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Attentat contre l’avion d’Habyarimana : Le rapport qui disculpe Kagamé

Paul Kagame, le président rwandais Paul Kagame, le président rwandais

Masaka ou Kanombé ? Laquelle de ces deux localités a servi de pas de tir du missile Sam-16 de fabrication russe utilisé dans l’attentat, le 6 avril 1994, contre l’avion de l’ancien président rwandais, Juvénal Habyarimana ?

 

Dis-moi d’où est parti le tir et je te dirai qui en est l’auteur.

Ainsi pourrait-on caricaturer ce long et sensible feuilleton politico-judiciaire de cet assassinat qui a servi de prétexte à la tragédie rwandaise.

Masaka ou Kanombé ?

Pour ce qui ne le savaient, peu de temps avant le déclenchement du génocide, la première était tenue par le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé et le second entre les mains des Forces armées rwandaises (FAR). Une précision qui a valeur de fil d’Ariane sur cette piste labyrinthique au bout de laquelle sont tapis les auteurs du complot contre « Ikinani ».    

Vingt ans en arrière.

Le mercredi 6 avril 1994. Le Falcon 50 immatriculé 9XR-NN est de retour sur Kigali (capitale du Rwanda) d’où il est parti le matin pour Dar es-Salaam (Tanzanie). A son bord, le président rwandais, Juvénal Habyarimana, et son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, et une dizaine d’officiels. L’avion entame sa procédure d’approche. Soudain, deux fortes détonations dans la nuit. Il est 20 h 27 min. L’aéronef s’écrase sur le terrain de la résidence présidentielle. Aucun survivant.

La suite, on la connaît. Quatre mois de génocide qui ont fait entre 800 000 et un million de morts. Un drame dont le pays des « Milles Collines » n’a toujours pas fait le deuil. Particulièrement son président actuel, Paul Kagamé, qui continue de poursuivre de son ire la France, responsable, à ses yeux, du massacre à échelle industrielle de son ethnie, les Tutsis.

Après vingt ans de bataille politico-judiciaire, va-ton enfin vers l’épilogue d’un dossier qui cabote entre affaire d’Etat, rivalités géopolitiques et intérêts stratégiques ?

Depuis hier mercredi 9 juillet 2014, les regards sont tournés vers le procureur.

Les juges français antiterroristes Marc Trévidic et Nathalie Poux viennent en effet de boucler leur enquête. Une instruction qui vient, si on se réfère à ses prémices, en contradiction avec une précédente investigation menée par un autre magistrat hexagonal, en la personne de Jean-Louis Bruguière que l’on ne présente plus.

Ce dernier, au terme d’une instruction débutée en 1998, avait privilégié comme zone de tir des missiles la ferme de Masaka. Mettant ainsi en cause Paul Kagamé et ses hommes dont 9 seront visés par des mandats d’arrêt en 2006. Une thèse qui a fait l’effet d’une bombe à Kigali qui a immédiatement rompu les relations diplomatique avec Paris.

Une année plus tard, le dossier sera retiré des mains du juge Bruguière puis confié en 2007 à ses pairs Trédivic et Poux. Des études balistiques concluent cette fois-ci que c’est de Kanombé qu’ont été lancés les deux missiles contre l’avion présidentiel. En d’autres termes, elles mettent hors de cause les hommes de Kagamé. Les mandats d’arrêts sont levés.

Certes les deux juges n’ont pas explicitement désigné les auteurs de l’attentat. Mais l’allusion, si c’en est vraiment une, est on ne peut plus claire : si c’est de Kanombé que sont partis les projectiles, c’est qu’ils ont été tirés par des éléments de l’armée régulière. En l’occurrence des « extrémistes hutus », comme l’a toujours seriné le FPR.  

Autant le rapport Bruguière a hérissé, en son temps, les poils de l’homme fort de Kigali, autant celui pondu par Trédivic et Poux apporte de l’eau à son moulin.  

Le réquisitoire du procureur est attendu en principe dans trois mois.

Mais quelle que soit l’issue de l’affaire, difficile il sera de distinguer la vérité officielle de la vérité historique. Car il en va de ce dossier, « hautement miné », comme de bien d’autres : la raison d’Etat reste toujours la meilleure.

C’est lorsqu’il sera déclassé et après que l’Histoire aura exercé ses droits que l’on pourra enfin espérer savoir quelle est la main qui a ouvert ce fameux 6 avril les portes de l’enfer par lesquelles est passé ce pays où Dieu a choisi de se reposer après avoir créé le monde.

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lejeudi, 10 juillet 2014 10:31

Commentaires   

0 #1 Moumouni 10-07-2014 08:02
Honneur au peuple rwandais qui veulent savoir qui a tué leur président.honte à la France qui a les clés de tous les assassinats en Afrique francophone, mais ne lève pas le petit doit sur bien de dossier "CELUI DE THOMAS SANKARA". Mais inchallah, dans exactement 14 mois on saura tout...
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