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Reprise procès Simone Gbagbo : On s’occupe d’abord du petit gibier

Officiellement ouvert le 26 décembre dernier et ajourné le 30 du même mois, le procès des 82 accusés de violences postélectorales en Côte d’Ivoire a repris hier 6 janvier 2015.

Ils étaient seulement six à la barre, et le bal des auditions a démarré avec un prévenu aux sinistres surnoms de Petit marteau et de Général des brûleurs.

De son vrai nom Jean-Marius Kéipo, il n’hésitait pas, selon l’accusation en tout cas, à occire ses victimes dont le péché suprême serait d’être des partisans d’Alassane Dramane Ouattara.

A la séance d’hier, n’était cependant pas sur les bancs des accusés, Simone Gbagbo, épouse de l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo. Un témoignage bien attendu on l’imagine. S’il y a en effet une personnalité  qui était en amont et en aval de toutes les décisions importantes en Côte d’Ivoire durant le règne de Laurent Gbagbo (de 2000 à 2010), c’est bien son épouse.

Elle était redoutée de presque tous, dont la survie politique et professionnelle, pour ne pas dire la survie tout court, dépendait de son petit doigt. Dans l’hebdomadaire français L’Express n’avait-elle pas affirmé que «tous les ministres ont du respect pour moi. Et on me situe souvent au-dessus d’eux» ?

On lui attribue la paternité, pardon la maternité, des Escadrons de la mort et, selon de nombreuses sources, elle aurait trempé dans la disparition jusque-là non élucidée du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en 2004. Contrairement à Laurent Ggabgo, les autorités ivoiriennes ont toujours refusé son transfèrement à La Haye qui la réclame à cor et à cris, jugeant que la justice de son pays pouvait s’occuper d’elle.

Est-ce une manière de lui faire une faveur ou est-ce une volonté inavouée de ne pas rapprocher les deux plus que complices ? Jusque-là on se perd en conjectures sur la question.

C’est vrai, il y aura des cas d’école dans ce procès, mais malgré le côté bien pittoresque de certains accusés, le gros morceau reste à n’en point douter cette dame en acier trempé. Son audition tant attendue sera certainement riche en révélations et en  rebondissements, et l’ombre de l’Enfant terrible de Mama planera inlassablement, même si le débat de fond reste cependant celui-ci : jusque-là, ne sont interpelés et jugés que les présumés coupables du clan Gbagbo.

Veut-on dire par là que du côté des pro-Ouattara il n’y avait que des enfants de chœur ? Tout au long de la crise, et selon des témoins directs des événements, les forces pro-Ouattara, maintenant appelées les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), ont «pourchassé, exécuté et violé des partisans supposés de Laurent Gbagbo alors qu'ils étaient chez eux, qu'ils travaillaient dans les champs, qu'ils fuyaient ou tentaient de se cacher dans la brousse. Les combattants ont souvent sélectionné leurs victimes en fonction de leur origine ethnique, et les attaques ont touché de façon disproportionnée les personnes trop âgées ou trop faibles pour fuir ».

Ces propos sont de la très sérieuse organisation non gouvernementale américaine Human Rights Watch (HRW). C’est vrai que du côté de la lagune Ebrié, l’on raille qu’il n’y a jamais eu de justice de vaincus,  mais tout de même, attendons de voir à quelle sauce seront mangés les prévenus, même si deux faits permettent de douter de l’issue du procès : la justice est perçue comme acquise au régime en place, et il y a comme une impréparation tant du côté de l’instruction que du côté du personnel judiciaire.

C’est en tout cas parti pour un marathon judiciaire qui menace une paix déjà précaire. Et puis, l’on peut bien se demander si ce jugement va amener la Gambienne Fatou Bensouda, procureure de la CPI, à renoncer à son précieux colis qu’est  cette ex-Première Dame.

Issa K. Barry

Dernière modification levendredi, 09 janvier 2015 10:22

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