Menu
TANGUI IMMOBILIER SARL

Karim Wade : Papa m’a tué !

On ne croyait pas si bien prédire : « Sauf improbable vent favorable, l’ancien ministre du ciel et de la terre risque de se crasher aujourd’hui [lundi, ndlr] à la CREI et de demeurer encore un temps dans sa cellule ». Bonne pioche. Cette chute quasi prophétique de notre « Commentons l’Evénement » du lundi 23 mars 2015 a été confirmée par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).

 

Six ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de 138 milliards de francs CFA. C’est le verdict prononcé hier lundi contre Karim Wade, poursuivi, avec une dizaine de complices présumés, pour « corruption et enrichissement illicite », affaire pour laquelle il est en détention préventive depuis avril 2013. Une peine pécuniaire astronomique, à la hauteur des charges qui ont pesé contre le fils de l’ancien président sénégalais, Abdoulaye Wade.

Accusé d’avoir illégalement acquis près de 117 milliards de francs CFA, l’ancien ministre du père posséderait en outre un patrimoine constitué, entre autres, de sociétés au Sénégal et à l'étranger, des comptes bancaires, de propriétés immobilières et de voitures. Accusation que le célèbre prisonnier du Sénégal a toujours rejetée et dont les preuves n’ont pu être établies durant le procès, ouvert le 31 juillet 2014.

Alors que tout le pays a été pendant longtemps suspendu au verdict, redoutant des troubles en cas de condamnation de Karim Wade, présenté à tort ou à raison comme une victime d’acharnement politique de la part du président Macky Sall.

Coïncidence ou surenchère dans la posture victimaire, à quelques jours de l’épilogue de ce marathon judiciaire, le prévenu a été investi candidat de son parti, le PDS, à la prochaine présidentielle.

Que nous réserve donc cette condamnation insusceptible d’appel, même si les avocats de la défense ont décidé d’en saisir la Cour suprême ?

Sans nul doute des répliques politiques dont on ignore l’amplitude et l’étendue.

C’est que, eu égard au pédigree du principal accusé dans ce dossier, la politique s’était vite invitée au prétoire, émaillé de spectacles tragi-comiques : comparution d’un prévenu sur une civière, démission en pleine audience d’un juge, expulsion d’un avocat, grève de la faim et de la parole de Karim Wade, tentative d’intimidation d’un père « capable de mourir pour son fils ».

Voilà donc le candidat naturel « du parti de papa » contraint de faire le deuil de son rêve de destin national. Car, que la présidentielle se tienne en 2017 ou en 2019, même si on déduit la durée de la détention préventive de la peine prononcée, l’ancien jeune cadre de la City serait toujours reclus derrière les barreaux. A moins que Macky Sall ne daigne accorder sa grâce à un adversaire qui n’hésitera pas à lui infliger le sort qui a été le sien.

Qui aurait pu prédire une chute toute aussi vertigineuse que l’ascension, à l’image d’Icare, mort pour avoir trop volé près du soleil au moyen des ailes créées par son père? Pas même les grands marabouts de Touba où Abdoulaye Wade, tout président qu’il fut, est allé jouer au talibé au pied du chef de la confrérie mouride.

Alors qu’il n’avait que 32 ans au moment de l’accession de son père à la présidence en 2002, il a été tour à tour propulsé dans la haute sphère de l’appareil d’Etat. Bien avant sa nomination au prestigieux poste de ministre d’Etat, de la Coopération et des Transports en mai 2009, le diplômé en ingénierie financière a occupé successivement la fonction de conseiller du président de la République chargé de la mise en œuvre des grands chantiers puis celle de président de l’Agence nationale de l’organisation de la conférence islamique (ANOCI) en 2009.

Maintenant que le sort en est jeté, le moins qu’on puisse attendre de cette affaire, c’est le retour en scène du père, qui n’a pas hésité hier à donner rendez-vous à ses partisans devant le palais de justice. Même s’il a invité ses derniers à rentrer à la maison « sans casse et sans violence », nul doute que Gorgui n’est pas homme à se résigner.

Surtout pas lorsqu’il est question de Karim chéri. « Je suis prêt à mourir pour mon fils », avait-il prévenu lors d’un meeting tenu mercredi 4 février dernier à la place de l’Obélisque. L’homme d’Etat a laissé parler son instinct paternel. Le même instinct paternel qui l’a poussé à nourrir de grandes ambitions avant l’heure pour son fils.

 

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lemardi, 24 mars 2015 07:56

Commentaires   

0 #3 Kôrô Yamyélé 29-03-2015 10:03
- KARIM WADE, futur Président du Sénégal, prend ton mal en patience car tu seras président du Sénégal. MACKY est un rancunier, un revanchard !

Par Kôrô Yamyélé :cry:
Citer
0 #2 neilson 24-03-2015 09:45
Voilà, c’est pourquoi nos chefs d’Etat ne doivent pas mêler leur épouse(s), enfants, frères et sœurs plus les etc. à la gestion de la chose politique quand ils sont au pouvoir ! Ce qui arrive à Karim Wade et qui va bientôt arriver à François Compaoré et compagnie était prévisible, de même que ce qui est arrivé à Simone et Michel GBAGBO.
Laissez toujours vos familles en dehors de vos « mic mac politiques », comme l’ont fait les sages Houphouët et Senghor, pour ne citer que ces deux pères de l’indépendance de leur pays respectif !
Et tout ça rien que pour l’argent et les honneurs, c’est vraiment honteux !
Citer
0 #1 Bédjou 24-03-2015 08:56
Papa m'a tué. Voilà à quoi ça conduit lorsqu'on mélange les affaires d'état à la famille. Abdoulaye WADE est seul responsable de ce qui arrive à son fils Karim. Les détournements doivent être punis.
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

Retour en haut