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Lutte contre Boko Haram : L’UA rachète la bagarre

Et de deux pour Boko Haram ! A la guerre, tout comme d’ailleurs dans la vie tout court, quand on commence à compter, c’est que ça devient plus sérieux.

 

Primo : Baga.  Ce samedi 3 janvier 2015 restera à jamais gravé dans la mémoire des rescapés de ce qui constitue la pire des opérations meurtrières de la secte depuis le début de son insurrection en 2009. 

 Au terme d’une offensive sur sa base militaire, la ville tombe entre les mains des hommes d’Abubakar Shekau. Rien ni personne ne sera épargné. Quartier après quartier, concession après concession, les habitants sont traqués, abattus, les blessés achevés à bout touchant, les maisons saccagées puis brûlées de même que les édifices publics.

Idem dans seize villages environnants. Bilan de cette journée de massacre : des centaines de morts et des milliers de déplacés.        

Secundo : Monguno. Dimanche dernier, ce fut au tour de cette ville et de sa base militaire de passer sous contrôle des extrémistes religieux nigérians.

Quand on sait que cette localité constitue le dernier verrou avant Maiduguri,  capitale de l’Etat de Borno, on se rend compte de l’importance stratégique de cette dernière avancée  en date de Boko Haram.

En l’espace d’un mois donc, l’armée nigériane a été mise en déroute dans deux localités au-dessus desquelles flotte désormais le fanion noir de la secte islamiste qui rêve d’un califat au Nigeria. 

A l’allure où vont les choses, le moins qu’on puisse dire, c’est que, hélas, elle est sur la bonne voie.  Sans que l’on puisse s’expliquer ces victoires  de combattants loqueteux sur une armée régulière qui plus est celle  de l’Etat le plus puissant d’’Afrique. 

Certes Boko Haram, dit-on,  est bien équipée, et ses troupes bien formées. Mais cela suffit-il à expliquer  sa marche triomphale  sur des bataillons entiers de soldats de métier incapables de tenir une journée de combat face à un groupe d’illuminés ? Pas du tout. 

Non, le problème est ailleurs, forcément ailleurs. Il procède moins de la « puissance de feu » des talibans noirs que de l’impuissance des autorités  fédérales nigérianes à faire face à une menace contre la sécurité intérieure de leur pays.

Quand, dans un Etat, les forces de défense et de sécurité sont vermoulues jusqu’à l’uniforme et  démotivées  par la grande corruption qui gangrène toute la chaîne de commandement, il n’est pas étonnant  que le  premier coup de clairon de l’ennemi suffise à mettre en déroute des soldats démoralisés.  

Le chef suprême des armées, le président Goodluck Jonathan, qui n’a jamais aussi mal porté son nom, est-il si obnubilé par la prochaine élection qu’il en est venu à passer par pertes et profits la préoccupante question sécuritaire ?    

Devant ce constat d’échec des autorités fédérales  face au monstre islamiste qui menace la paix et la sécurité de plusieurs Etats, la solution ne peut venir que de la mutualisation des efforts de lutte.

N’en déplaise au président nigérian, qui s’entête à vouloir faire de cette guerre contre Boko Haram une affaire de souveraineté dont il n’a pourtant  pas les moyens. 

C’est pourquoi, à la suite des pays membres de la Commission du bassin du lac Tchad, qui ont décidé la semaine dernière à Niamey d’apporter une réponse concertée à un péril transfrontalier, c’est au tour de l’Union africaine de racheter la bagarre au « Géant d’Afrique » aux pieds d’argile. 

Réunis en effet depuis hier lundi à Addis-Abeba, la cinquantaine de ministre des Affaires étrangères du continent ont planché sur la question.

Avec la présidente de l’organisation panafricaine,  Nkosazana Dlamini-Zuma, complètement remontée contre ce chauvinisme de mauvais aloi de Lagos dans la lutte contre Boko Haram. Et voici l’amazone zoulou qui donne des leçons de pragmatisme,  les propos guerriers, à l’apathique ijaw.  

En invitant les chefs d’Etat et de gouvernement à demander à l’ONU un mandant pour une force d’intervention multinationale et la création d’un fonds spécial pour soutenir l’effort de guerre contre la secte islamiste nigériane, la Sud-Africaine fait d’une pierre deux coups : confier le dossier à l’organisation panafricaine et mettre la communauté internationale face à ses responsabilités dans le combat contre le djihadisme armé. 

Intervenant quelque trois semaines après les attaques terroristes qui ont meurtri la France et bouleversé le monde entier, cette intervention musclée de la femme la plus puissante d’Afrique a beaucoup de chances d’avoir un écho favorable du côté de la célèbre maison de verre de New York.  C’est du moins ce que nous espérons.

 

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lemardi, 27 janvier 2015 08:49

Commentaires   

0 #3 Baroudeur 28-01-2015 09:13
Au gouvernement d'instruire l'autorite de regulation et les compagnie de telephonie mobile de revoir l'enregistremen t des SIM cartes. Tout detenteur de SIM carte doit se re-enregistrer sur base de presentation de la CNIB, passeport (photocopie a fournir) et d'une photo d'identite recente. Si les detenteurs de SIM cartes ne s'executent pas dans un delai indique, suspendre la SIM carte.
Interdire la vente anarchique de SIM carte sont documents d'identificatio n.
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0 #2 neilson 27-01-2015 11:30
Nous avons tous vu les limites de notre « géant », lui qui n’est pas foutu de ramener les 200 lycéennes à leur maman ! Ce géant là ressemble à l’éléphant qui malgré sa masse corporelle a peur de la petite souris ou du minuscule scorpion !
C’est vrai que des hauts dignitaires musulmans que compte le pays, un seul à élevé la voix (et sa mosquée a été la cible le vendredi qui à suivit d’attaque de représailles) pour aider Goodluck dans sa lutte contre Abubakar Shekau et ses drogués, raison de plus d’ailleurs pour qu’il mette son orgueil et son amour propre de côté et accepte de bon cœur (pour sauver sa population et stabiliser son pays) l’aide du Cameroun de Paul Bya et du Tchad de Deby qui eux, ont des soldats plus expérimentés et mieux aguerris. Vivement que la voix de Mme Nkosazana soit vite et bien entendue !
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0 #1 kazal 27-01-2015 09:55
Au lieu de fermer la cage pour empêcher le fantôme d'y entrer, on le laisse entrer avant de vouloir fermer. Toutes ces initiatives sont certes louables mais je trouve qu'il est trop tard. Pourquoi attendre tout ce temps? La secte islamiste est en position de force. Elle a eu le temps de s'enraciner; ses dégâts sont inestimables et elle tient de nombreux otages. L'armée nigériane n'y est pour rien, elle a fait ce qu'elle peut. N'importe quelle armée abandonnée seule face à ce gigantesque et impitoyable monstre aurait connue la même déroute. Les voisins du Nigeria se mobilisent maintenant parce qu'ils se sentent eux-mêmes en danger. C'est de l'hypocrisie; chacun aura le temps de payer pour sa passivité.
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