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Mort de Zedi Feruzi : Début d’assassinats ciblés à Bujumbura ?

Le Président de l’Union pour la paix et la démocratie (UPD), Zedi Feruzi, a été tué par balles avec son garde du corps samedi soir devant son domicile alors qu ‘il rentrait à pied.

Face à cet acte de provocation, la Coordination de la campagne contre le troisième mandat suspend sa participation au dialogue entre le gouvernement du Burundi et les différents acteurs socio-politiques.

 

C’est dire que, un mois après l’annonce de la candidature du prof d’EPS à un 3e mandat, loin de s’apaiser, la situation est allée de Charybde en Scylla, car vendredi soir auparavant, trois personnes avaient été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées lors d’une attaque à la grenade survenue dans un marché. Comme d’habitude, pouvoir et opposition se rejettent la responsabilité de pareils abominables crimes. Si effectivement les janissaires de Nkurunziza sont derrière l’exécution de Zedi Feruzi, cela signifie que, dans l’adversité, l’ex-rebelle du CNDD a retrouvé ses réflexes de tueur, et il faut craindre qu’il ne se contente pas de marcher sur le scalp ecrabouillé d’un opposant politique pour arriver à nouveau à la présidence. Car le message de ce samedi soir est on ne peut plus clair : éliminer physiquement toutes les têtes pensantes de cette insurrection dont il n’arrive pas à venir à bout. Cette stratégie de la décapitation, qui rappelle les propos bibliques « je frapperai le berger et je disperserai le troupeau », va-t-elle réussir là où la répression aveugle et massive a échoué ? Ce n’est pas sûr, car cela pourrait contribuer à braquer plus l’opposition, qui vient justement de suspendre le dialogue avec le camp d’en face, et radicaliser davantage les manifestants.

Toutefois, il ne faut pas écarter l’hypothèse selon laquelle cet assassinat pourrait être l’œuvre de pêcheurs en eau trouble qui ont opté pour la stratégie du pourrissement ; sachant qu’en pareilles circonstances, que ce soit au Burundi ou ailleurs, tous les regards, accusateurs, se tournent vers le pouvoir. Est-ce donc pour faire accuser le pouvoir que, au lieu de dissimuler leur identité, les bourreaux de Feruzi ont agi presque à visage découvert, c’est-à-dire en portant des tenues reconnaissables ? Ou bien les uniformes ont été portés exprès par la police officielle pour signer clairement le forfait et mettre en garde les manifestants contre la continuation de ce que Nkurunziza appelle « l’insurrection » ? Dans un cas comme dans l’autre, c’est tout le Burundi qui s’enfonce davantage dans la violence et évolue lentement mais sûrement vers un remake de la guerre civile qui a fait des milliers de morts entre 1993 et 2000, surtout si on ajoute le fait que la police fait de plus en plus un usage excessif et généralisé des armes pour disperser les contestataires. Cela, à quelque temps des législatives du 5 juin et de la présidentielle du 26 du même mois. Le pire est à redouter, car on est parti pour des élections contestées. Une chose est de gagner la présidentielle, une autre de pouvoir gouverner le pays. Et s’il est vrai que jeudi des manifestants ont, pour la première fois, brûlé du matériel électoral dans la périphérie de la capitale…

 

Ahl-Assane Rouamba

Dernière modification lelundi, 25 mai 2015 10:38

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