Menu
TANGUI IMMOBILIER SARL
FLASH INFOS

Loi électorale en RDC : Kabila a-t-il reculé pour mieux sauter ?

La raison aura donc finalement prévalu en République démocratique du Congo : en effet, après les manifestations violentes de lundi à vendredi qui ont fait 13 morts selon le gouvernement, une quarantaine d’après la FIDH, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a annoncé, samedi 24 janvier, le retrait de l’alinéa controversé du projet de loi électorale à l’origine des manifestations aux cris de « Kabila, dégage ! » ; l’alinéa querellé faisait du recensement général de la population un préalable à l’organisation notamment de la présidentielle après la fin du mandat de Kabila le 19 décembre 2016 à minuit.

 

Avec une telle loi électorale, recenser au bas mot 66 020 000 d’habitants (le dernier recensement remonte à 1984) sur un territoire vaste de 2 345 000 km2 sans voies de communication praticables quand il y en a, cela en 3 ans dans le meilleur des cas à compter, qui plus est, d’une date qui sera fixée à la discrétion du président, autant dire que la fin du mandat de Kabila aurait été repoussée aux calendes grecques.

Et comme Joseph Kabila aura passé 14 ans au pouvoir au terme de son 2e et, en principe, dernier mandat, le ras-le-bol, le « y en a marre » d’être gouvernés ad vitam aeternam par des rois en pleine république à fait descendre massivement les Kinois et les habitants de Goma dans les rues.

Non pas que la nécessité d’un recensement aussi bien pour le développement que   pour les votes puisse être mise en doute, d’autant qu’en l’occurrence le dernier remonte à il y a plus de 30 ans alors qu’en la matière, la périodicité est de 10 ans.

Le hic ici est que Kabila fils s’en est fichu complètement depuis la dizaine d’années qu’il est aux affaires pour découvrir « tout à coup soudain brusquement » qu’il faut faire un recensement de la population. Le dénombrement de la population soit, mais pourquoi en faire cette fois-ci une condition électorale? D’où ce procès en suspicions légitimes intenté contre Kabila.

Si la bataille de l’article 8 controversé, gagnée par l’opposition, n’était qu’un round d’observation avant le combat final pour le tripatouillage de la Constitution, celui-ci ayant tourné court, Kabila doit tourner casaque et partir en 2016. A moins qu’il ait reculé dans l’espoir de mieux sauter une fois l’orage passé.

C’est pourquoi, dans cette éventualité, l’opposition et l’opinion pourraient avoir tort de baisser la garde, car à la moindre conjoncture favorable…

Puisqu’on n’a pu éviter ces tueries du fait de la boulimie du pouvoir de Kabila, souhaitons que le sang des martyrs n’ait pas été versé pour rien.

Même si une hirondelle contestataire ne fait pas le printemps démocratique sous certains cieux, faut-il croire qu’après le revers des révisionnistes au Burkina Faso et la récente reculade des « kabilistes » en RDC, l’ère de la « tripatouillite » aigüe, cette endémie bien africaine, est en passe d’être révolue ?

Recensement préalablement à la tenue de la présidentielle, modification de la durée du mandat et/ou du nombre de mandats en cours d’exercice, chacun y va donc de ses artifices politico-juridiques ou de ses arguties dialectiques pour s’éterniser au pouvoir quand il ne peut pas purement et simplement faire supprimer les verrous constitutionnels.

Le meilleur de tous ? Le Burundais Pierre Nkurunziza : sa première élection, en 2005, s’est faite devant le Parlement, pas au suffrage universel prévu par la Constitution.

 

Ahl-Assane Rouamba

Dernière modification lelundi, 26 janvier 2015 08:08

Commentaires   

+1 #1 Le fils du Pays réel 26-01-2015 10:50
Qui a dit que Ouaga n'est pas Kinsasha?
Je salue toutefois la clairvoyance des tenants du pouvoir en RDC, qui sentant venir le grabuge, ont vite tourné casaque. On se rappelle que l'obstination de certains les ont amené à errer comme des âmes en peine, si ce n'est raser les murs, la queue entre les pattes. Surtout, frères africains, sachez que le pouvoir appartient au peuple qui en décide des modalités. Levez-vous et reprenez votre pouvoir des mains de ces politiciens à la petite semaine qui ne se préoccupent que de leurs honneurs et avantages, traçons les lignes d'une nouvelle démarche politique en Afrique.
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

Retour en haut