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Présidentielle togolaise : A quoi peut bien servir un report ?

Décidément John Dramani Mahama ne chôme pas. Il a à peine ‘’fini’’ ses consultations dans le dossier burkinabè que le voici déjà sur un autre chantier, ardu celui-là, nous voulons parler de la présidentielle togolaise.

 

Le président en exercice de la CEDEAO a en effet effectué un bref séjour à Lomé le mardi 24 mars. Il a reçu tous les candidats et les représentants de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Alors que la présidentielle est prévue pour le 15 avril, dans moins de trois semaines donc, l’émissaire de l’organisation ouest-africaine a écouté toutes les parties et tenté de rapprocher les différentes positions.

A l’issue de cette mission de bons offices, il a proposé un report du scrutin d’une petite dizaine de jours, pour lui permettre, non pas de faire un miracle, mais d’avoir le temps d’éplucher le fichier électoral et de raccommoder ce qui peut encore l’être dans une crise qui ne veut pas dire son nom. Avec d’un côté Faure Gnassingbé, candidat à sa propre succession adoubé par son parti, et de l’autre, une opposition divisée, comme c’est souvent le cas, entre partisans du boycott et ceux qui prônent la participation.

Mais à quoi pourraient bien servir ces dix jours de bonus là où plusieurs mois de « dialogue inter-togolais » n’ont réussi à aboutir au moindre consensus ? Car depuis que dure la crise, c’est le temps qui a manqué le moins pour rasséréner une classe politique au sein de laquelle la méfiance est la chose la mieux partagée. Dans ces conditions, on a bien peur que l’initiative de la CEDEAO, aussi louable qu’elle puisse paraître, n’arrive un peu, sinon trop tard comme le médecin après la mort. Pire ! Vu le climat de méfiance exacerbée et d’hostilité non dissimulée entre les différents protagonistes, il faut craindre que la mise en œuvre et les conclusions de cette médiation régionale ne constituent en elles-mêmes un nouveau point d’achoppement, générant plus de problèmes que de solutions.

Du coup, qu’elle soit maintenue au 15 avril ou reportée au 25 du même mois, cette élection préparée dans la douleur et sans le moindre consensus ne rassure personne. Tant au niveau des critères de transparence et d’équité requis que de l’ambiance de l’accueil qui sera réservé à l’annonce des résultats du scrutin, qui, il faut le rappeler, se déroule en un seul tour. Inquiétant ! En réalité, s’agissant du Togo, le mur de défiance qui sépare les deux camps est tel que le problème va bien au-delà des conditions d’équité et de transparence de la présidentielle. Car ce qui est en cause ici, c’est bel et bien la gestion monopolistique et patrimoniale d’un pouvoir dévolu à un seul clan, celui des Gnassingbé.

 Marie Ouédraogo

Dernière modification lejeudi, 26 mars 2015 08:50

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