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Manifestation de l’opposition au Sénégal : Il faut éviter de martyriser «Gorgui»

«J’ai dit que Macky Sall se comportait comme un dictateur qui foule aux pieds le texte de la Constitution, refusant les libertés comme les marches et les réunions, qui sont des droits inscrits dans la Constitution, utilisant chaque fois la police pour nous disperser à coups de matraque (…) Nous ne pouvions plus l’accepter». Aussi Abdoulaye Wade a-t-il réaffirmé lundi, au cours d’une réunion du comité directeur de son parti, le PDS, sa détermination à combattre les mesures d’interdiction qui, depuis un certain temps, ne cessent de frapper les rassemblements de l’opposition.

 

Et pour ce faire, l’opposant historique de Senghor a annoncé le début de la résistance à l’oppression, dénommée «opération fippou » en wolof, appelant la population à manifester ce mercredi, et avertissant que si les autorités empêchaient cette marche, les marcheurs se dirigeraient vers la présidence.

Ainsi, le ton est donné et bien malin qui pourra dire ce que nous réserve cette journée du 7 février, surtout qu’on sait qu’en bravant l’interdiction les marcheurs se mettront à coup sûr dans une posture semblable à celle de «hors-la-loi», ce qui pourrait entraîner des affrontements avec les forces de l’ordre. A l’opposé, on se demande si le pouvoir sénégalais a été bien inspiré de mettre son veto aux maintes demandes formulées par le Parti démocratique sénégalais et d’autres formations de l’opposition, leur interdisant de marcher… et surtout à Gorgui, l’opposant historique.

Il faut dire que la situation actuelle est inédite dans ce Sénégal où il était de tradition que les anciens chefs d’Etat, à peine effectué le passage de témoin, s’exilent pour que leurs successeurs élus aient les coudées franches et ne soient pas gênés aux entournures. Or si après son échec Abdoulaye Wade s’était retiré à Versailles avec son épouse Viviane, les ennuis judiciaires de son fils Karim l’auront quelque peu contraint à revenir sur le devant de la scène pour endosser un costume qui lui va décidément à merveille, celui d’opposant farouche. Et c’est déterminé à en découdre que Gorgui a lancé à qui voulait l’entendre que « Macky Sall n’a encore rien vu. Les choses sérieuses viennent de commencer ».

A ce petit jeu on se demande si, poussé à la faute, l’actuel président ne sortira pas perdant de ce bras de fer avec son prédécesseur. En effet, l’opinion pourrait lui reprocher de martyriser le père, non content d’avoir emprisonné le fils. Alors, tant qu’à faire, ne serait-il pas préférable pour l’Etat d’autoriser, comme dans toute bonne démocratie, ces manifestations à condition qu’elles soient pacifiques, quitte à se donner les moyens d’en assurer l’ordre et la discipline ? Et si malgré tout elles dégénéraient, la responsabilité en incomberait aux organisateurs pour ne pas dire à l’organisateur, soit-il ancien chef d’Etat.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lemercredi, 04 février 2015 07:59

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