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Attentat musée du Bardo : La Tunisie dans l’EI du cyclone

Attentat  musée du Bardo : La Tunisie dans l’EI du cyclone

«Je suis Bardo». Tel était le cri de ralliement des centaines et des milliers de Tunisiens qui ce jeudi sont descendus spontanément dans les rues pour exprimer leur colère et leur indignation au lendemain de l’attentat meurtrier qui a frappé le musée situé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. «Je suis Bardo» comme «je suis Charlie» qui en janvier dernier avait fait le buzz suite au massacre dans les locaux parisiens de l’hebdomadaire satyrique.

 

Face au terrorisme, à Tunis comme à Paris, pas de mots suffisamment forts pour exprimer la colère et l’indignation après cette attaque qui, il faut bien le dire, ne visait pas que l’illustre bâtiment public ; car en un seul coup le commando terroriste s’en est pris à trois symboles de la Tunisie moderne. Le premier, politique quand on sait qu’à défaut d’avoir pu s’en prendre à l’hémicycle, ils se sont rabattus sur le musée voisin ; le second, économique à travers le tourisme, l’un des secteurs sinon le principal pourvoyeur d’emplois et de devises ; et le troisième enfin, culturel. Pour cela, il suffit de se remémorer comment d’autres illuminés ont méthodiquement massacré le patrimoine de Tombouctou, ou les collections des musées irakiens tombés sous la coupe de Daesh, pulvérisées à coups de marteau piqueur.

« Sans nul doute que l’hypothèse d’une cellule dormante de l’organisation Etat islamique figure en trait de lumière sur les carnets d’enquête des autorités tunisiennes en charge de l’enquête », avons-nous écrit dans notre regard sur l’actualité du jeudi 19.

On ne croyait pas si bien dire, car l’organisation Etat Islamique a bel et bien revendiqué hier l’attaque du musée.

Pourquoi, Diantre, ces islamistes s’en sont-ils pris au musée à défaut probablement de l’assemblée nationale ?

La Tunisie a adopté le 26 janvier 2014 une nouvelle constitution, fruit d’un compromis entre le parti islamiste Ennahda, alors à la tête du gouvernement, et les partis de l’opposition.

Sous la pression de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, des avocats et des syndicats, Ennahda s’est engagé à dialoguer, et au bout du compte, la nouvelle Constitution accorde une reconnaissance limitée à l’islam. Et pour la première fois dans le monde arabe, la parité entre les genres dans les assemblées élues est inscrite dans la loi fondamentale.

L’E.i. a qualifié l’attentat de Tunis d’ « attaque bénie contre l’un des foyers des infidèles en Tunisie musulmane…

Ce que vous avez vu, ce n’est que le début… »

On peut donc dire que la Tunisie est désormais dans l’œil, pardon l’EI, du cyclone.

Dès lors, on doute fort que ce 20 mars, date anniversaire de la Tunisie indépendante, soit célébré comme prévu. Car outre les traditionnelles festivités, le président Béji Caïd Essebsi devait lancer à cette occasion une grande opération de réconciliation nationale. En lieu et place, les Tunisiens risquent fort d’être appelés à la mobilisation générale face à une menace terroriste de plus en plus prégnante.

24 heures après l’attaque de Tunis, une autre déflagration se faisait entendre, cette fois dans la banlieue du Caire, où une bombe lancée par des inconnus a fait deux morts devant l’entrée d’un centre de loisirs.

Un coup en Tunisie, un coup en Egypte, quant à la Libye, en état de ni paix ni guerre, les attaques et attentats de tout genre y sont monnaie courante. Alors, pourquoi se voiler la face quand on sait que c’est là, dans les sables libyens, que réside la source du mal ? Et tant que dans ce pays règnera cette anarchie dans laquelle les milices armées de tous bords, les seigneurs de la guerre et ce qui fait encore office d’Etat se combattent à qui mieux mieux, il sera difficile d’enrayer la menace terroriste.

Malheureusement pour la cause de la paix et de la stabilité dans la région et aux alentours, ce grand bazar libyen a encore de beaux jours devant lui. Un souk à ciel ouvert où rebelles et terroristes de tout acabit ont pris l’habitude de faire leur marché. Ce syndrome libyen a toutes les chances de perdurer avec tous les risques imaginables… à moins qu’une réponse globale y soit trouvée. Mais ça, c’est une autre histoire.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification levendredi, 20 mars 2015 09:02

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