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Pourparlers intermaliens : A Alger on parlemente, à Gao on fait parler la poudre

Paraphera, paraphera pas ?

Tous les regards sont tournés vers Alger, où sont de retour depuis hier lundi 15 avril 2015 les protagonistes de la crise malienne. A l’ordre du jour de cet énième round de la médiation algérienne débutée en juillet dernier : convaincre la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) de parapher le projet d’accord de paix initialement adopté par Bamako.

 

Le 1er mars en effet, le gouvernement malien et les groupes armés qui lui sont favorables ont donné leur approbation au texte que les mouvements rebelles ont accueilli avec réserve.

« Les hommes bleus du désert, qui broient du noir depuis des lustres, ayant ainsi décidé de ne pas signer l'accord paraphé le 1er mars par Bamako et quelques mouvements qui y sont favorables, on s'achemine donc vers une session de rattrapage sans trop savoir si celle-ci connaîtra un meilleur sort ».

C’est par ce commentaire qui exprime un tantinet notre scepticisme que nous avons accueilli la réticence de la coordination des mouvements de l’Azawad à cautionner le projet d’accord issu de la médiation algérienne.

Un mois et demi après, le texte n’a toujours pas trouvé preneur du côté des groupes rebelles. Malgré la tenue d’assemblées générales à Kidal pour convaincre « la base » d’accepter le document, aucun paraphe n’est venu compléter le bas de page du préaccord censé ouvrir la voie à un règlement définitif de la crise malienne. Et d’aucuns ont vite fait d’assimiler cette demande de « délai raisonnable » pour consulter les populations locales à de simples arguties démocratiques et autres manœuvres dilatoires visant à cacher le manque d’empressement des leaders du CMA à aller vers une solution négociée.  

Alors que l’on se demandait, sans trop se faire d’illusions, si Alger, chef de file de la médiation,  et le Conseil de sécurité de l’ONU (qui a mis la pression au CMA) allaient venir à bout des réticences du CMA, voilà qu’au Mali la situation a subitement viré à l’escalade de violence.

Hier en fin de matinée, trois civils ont été tués au cours d’une attaque-suicide contre le camp des Casques bleus d’Assongo, dans la région de Gao. On y déplore également une quinzaine de blessés dont neuf soldats, selon notre confrère RFI.

Le même jour à Kidal, un commerçant dont la moto a roulé sur un engin explosif a trouvé la mort.

Et ce n’est pas tout. A Boni à Mopti, trois soldats maliens ont été blessés par suite du passage de leur véhicule sur une mine.

A Alger on se parle, à Kidal, Gao et Boni, on fait parler la poudre. Un paradoxe bien malien qui vient rappeler un précédent, celui de la fusillade contre le restaurant la « Terrasse » en plein cœur de Bamako (cinq morts), début mars, c’est-à-dire au moment où le fameux projet d’accord de paix attendait le paraphe  où rarement on avait été si proche d’un projet d’accord depuis le début de la médiation algérienne.

Des pêcheurs en eau trouble seraient-ils à la l’origine de ces retours de feu à chaque fois que les frères ennemis sont sur le point de siroter le thé de la paix ?

En tout cas la concomitance des faits reste troublante.

L’autre question que l’on est en droit de se poser, c’est de savoir à qui profite cette soudaine résurgence de la violence dans le contexte actuel.

Etant donné que, selon plusieurs sources concordantes, le MNLA, figure de proue du CMA, serait en désaccord avec le HUA et le MAA, arrivés à Alger dans l’intention de signer le texte, on n’a pas besoin d’être grand marabout pour deviner d’où est venu ce coup de Jarnac des sables mouvants.

En tous les cas, ces incidents viennent compliquer une situation plus qu’elle ne l’était déjà.

Et si, par extraordinaire, le document venait à être finalement adopté, ce serait certes un grand pas vers la paix, mais peut-être une paix fourrée tant elle aurait été obtenue sur des monceaux de cadavres.

Alain Saint Robespierre      

Dernière modification lejeudi, 16 avril 2015 07:58

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