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Arrestation d’activistes à Kinshasa : Petit Kabila et les 40 « terroristes »

Arrestation d’activistes à Kinshasa : Petit Kabila et les  40 « terroristes »

Le terrorisme. C’est, selon l’une de ses nombreuses définitions, l’emploi de la terreur à des fins politiques, religieuses, idéologiques ou bassement crapuleuses. A l’origine, le terme désignait, pendant la Révolution française, le régime politique de la Terreur. Voilà pour le rappel historique.

 

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et le mot est entré dans le langage courant. Et si son usage a évolué au cours du XIXe siècle, aujourd’hui il est le plus souvent utilisé pour désigner la violence politique.

Attentats meurtriers, enlèvement, prises d’otages, assassinats politiques… l’histoire du XXe siècle est jonchée d’actes terroristes. Aujourd’hui, qu’il soit international ou islamiste, le phénomène est au cœur de l’actualité, une bien triste réalité des temps modernes en somme.

« On est toujours le terroriste de quelqu’un», disait en son temps le président égyptien Anouar al-Sadate. Il ne croyait pas si bien dire, lui, qui quelque temps après avoir prononcé ces sages paroles, périra sous les balles de ses propres terroristes, les Frères musulmans.

A chacun donc ses terroristes ! Et ce ne sont pas les autorités politiques de la République démocratique du Congo (RDC) et certains médias de la place qui diront le contraire.

En effet, à l’initiative d’une association de jeunes congolais, Filimbi (coup de sifflet en swahili), une conférence de presse sur l’engagement civique a été organisée dimanche dernier au quartier Masina de Kinshasa. A la fin de la rencontre, la police s’y est invitée manu militari et une quarantaine de participants ont été interpellés.

Parmi les personnes arrêtées : une diplomate américaine en poste à l’USAID, des correspondants de la presse internationale et des journalistes locaux. Sans oublier les représentants d’organisation de la société civile venus d’autres pays. En l’occurrence du Sénégal avec Fadel Barro, Aliou Sané et Malal Talla, tous du mouvement «Y en a marre», et du Burkina Faso en la personne de Sibiri Ouédraogo de l’association « Balai citoyen ».

Qui connaît la part très active prise respectivement par ces deux mouvements de jeunesse dans la défaite du président Wade à la présidentielle d’avril 2012 et dans l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a mis au régime Compaoré n’est pas étonné de la panique générale qui s’est emparée du pouvoir à Kin. C’est que ce dernier, lui aussi suspecté de velléités monarchiques, est en proie à une vague de protestation.

Cet affolement du petit Kabila, qui refuse de tirer leçon de ce qui est arrivé à ses ex-homologues cités, est d’autant plus grand que les représentants de « Yen a marre » et du « Balai citoyen », cette sorte de panafricaine de l’insurrection populaire, sont allés partager leur expérience opérationnelle avec ceux qui entendent empêcher Kabila de tripatouiller.    

Et du côté du pouvoir et de ses alliés de la presse, on n’y est pas allé de mainmorte pour écraser ces Robin des bois des temps modernes.

« La police estime avoir des raisons de croire qu’il y a une manœuvre de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté de l’Etat derrière cette activité de personnes qui se réclament de Y'en a marre et du Balai du Burkina Faso, dans la mesure où le voyage a été entaché de pas mal d’irrégularités, d’une sorte de manipulation même de nos services d’immigration. Donc, ils ont été plus ou moins sous surveillance, et on est tombé sur des choses que la police se réserve de mettre à la disposition de la justice », a déclaré à notre confrère RFI le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

«Des terroristes à Kinshasa», a barré à sa une notre confrère « L’Avenir ». Et le quotidien d’enfoncer le clou en ces termes : «Deux commandos burkinabè et sénégalais dans le filet de la PNC». En attendant peut-être de nous dire de quelle nébuleuse ces Che Guevara des droits de l’homme relèvent.  

On peut tout au plus suspecter ces VRP de la démocratie et de l’alternance d’irrégularité dans leurs conditions d’entrée et de séjour sur le territoire congolais. Mais voir en ces doux rêveurs des experts en opération de déstabilisation, des kamikazes, des poseurs de bombes où de spécialistes en enlèvement est une allégation que Kinshasa aura du mal à faire tenir.

A moins d’être sous l’effet de la démence, on ne voit pas un groupe de terroristes organiser une conférence de presse publique dans un lieu public pour annoncer leur présence et exposer leurs projets subversifs.

Ces accusations aussi ridicules qu’infondées sont symptomatiques de la phobie sécuritaire qui s’est emparée des autorités congolaises.  

Reste maintenant à savoir jusqu’où ira Kabila avec ses quarante « terroristes ». Va-t-il s’entêter dans cette  « complotite » aigüe pour mieux sévir dans le secret espoir de prévenir toute tentative d’exportation de l’insurrection burkinabè sur les bords du Congo où va-t-il sagement revenir à la raison et abandonner son projet de tripatouillage de la Constitution?    

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lemardi, 17 mars 2015 07:57

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