiment l’armée et ayant son propre appareil et ses propres réseaux, il lui aurait suffi alors de renvoyer le gouvernement à ses chères études politiques et on serait passé à autre chose. Or, il n’en est rien, ce qui fait de lui une sorte d’otage entre les mains de clans aux desseins contraires, souvent inavoués et qui discutent le doigt sur la détente.

Il lui faudra pourtant trancher dans le vif, et dans les meilleurs délais, car on ne peut pas se payer le luxe de traîner un tel abcès, et courir le risque qu’il se gangrène, à trois mois de la fin de la Transition. Déjà, en perdant du temps à se chamailler dans une douce insouciance et en toute irresponsabilité, les soldats et leurs snipers en civil font peser de lourdes menaces sur la tenue des élections du 11 octobre 2015 et hypothèquent quelque part leur financement dont on sait qu’il n’est pas encore bouclé. En effet, quel bailleur de fonds viendra injecter ses euros ou ses dollars sans être sûr que l’échéance sera respectée ?

                                                                                                                                         La Rédaction

Commentaires   

0 #5 Ouagaskaïa Pravda 13-07-2015 13:49
Laissez le nom de Payrice Tiendrébéogo tranquille. Du reste, êtes vous convaincu maintenant que la tentative d'arrestation dont il était question est maintenant avérée? Si oui l’honnête journalistique voudrait que l'auteur de l'article revienne sur son écrit.
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+1 #4 lanonym 13-07-2015 12:50
@Megd "Président Michel, vous êtes le chef suprême de notre armée et de ce fait, les militaires attendent vos ordres car un militaire, ça exécute les ordres"visiblem ent nos militaires sont allé à une autre école.
Ils veulent donner les ordres plutôt que de les suivre.
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+3 #3 Anta 13-07-2015 08:07
Le discours indiscourable de M'Ba Michel est un appel au secours qui ne dit pas son nom. Mais on ne peut pas soigner quelqu'un qui ne dit pas sa maladie. Qu'est-ce qu'il y a entre le RSP et Zida? Que veut notre Séjan national et ses prétoriens?Quel les sont ces révélations compromettantes faites par la garde prétorienne sur le compte de Zida Caleb qui "est monté et qui s'est emparé du pays"? En gardant le silence sur ce qui se passe réellement, M'Ba Michel nous complique la tâche.Je veux bien reprendre ma spatule, mais pas pour combattre des moulins à vent. Montrez-nous le vrai ennemi!Rien ne sert de dépoussiérer des structures momies qui vont faire ressortir les mêmes constats qu'il y 17 ans.Allons seulement!
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+2 #2 Kôrô Yamyélé 13-07-2015 08:06
Le Pasteur Patrice Tiendrébéogo devrait faire gaffe car la primature n'est pas un Temple ! Alors attention À ne pas induire ZIDA dans des erreurs que Pasteur devra supporter jusqu'à sa mort ! Attention ! Doucement Pasteur.

Par Kôrô Yamyélé :cry:
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+2 #1 Megd 13-07-2015 07:24
Vu l'évolution de la situation, il me semble que la tentative d'arrestation du PM est avérée. Une certaine presse a tenté de nous faire croire qu'il s'agissait d'un coup monté.

Comment comprendre les demandes maximalistes du RSP? C'est qui la hiérarchie militaire en fait?

C'est la mollesse du président Michel qui est sidérante. Il peut demander aux militaires de mettre en veille et laisser la transition aboutir pour les 3 mois qui restent. Le fait de nommer des ambassadeurs, d'ouvrir des ambassades et des consulats ne sont-ils pas de ses prérogatives? N'est-ce pas lui qui est allé à Bruxelles négocier au nom du Burkina?

Même s'il n'ose pas dissoudre le RSP, il peut très bien demander à Diendéré et Cie de se mettre en veilleuse. Le chef d'état major des armées doit être révoqué. Il ne sert à rien comme patron des militaires.

Président Michel, vous êtes le chef suprême de notre armée et de ce fait, les militaires attendent vos ordres car un militaire, ça exécute les ordres.
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