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La BAD va-t-elle essayer une femme ?

La BAD va-t-elle essayer une femme ?

Du 25 au 29 mai 2015, Abidjan sera le centre de gravité africain du secteur des finances et du développement avec la tenue des 50es assemblées annuelles de la banque africaine de développement (BAD).

 

Mais plus que les questions liées au financement de l’économie africaine, ce qui va retenir l’attention, ce sera la désignation, aujourd’hui jeudi 28 mai, du successeur de Donald Kaberuka, en fin de second mandat de cinq ans à la direction de l’institution.

Mais comme ici, il n’y a pas de révision constitutionnelle possible pour s’octroyer une prolongation telle qu’on en voit à la tête de certains des 54 Etats membres de la BAD, le collège électoral va devoir trouver un homme ou, pourquoi pas une femme pour occuper le fauteuil de celui qui a été élu « Africain de l’année 2013 » et s’en va crédité d’un bon bilan, même si son « tropisme anglophone » n’a pas été du goût de tous.

Sur la ligne de départ de la course à la succession de mister Donald, huit candidats, dont une femme, les uns aussi capés que les autres ; il s’agit de : Akinwumi Adesina, ancien ministre de l’Agriculture du Nigeria ; Sufian Ahmed, ministre des Finances de l’Ethiopie ; Jaloul Ayed, ancien ministre des Finances de la Tunisie ; Bédoumra Kordjé, ministre des Finances et du Budget du Tchad, ancien cadre et vice-président de la BAD ; Samura Kamara, économiste et ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone ; Thomas Sakala, économiste zimbabwéen, ancien vice-président de la BAD ; Birama Boubacar Sidibé, ancien cadre de la BAD et vice-président depuis  2009 de la Banque islamique de développement (BID) ; et Cristina Duarte, ministre cap-verdienne des Finances. Cette dernière aurait toutes ses chances et la chance de rejoindre le cercle très fermé des femmes patronnes d’institutions prestigieuses comme la Française Christine Lagarde au FMI, la Canadienne Michaëlle Jean à l’OIF, la Bulgare Irina Bokova à l’UNESCO et la Chinoise Margaret Chan à l’OMS. Le conseil des gouverneurs va-t-il tenir compte du genre, comme c’est le cas depuis ces cinq dernières années dans l’attribution de hauts postes internationaux ?

Bien malin qui saura dire lequel des huit prétendants décrochera le pompon dans une compétition qui se joue à coups de marchandage, parrainage, lobbying, compromis et de compromission ?  

En attendant de connaître le nom de l’oiseau rare qui prendra les rênes de la BAD pour au moins les cinq années à venir, quel sera le prochain point de chute du président sortant ?

Ce qui est sûr, avec un tel pédigrée et un aussi précieux carnet d’adresses, ce n’est pas lui qui ira pointer à Pôle emploi, déjà qu’elles sont nombreuses les institutions internationales et les fondations qui rivalisent d’offres pour s’arracher l’expérience et le savoir-faire de l’ex-ministre rwandais des Finances.

A moins que ce dernier ne décide d’aller tâter de la politique, comme certains le subodorent.  

En effet, s’il était originaire d’un Etat véritablement ouvert, pas grand-chose ne contredirait un tel dessein fort légitime. Mais il se trouve que le futur ex-patron de la BAD vient du pays de Paul Kagamé, très peu à cheval sur les principes de l’Etat de droit et qui en plus est suspecté de vouloir prolonger son mandat au-delà du délai constitutionnel de 2016.  

Donc s’il devait s’essayer à la prochaine course à la présidence, ce serait sans doute avec l’onction de l’homme mince de Kigali.

Bon vent à Donald Kaberuka !

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lejeudi, 28 mai 2015 08:28

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