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Modification constitutionnelle au Rwanda : Chronique d’un tripatouillage annoncé

L’affaire était annoncée depuis belle lurette, d’abord par les formations politiques de la galaxie FPR (Front patriotique rwandais), puis par le parti au pouvoir lui-même, tous désireux de voir le président Paul Kagamé briguer un troisième mandat. Aujourd’hui elle est pour ainsi dire dans le sac, puisque le Parlement réuni ce mardi s’est prononcé en faveur de la révision constitutionnelle qui permettra à l’homme fort de Kigali de se présenter en 2017.

 

Pour le coup, les élus se seront contentés de suivre un chemin balisé par quelque 4 millions de pétitionnaires, soit environ le tiers de la population de ce pays de 12 millions d’âmes. Le Parlement se réunira ensuite pour examiner le projet de révision constitutionnelle qui ne manquera pas de lui être présenté. Et pour qu’une révision soit adoptée, elle devra recueillir trois quarts des votes des deux chambres, puis être approuvée par un référendum populaire.Et vu le nombre de signataires de la pétition, autant dire qu’on s’attend à un plébiscite avant l’heure pour celui qui, depuis sa désignation en 2000 par ce même Parlement, dirige son pays d’une main de fer.

Preuve de la trop grande démocratie au pays des mille collines, la seule formation politique à s’être opposée au projet monarchique, le Parti démocratique vert, n’a pas trouvé d’avocat pour défendre sa cause devant la Cour suprême. Et on ne le sait que trop, le régime rwandais ne saurait tolérer la moindre note discordante, qu’elle soit du fait des opposants, des journalistes ou même d’anciens affidés en rupture de banc. Ainsi, on se souvient qu’à l’approche de la présidentielle de 2010 remportée avec 93% des suffrages, plusieurs opposants sont passés de vie à trépas. Et comment ne pas se rappeler la mort suspecte en 2014 de Patrick Karegeya ? Cet ancien responsable des services de renseignement rwandais entré en dissidence avait été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Johannesburg. L’assassinat politique avait alors été dénoncé par d’autres ex-dignitaires du régime, eux aussi en exil pour ne pas dire en sursis.

Alors ce dont on peut être sûr, c’est que ce tripatouillage-là se fera en douceur et en toute unanimité, dut-elle être de façade ; car l’expérience l’a montré, Kigali n’est pas sa voisine Bujumbura et encore moins Ouagadougou.

Et les chancelleries occidentales auront beau s’égosiller, Paul Kagamé tient son pays comme une entreprise bien gérée certes, mais d’une main de fer et sans tolérer la moindre interférence venue de l’extérieur. Ainsi l’ère nouvelle annoncée en grande fanfare par le sommet de La Baule semble désormais révolue. Et ce qu’il faut craindre, c’est que Ouagadougou et ses quatre glorieuses n’ait été qu’un simple épiphénomène, une de ces exceptions qui confirment les règles.

 

  1. Marie Ouédraogo
Dernière modification levendredi, 17 juillet 2015 10:26

Commentaires   

0 #1 Megd 16-07-2015 08:12
Sachez simplement que le Rwanda vient d'être élu 7è meilleur gouvernement au monde et donc de ce fait il est le 1er en Afrique.

C'est la presse occidentale qui tend à présenter ce Mr comme étant un dictateur. Le Rwanda est le pays où son parlement compte plus de femmes que d'hommes. Le Rwanda doit être pris en exemple par nos Etats africains parce qu'il a une politique redistributive de la richesse.
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