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Présidence togolaise : La paix suspendue à un logiciel

Présidence togolaise : La paix suspendue  à un logiciel

Il est des pays où on se demande ce qui va se passer quand viennent les élections. Le Togo est incontestablement de ceux-là. En effet, depuis l’avènement du Printemps de la démocratie dans les années 90, les élections se suivent et se ressemblent au pays de Sylvanus Olympio.

 

Sous l’ère de Gnassingbé Eyadéma, qui s’est converti à la religion de la démocratie par contrainte, le scrutin présidentiel était toujours contesté, entaché d’irrégularités et de sang jusqu’à ce que le lutteur de Pia, après « 38 ans seulement de règne », s’en soit allé. Et on se souvient des circonstances ubuesques dans lesquelles le fils Faure a succédé à son père en 2005 sur fond de violences et de traitements inhumains perpétrés par les militaires dans des quartiers de Lomé, la capitale.

Certes, ce n’est plus la chape de plomb qui pesait sur le Togo des décennies durant, le fils étant plus ouvert d’esprit que ne fut son père. Mais pour beaucoup d’observateurs de la scène politique togolaise, c’est la mainmise d’un clan sur le pays, et l’effet serait le même.

Du coup, le scrutin qui se tient demain samedi paraît joué d’avance comme ceux qui l’ont précédé malgré les fanfaronnades de Jean-Pierre Fabre, le principal opposant, qui pense pouvoir déboulonner l’UNIR, le parti du chef de l’Etat, construit sur les cendres du Rassemblement du peuple togolais (RPT).

Il aura fallu beaucoup de pourparlers pour baliser le chemin qui mène aux urnes ce 25 avril 2015. N’empêche, une partie de l’opposition fait la grève de l’isoloir malgré l’expertise de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), appelée en rescousse pour un toilettage du fichier électoral querellé.

C’est que, dans une situation comme celle du Togo, avec le mode de scrutin à un seul tour, le locataire de la présidence a peu de risques d’en être évincé quand de surcroît l’opposition elle-même est éparpillée entre plusieurs chapelles où chacun voit midi à sa porte.

A 49 ans, le célèbre célibataire endurci de Lomé va rempiler, sauf improbable tremblement de terre (ce n’est pas demain la veille), pour un troisième mandat.

Comme toujours, c’est moins le déroulement de l’élection qui inquiète que les jours d’après, car la pierre d’achoppement entre les différents candidats, c’est le mode de compilation des résultats. En effet, la présidentielle est d’autant chargée d’inquiétudes que la confiance dans le comptage des voix est la chose la moins partagée au sein de la classe politique. Le casus belli est l’utilisation d’un logiciel de dénombrement des votes au nom prédestiné, « SUCCES », conçu sur mesure. C’est-à-dire favorable au camp présidentiel dont ce sont les informaticiens seuls qui maîtrisent le mode opératoire de ce « software » de la discorde.

On voit le scénario avec une opposition qui se précipite pour annoncer sa victoire avant que la Commission électorale ne donne le nom du vainqueur qu’on sait. C’est donc une prévisible foire d’empoigne qui se profile à l’horizon.

Il faut surtout craindre que cela ne débouche sur un bain de sang comme on l’a vécu lors des précédentes élections et que l’International Crisis Group dans un récent rapport dit craindre.

 

Adama Ouédraogo

Damiss

Dernière modification ledimanche, 03 mai 2015 20:16

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