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Révision constitutionnelle en RDC : Kin-La-Joie fait grise mine

Que nous réserve la journée d’aujourd’hui  vendredi 23 janvier 2015 en RDC? Cette question lancinante, beaucoup de Congolais se la posent face à cette volonté affichée du président Kabila de faire voter cette loi électorale qui conditionne la tenue de la présidentielle 2016 à un recensement de la population. Une manière, selon l’opposition et une bonne partie de la société civile, de jouer les prolongations, dans la mesure où le choix de la date de cette opération de dénombrement relève du pouvoir discrétionnaire du gouvernement. Déjà adoptée par l’Assemblée nationale, la loi controversée doit être examinée aujourd’hui par le Sénat après son report hier jeudi. Programmée pour être tenue hier jeudi, la session a été finalement reportée à ce jour 23 janvier 2015.

 

La raison en est toute simple : la rue continue de gronder, et la quarantaine de morts, selon la Fédération internationale des droits de l’Homme, n’a pas du tout effarouché les contestataires. Hier encore dans l’est du pays, à Goma plus précisément, la police a ouvert le feu à plusieurs reprises sur quatre cortèges de manifestants hostiles au président : deux étudiants ont été touchés par des balles. Le décor ensanglanté est depuis longtemps planté.

Depuis le début de l’insurrection, le siège du Sénat a été transformé en bastion (imprenable ?) quadrillé par les forces de l’ordre. Cela ne rappelle-t-il pas le 30 octobre 2014 au Burkina Faso ? En effet, ce jour-là aussi, l’Assemblée, qui devait examiner le projet de révision de l’article 37 consacrant la limitation du nombre de mandats présidentiels, avait été quadrillée par la police et l’armée. Malgré tout, cet impressionnant dispositif de sécurité n’a pas résisté à la furie des insurgés qui sont parvenus à prendre l’Hémicycle puis à l’incendier. La suite, on la connaît : nonobstant le retrait du projet de loi, la foule a déferlé sur le palais présidentiel pour exiger le départ de Blaise Compaoré, contraint le lendemain à l’exil à Yamoussoukro. Evolue-t-on vers un remake des « Quatre Glorieuses » burkinabè sur les bords du fleuve Congo ? Sans nul doute que depuis quelques jours, les opposants à Kabila descendent dans la rue, l’héroïsme du peuple burkinabè à l’esprit.

Côté pouvoir, en pareille circonstance, l’habituelle ritournelle est servie : les réalités ne sont pas les mêmes : «Le Congo n’est pas le Burkina ». Pourtant, sur l’avenue Kasa-Vubu, principale artère de la capitale, l’on prévient que «ce qui est arrivé à Ouaga peut aussi arriver à Kinshasa». Pour sûr, entre les deux situations, il y a une ressemblance. Pour autant l’effet produit à Ouaga sera-t-il le même qu’à Kin-La-Joie qui fait grise mine? C’est dire que par ces temps qui courent, l’incertitude règne, et Joseph Kabila Kabange (président de la République démocratique du Congo depuis 2001 après l'assassinat de l'ancien président, son père Laurent-Désiré Kabila) a du mouron à se faire. Va-t-il persister dans sa volonté inébranlable de réviser la loi fondamentale de son pays ? Visiblement ce sera le cas, car il ne semble nullement vouloir écouter la voix de son peuple. Et pourtant, vox populi vox dei ! (1)

 

Issa K. Barry

 

(1) La voix du peuple est la voix de Dieu

Dernière modification levendredi, 23 janvier 2015 08:09

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