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Destitution d’Hery Rajaonarimampianina : Avis de tempête sur la Grande Ile

Après le passage de la violente tempête tropicale Chedza en janvier, la Grande île n’en avait pas fini avec les caprices de Dame Nature qui s’est acharnée sur elle avec une vague d’intempéries qui, quelques mois plus tard, fera de nombreux morts et des dizaines de milliers de sinistrés.

 

Et à peine remise de ses émotions, voilà qu’un nouvel avis de tempête, cette fois politique, se fait entendre sur les rives du canal de Mozambique. Et là aussi, il faut croire que sur la Grande Ile la météo est des plus capricieuses. En effet, alors que l’on pensait qu’elle avait renoué avec le calme après de longues années marquées par une instabilité chronique, Madagascar semble désormais avoir fait un grand bond… en arrière !

Ce mardi en effet, les députés, à une très large majorité, ont voté rien de moins que la destitution, oui la destitution d’Hery Rajaonarimampianina, le président élu au suffrage universel en décembre 2013. Ses détracteurs l’accusent d’avoir à plusieurs reprises violé la Constitution. Un «crime» passible de la déchéance de sa dignité de chef de l’Etat malgache, à condition que la requête soit validée par la Haute Cour constitutionnelle.

Une destitution votée par 121 députés contre 4 sur 125 votants, parmi les 151 élus de la représentation nationale. La majorité des deux-tiers requise pour obtenir la destitution du président était de 101 voix. Le résultat du vote a été accueilli avec des applaudissements. Des députés ont même crié haut et fort : "On vous dit au revoir!". 

Pourtant, l’accession au pouvoir de cet expert- comptable il y a moins de 18 mois avait laissé croire qu’enfin Madagascar sortirait de la très grave crise politique et économique dans laquelle le pays était plongé depuis 2009.

Traité d’incompétent par ses contempteurs, l’actuel locataire d’Ambohitsirohitra avait promis d’agir vite et d’offrir à ses concitoyens une vie meilleure, renouant les fils du dialogue avec les bailleurs de fonds qui, depuis la crise, avaient tourné le dos à la Grande Ile, ce qui n’empêchera pas ses adversaires de lui reprocher son inertie et son inefficacité.

Pour le moment, malgré la volée de bois vert lancée sur lui par l’hémicycle, le sort du président n’est pas totalement scellé. Pugnace, Hery Rajaonarimampianina a répliqué dès le lendemain : "Je tiens à dire au peuple que je suis toujours là ; les dirigeants travaillent encore pour vous", a-t-il déclaré dans une allocution à la télévision nationale.

Avant de mettre en cause la régularité de ce vote inédit. Sans doute s’appuiera-t-il sur son dernier rempart, sa légitimité populaire, et surtout sur une décision de la Haute Cour constitutionnelle, considérée, quant à elle, comme proche du pouvoir.

Mais si la Cour confirme la destitution du président, des élections partielles pourraient voir s'affronter Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, les deux hommes forts de Madagascar, dont la rivalité empoisonne la vie politique depuis que le second a renversé le premier en 2009.

La situation en est donc là : le président et les représentants du peuple sont à couteaux tirés.

Une situation qui annonce l’orage et peut-être même la tempête sur cette Grande Ile où le beau temps, hélas, est trop souvent éphémère. Car quand bien même le président s’en sortirait, il risque fort d’y laisser des plumes.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification levendredi, 29 mai 2015 10:03

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