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Défilé à Paris, explosion à Maiduguri: Le tout n’est pas de marcher, il faut agir

 C’est une semaine classée rouge que la France vient de vivre. Rouge comme le sang des  douze suppliciés de Charlie Hebdo dont quatre de ses caricaturistes emblématiques, tombés le mercredi 7 janvier en pleine conférence de rédaction ; autant dire le  crayon à la main dans un combat forcément inégal entre le fusain et la kalach. Rouge comme le sang de cette jeune policière en voie de titularisation, tuée le jour d’après à Montrouge. Rouge comme le sang des otages du supermarché casher (l’équivalent juif du halal islamique)  Porte de Vincennes. Rouge aussi comme le sang des frères Kouachi  (Shérif et Saïd) et d’Amédy Coulibaly, les terroristes (abattus vendredi) par qui le malheur est arrivé et qui prétendaient ainsi laver l’affront fait à Allah et à son prophète Mahomet par des journalistes impies qui ne respecteraient rien ni personne. Cruelle infamie d’illuminés qui, en réalité, ne croient ni à Dieu ni à Diable. La liberté, d’expression notamment, aura toujours le dernier… mot, et ces   équipées sanglantes   ne vont pas arranger les affaires des musulmans et des immigrés dans une France où l’islamophobie ambiante, nourrie par ce genre de tragédies, fait le lit de l’extrême droite. On a beau dire d’éviter les amalgames entre le bon grain que constitue la majorité des Mahometans et  l’ivraie salafiste, il ne faut  guère se faire d’illusion.

 

Alors que l’Hexagone se relève groggy de ce coup de massue qu’elle subodorait et qu’elle n’aura pas pu (ou su) éviter ; alors que l’indignation, la colère, la révolte monte toujours des chaumières ; alors que l’inépuisable débat sur ce qu’on peut rire ou pas continue de plus belle, c’est une véritable mobilisation planétaire contre la terreur qui a eu lieu hier dans la capitale française et que les journalistes et différents experts-analystes ont vite fait de qualifier de G40 contre le terrorisme. Il est vrai que cette marche, qui a emprunté le parcours habituel des manifestations quasi quotidiennes dont la France est si coutumière ( de République à Nation), avait  l’allure d’un sommet qui a réuni sur le macadam, loin des usuels salons feutrés, une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Ironie du sort, habituellement c’est contre eux que les gens marchent, hier c’est eux qui étaient en tête du cortège  pour des motivations des plus diverses. Solidarité certes à l’endroit du peuple français meurtri par cette épreuve sanglante mais  aussi pour des raisons de politique intérieure.

 Ce n’est certainement pas un fait du hasard si le président malien, Ibrahim Boubakar Keita, est parti exprès communier dans cette marche républicaine, lui dont le nord du pays est toujours occupé par des narco-djihadistes et n’eût été l’intervention française la situation eût été encore plus compliquée. Et que dire de son homologue nigérien, Mahamadou Issoufou, pendant longtemps  dans l’œil du cyclone et dont le vaste territoire est  sur la ligne de front de ce Sahélistan sur lequel les forces négatives veulent faire main basse ?

On le voit, il y a une évidente communauté de destin entre les illustres marcheurs d’hier, et certains ont pu lire dans le sort qui est actuellement celui de François Hollande le leur propre. La question se pose maintenant de savoir ce qui va rester de cette solidarité internationale quand chacun sera rentré chez lui pour s’occuper de ses affaires domestiques. Car s’il est vrai qu’il y a parfois des actions concertées pour vaincre les forces du mal, comme c’est le cas aujourd’hui avec l’opération Barkhane, la nécessité d’une véritable guerre mondiale contre le terrorisme obscurantiste s’impose du Nord-Mali, aux confins de l’Irak en passant par le Nigeria ou la Somalie dont on s’occupe par à-coups, tels des intermittents de l’intervention, pour retomber ensuite dans une routine ou une indifférence suicidaire.

Regardez par exemple ce qui se passe avec Boko Haram. Après l’enlèvement des 200 jeunes lyciennes de Chibok le 21 avril 2014, une véritable coalition planétaire semblait s’être formée à grand renfort de  publicité sur la toile et de promesses de moyens militaires (logistiques, renseignements, etc.) pour barrer la route à Abubakar Shekau. Et puis, plus rien. L’agitation est retombée très vite comme un soufflet, laissant l’incapable gouvernement nigérian se débattre tout seul tel un beau diable contre précisément ce qui a tous les traits de Méphisto. Tant et si bien que la pieuvre, inexorablement, étend ses tentacules au-delà des frontières de l’Etat fédéral pour menacer le Cameroun, le Tchad et le Niger, prenant ainsi petit à petit les contours d’un « Etat islamique ».

Et comme pour mieux faire la nique à Abuja et à la communauté internationale, alors que le locataire de l’Elysée organisait son défilé, un attentat kamikaze perpétré, tenez-vous bien, par une fillette de dix ans (au nom d’Allah, s’il vous plaît) a fait samedi une vingtaine de  morts au marché de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno dans le nord-est. Soit en seul coup autant que toutes les victimes de la folle semaine française. Combien sont-ils d’ailleurs voilà maintenant des années à périr sous les balles et les bombinettes assassines de la secte ? Des centaines ? Des milliers ? Depuis le temps que cela dure, le décompte macabre a fini par détraquer la calculette et banaliser les crimes.

 Or on a beau être dans le pays le plus peuplé du continent, ça commence à faire beaucoup. Et tous ceux qui ont marché hier auraient tort de ne pas engager une véritable croisade contre les terroristes qui n’ont pas besoin de se rendre dans une zone pour s’en prendre aux intérêts occidentaux. Car qu’il s’agisse de Boko Haram, de Daesh, d’Aqmi ou des Shebabs, c’est le même monstre tentaculaire qui sème la désolation aux quatre vents, et rien ne sert de s’occuper du centre si on ne s’attelle pas dans le même temps à en couper les branches périphériques. Combien étaient-ils sur les rues de France et de Navarre pour cette admirable démonstration populaire sans précédent de ce dimanche 11 janvier 2015? Quelque quatre millions dont environ 1,5 rien qu'à Paris? Qu'importe les chiffres,  le tout n’est pas de marcher et de condamner, il faut agir partout où besoin est. Et vite car pendant ce temps les fanatiques de toutes barbes courent allègrement!

 

La Rédaction  

 

 

Dernière modification lelundi, 12 janvier 2015 08:01

Commentaires   

0 #2 Anta 12-01-2015 11:52
Le problème avec les occidentaux c'est qu'ils jouent un double jeu qui rattrape toujours:quand ça les arrangent, ils pactisent avec les terroristes, leurs envoient des armes et des instructeurs tout en sachant que ce sont des fous. C'est le retour du marteau. Les racistes blancs vont se déchainer et le cercle vicieux va continuer. Pourquoi y a-t-il plus de terroristes islamistes chez les musulmans que de terroristes extrémistes chez les chrétiens. On sait que l'Eglise a eu sa phase d'extrémisme avec les autodafés; l'islam serait-il au 13è siècle de sa croissance? Faudra-il donc attendre encore quelque siècles pour que l'extrémisme se civilise en terre d'islam?
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0 #1 LoiseauDeMinerve 12-01-2015 08:48
Après ce Anti Terroriste Demonstration Show (ATDS) en mondo video, qu'est-ce qui reste ? Rien n'a changé tout va continuer. La nègrerie continuera (la seule cravate rouge à un deuil), le surf sur la politique des apparences au détriment du réel. Quand est-ce qu'on va s'attaquer véritablement à la source des menaces ? Il est bien beau de soutenir verbalement le caractère pacifique des Ismes et des Istes mais il serait encore mieux que cela se traduise en acte par des réformes conduisant à transformer progressivement et positivement le discours, la prêche; l'enseignement, le fidèle. Autrement, assisterons à Sisyphe roulant la pierre sur le sommet.
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