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Opération Sangaris : Ces papillons qui voltigeaient à tout vent

Opération Sangaris : Ces papillons qui voltigeaient à tout vent

Cela faisait 9 mois que le scandale couvait, et il a fini par accoucher d’une grosse indignation.

 

Tout commence par un rapport interne de l’Organisation des Nations unies (ONU) en juin-juillet 2014, mais il aura fallu attendre jusqu’au 29 mai 2015 pour que le journal anglais « The Guardian » jette le gros pavé dans l’Oubangui-Chari : 14 soldats français de l’Opération Sangaris ainsi que des éléments tchadiens et équatoguinéens auraient abusé d’une dizaine d’enfants centrafricains de 9 à 13 ans en échange de nourriture ou d’argent.

Tollé général. Branle-bas de combat. L’armée tricolore ouvre une enquête disciplinaire, la justice française une information judiciaire, l’ONU s’agace qu’on ait pu la soupçonner d’avoir voulu étouffer l’affaire dans l’œuf, et le président François Hollande promet d’être « implacable » si les faits s’avéraient.

Il y a de quoi en effet. Lancée en décembre 2013 en plein chaos banguissois, l’opération de maintien de la paix avait été baptisée Sangaris du nom d’un papillon rouge prisé des collectionneurs et dont le symbole s’était imposé parce qu’un tel insecte « ce n’est pas méchant, ça ne dure pas très longtemps, et c’est considéré comme joli et politiquement correct ».

Sangaris devait donc permettre d’éviter que le pays, en proie à une guerre civile sur fond de clivages ethno-religieux, ne sombre totalement dans l’abîme, notamment par le désarmement des milices Séléka et antibalaka et le rétablissement d’un niveau de sécurité minimale pour permettre un retour à une vie constitutionnelle normale. Et de fait, ses quelque 2000 hommes parvinrent tant bien que mal à sauver ce qui restait de l’Etat centrafricain.

Et voilà qu’on découvre que ces papillons, qui pourraient se brûler les ailes, voltigeaient à tout vent, et n’étaient pas seulement agiles de la gâchette, ils avaient aussi la braguette facile. Que sous tous les cieux, la soldatesque aille au bordel pour décompresser et s’abîme, le temps d’une permission, dans la luxure, voilà qui est presque consubstantielle à la condition militaire, du moment où ce sont des rapports consentants entre adultes.

Or là, il s’agit de viols d’enfants mineurs, un mélange pendable de pédophilie et de pédérastie dont on espère que les auteurs, s’ils étaient effectivement reconnus coupables, subiront toute la rigueur de la loi et de la discipline militaire.

Car en se comportant comme un corps expéditionnaire dans un pays sous quasi-protectorat ayant droit de cuissage sur les indigènes, ces soudards auront souillé leur mission de leur semence indue et terni l’image de leur pays d’origine. Le papillon se voulant majestueux et fascinant, symbole de métamorphose et de renaissance à ce qu’il y a de plus élevé, ces lépidoptères bleu-blanc-rouge n’auront pas su mériter leur nom.

Ce n’est, hélas, pas la première fois que ces braguettes ouvertes (comme on aurait parlé jadis de « gueules cassées » ou de « poilus ») qui tirent sur tout ce qui bouge jettent l’opprobre sur le treillis par des comportements aux antipodes de l’honneur militaire. Depuis les années 60 en effet, ces lubricités dévoyées dignes de touristes sexuels entachent régulièrement les missions onusiennes de la paix.

Pour ne citer que des exemples de ces dix dernières années, en 2005, des Casques bleus de la MONUC s’étaient rendus coupables d’abus sexuels sur des fillettes à peine pubères avant d’être impliqués, deux ans plus tard, dans un réseau de prostitution touchant, là aussi, des enfants. Plus près de nous, on se rappelle l’affaire dite du contingent marocain de l’ONUCI en 2007 ainsi que les méfaits de même nature en 2011, toujours en Côte d’Ivoire.

Peut-être est-ce parce que les sanctions, quand il y en a, ne sont jamais suffisamment lourdes et exemplaires que ces soudards continuent de se payer ainsi sur la bête. Il urge d’y trouver un remède radical.

 

La Rédaction

Dernière modification lelundi, 04 mai 2015 11:29

Commentaires   

0 #2 Anipunabia 04-05-2015 10:56
Bel article, mes chers amis de l'équipe de la Rédaction. Je sais que les autorités françaises vous lisent régulièrement. Mais sachez que si les victimes étaient des mineures françaises, là, j'aurai pris pour argent comptant les propos de François Hollande. Cependant, il ne s'agit seulement que d'une poignée de "sauvageonnes" centrafricaines ...Wait and see.
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0 #1 Kôrô Yamyélé 04-05-2015 09:43
- Moi j'ai la solution à ce problème ! Il faut simplement les castrer puis les relâcher ! Cher Mr François HOLLANDE, ordonnez leur castratation pure et simple et vous aurez innové en matière de justice.

Par Kôrô Yamyélé :cry:
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