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TV5 : Ecran noir sombres desseins

11-Septembre numérique à TV5 Monde.

Difficile de ne pas oser la comparaison avec les mémorables attaques terroristes contre les Etats-Unis en 2001. A commencer par le directeur général de la chaîne, Yves Bigot, qui n’en pense pas moins, même s’il ne le fait pas ouvertement : «C’est une cyberattaque extrêmement puissante, sans précédent dans l’histoire de la télévision», a déclaré le patron du 131, avenue de Wagram-Paris 17e.

 

En effet, mercredi dernier, des millions de téléspectateurs de la télévision francophone internationale ont eu la désagréable surprise de se retrouver subitement devant un écran noir. Toutes les onze chaînes ont cessé d’émettre. Non pas pour fait de grève, comme les médias hexagonaux en sont coutumiers. Mais pour des raisons autrement plus graves : la chaîne est passée sous contrôle de cyberterroristes. Des hackers, comme on les appelle dans le jargon informatique, sont parvenus à pirater les réseaux sociaux, le système informatique et toutes les antennes mondiales de TV5 Monde.

Ce hacking, pour rester collé au langage des initiés, qui a provoqué près de vingt-quatre heures de dysfonctionnement des programmes, procède à tous points de vue d’une entreprise terroriste. Puisqu’un groupe, du nom très évocateur de «Cybercaliphate», en a revendiqué l’œuvre.

Faut-il y voir la signature de l’organisation Etat islamique, ce mouvement djihadiste qui sévit en Irak et en Syrie dans l’intention d’instituer un califat ? Ou est-ce le fait d’armes de sympathisants de la nébuleuse islamiste comme il en existe beaucoup en Occident ?

En tous les cas, l’affaire est suffisamment grave et illustre l’état de vulnérabilité des systèmes informatiques malgré les mesures de sécurité que l’on imagine. C’est aussi la preuve de l’évolution très avancée vers de nouvelles formes d’actions terroristes.

C’est pourquoi il faut se féliciter de la promptitude avec laquelle les autorités françaises, notamment le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, celui des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et leur homologue en charge de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, sont accourus au siège de la chaîne pour mieux s’imprégner de la gravité de la situation.

C’est vrai que les effets de la cyberattaque terroriste sont sans commune mesure avec les attaques classiques comme les attentats à la bombe, à la voiture piégée ou à la ceinture explosive dont les victimes directes se comptent par dizaines, voire par centaines. Mais on aurait tort de ne pas tirer toutes les conséquences qui pourraient découler d’un pareil acte de piratage. Cela est d’autant évident quand on sait que la communication et la propagande à travers les médias classiques, les supports numériques de toutes sortes et les réseaux sociaux sont devenues une arme de prédilection pour l’international djihadiste.

Passe encore que les geeks aux funestes desseins parviennent à contrôler le système informatique des médias. Mais qu’en serait-il si par malheur ils réussissaient à s’introduire au cœur de certains domaines névralgiques comme celui de la défense ou de la sécurité des pays occidentaux ?

Pour le moment, de tels scénarii relèvent de la fiction cinématographique. Mais de nos jours, le fossé qui sépare l’imagination de la réalité est de moins en moins grand, la première nourrissant la seconde, pour le meilleur comme pour le pire.

 

Alain Saint Robespierre

Dernière modification levendredi, 10 avril 2015 09:27

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