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Libération Bob Rugurika (Burundi) : Surtout ne pas céder à la tentation politique

On le savait populaire auprès de ces concitoyens, mais personne ne s’attendait à pareille scène de liesse à sa sortie de prison. De mémoire de Burundais, jamais une telle foule ne s’était rassemblée dans la rue.

En liberté provisoire depuis hier jeudi 19 février 2015, le journaliste Bob Rugurika, directeur de la Radio publique africaine (RPA), une chaîne privée, a été accueilli en véritable héros.

Malgré l’interdiction de manifestation du ministère de l’Intérieur, des milliers de personnes se sont massés tout au long du parcours qui mène de la prison au siège de la radio.

 

Arrêté le 20 janvier dernier, le patron de l’une des chaînes les plus écoutées du Burundi était poursuivi pour « complicité à l’acte d’assassinat », « viol du secret de l’instruction » et « manquement à la solidarité publique ». Des chefs d’inculpation retenus contre lui suite à la diffusion d’informations qui impliquent le général Adolphe Nshimirimana, ex-patron des services burundais de renseignement, dans l’assassinat de trois religieuses italiennes au nord de Bujumbura les 7 et 8 septembre 2014. Une arrestation qui a suscité une vive émotion aussi bien au sein de l’opposition politique que dans le milieu des associations de défense des droits de l’homme et dans la communauté internationale.

Après cette libération triomphale, la question est désormais de savoir quelle suite judiciaire sera réservée au dossier. Face à l’ampleur de la popularité de Bob Rugurika, c’est la justice burundaise et, par-delà, les autorités politiques qui se retrouvent subitement au milieu du gué.

Celle-ci ira-t-elle jusqu’au bout des poursuites avec une éventuelle condamnation avec tout ce que cela comporte comme risque de manifestation contre un pouvoir déjà décrié ? Va-t-elle par la suite se résoudre à un acquittement au nom de la paix et de la stabilité ?

L’autre interrogation, non moins importante, c’est de savoir quel usage Bob Rugurika va faire d’une si grande popularité. La question mérite d’être posée, car entre la politique et le journalisme il n’y a qu’un pas à franchir.

Auréolé de cette immense estime et porté par cette ferveur nationale, il ne faut pas que notre confrère en vienne à se découvrir une quelconque vocation de messie politique. Ou, qui sait, à céder allègrement aux chants des sirènes des politiques, toujours à l’affût de la moindre opportunité pour renforcer leur assise.

La tentation d’un basculement est d’autant plus grande que le président burundais, Pierre NKurunziza, suspecté de volonté monarchiste, est aujourd’hui l’objet de vives contestations.

En effet, après une tentative échouée de faire modifier la Constitution par l’Assemblée nationale, l’ancien professeur d’éducation physique ne semble pas avoir dit son dernier mot. A trois mois de la présidentielle, il n’a toujours pas annoncé officiellement son retrait de la course, que le pressent de faire l’opposition et la majorité des organisations de défense des droits de l’homme.  

Dans ces conditions, Bob Rugurika se verra-t-il ou sera-t-il perçu comme l’homme à même de contrarier les desseins de Pierre NKurunziza ?

Il en a désormais le profil. En a-t-il l’intention ?

 

Alain Saint Robespierre

Dernière modification levendredi, 20 février 2015 08:33

Commentaires   

0 #2 neilson 20-02-2015 15:39
Mon frère Bob, laisse la politique aux politiciens, mais soit toujours sans complaisance dans tes critiques objectives pours la construction et le bien du Burundi. Regarde chez nous au Burkina, les journalistes qui se sont essayés à la politique, où sont-ils?
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0 #1 Anta 20-02-2015 08:59
Robespierre, pourquoi le héro ne ferait-il pas la politique s'il le désire?Ou bien la politique est réservé aux journalistes décriés par la population?
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