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Triple "A" : Débat de riches ? Spécial

L’épée de Damoclès, qui pendait depuis le 5 décembre 2011 sur la tête de la France et que le président Nicolas Sarkozy se jurait d’esquiver à tout prix, a fini par choir. Vendredi en effet, Standards & Poor’s (SP), l'une des trois agences de notation, qui distribuent les bons et les mauvais points, a retiré à l’Hexagone (1) le prestigieux «AAA» dont elles créditent les économies nationales les plus dignes de confiance aux yeux des investisseurs.

Il s'agit en fait de l'appréciation du risque de solvabilité financière, qui va du très convoité "AAA" (qualité de crédit la plus élevée) au D (défaut de paiement immédiat ou imminent) ; cela, sur la base de constats et de projections liés à la dette, au déficit budgétaire, à la maîtrise des dépenses,  aux perspectives de croissance, à la stabilité politique, etc.

Place donc maintenant à la polémique (qu'on sait si bien le faire chez nos ancêtres, les Gaulois) sur les conséquences macroéconomiques de l'événement ainsi que ses effets directs sur l’économie réelle  (panier de la ménagère, pouvoir d’achat, loyer de l’argent…). «Est-ce que c’est grave, docteur ?» Même les économistes ne sont pas d’accord sur tout, a fortiori les politiciens, qui ne peuvent, naturellement, analyser le problème que sous le prisme forcément  réducteur de leur chapelle.

Une chose est sûre : en dépréciant la cote de la France à seulement quelque 100 jours de la  présidentielle, les censeurs s’invitent en grands électeurs dans un scrutin qui s’annonçait déjà indécis. Au fait, qui donc les a faits rois, ces Fitch, Moody’s et S&P  qui se piquent  de distribuer ainsi des notes à leur guise ?

En fait, on a parfois le sentiment, vu d’ici, que les pays nantis jouent parfois à se faire peur, car non seulement le très convoité  triple «A», à l’image du permis à points, peut se reconstituer, fût-ce difficilement, mais en plus, ce n’est pas parce que des spéculateurs aux sombres desseins peignent tout en noir que l’avenir de la France va s’assombrir du jour au lendemain. Cette douce et généreuse France ne deviendra pas ipso facto un PPTE (pays pauvre très endetté). Comparaison n'est certes pas raison, mais avant elle, même le Japon et les tout-puissants Etats-Unis avaient été dégradés  sans que la faille de San-Andréas  bouge d’un millimètre.

Ce n’est peut-être pas un épouvantail ou un bonnet d’âne qu’on agite  de temps à autre pour effrayer les mauvais élèves et les obliger à des politiques économiques plus vertueuses - dans le cas d'espèce, c'est toute la gouvernance européenne qui est mise à l'index - mais ça confine au débat de riches, où l’Afrique est bien sûr absente. Tout se passe comme si le continent noir n’en est pas vraiment concerné. Chez nous, triple "A", ce serait plutôt :
- Aide (publique au développement) ;
- Aide alimentaire d’urgence ;
- Accès aux services sociaux de base (santé, éducation, eau potable).

Et croyez-nous, ceux-là, si on devait les perdre, déjà qu’avec  c’est  pas la joie, on n’aurait pas besoin d’exégètes pour expliquer savamment pourquoi on serait mal barré. Cela dit, on aurait aussi tort de nous désintéresser totalement de ces discussions de repus, dans la mesure où,  si demain ils devaient connaître de sérieux ennuis, nos triples «A» à nous pourraient en être affectés d'une manière ou d'une autre.

Ousséni Ilboudo

(1) En même temps que la France, huit autres Etats de la zone euro ont été décotés ce jour-là.

Dernière modification ledimanche, 15 janvier 2012 22:06

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