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Kabila devant le Parlement aujourd’hui : Quelle salade va-t-il encore servir aux Congolais ?

C’est en principe aujourd’hui que Joseph Kabengué Kabila va prononcer son discours devant les deux chambres du Parlement. Une allocution particulièrement attendue, vu qu’elle intervient dans un contexte où presque tous les feux sont au rouge dans ce pays.

Massacre de miliciens Kamuina Nsapu et de policiers dans le Kasaï, découvertes de fosses communes contenant des corps de personnes sommairement exécutées, deux experts du Conseil de sécurité de l’ONU retrouvés morts alors qu’ils enquêtaient sur les violations des droits de l’homme et sur l’embargo sur les armes, incendies d’édifices publics et de lieux de culte catholiques à Luebo… tel est en effet le décor apocalyptique qu’offre la République démocratique du Congo, qui poursuit inexorablement sa descente aux enfers. Un contexte qui a pour toile de fond le blocage des pourparlers entre le pouvoir et l’opposition, lequel a conduit la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) à faire un constat d’échec de sa médiation et à rendre le tablier pour ne pas dire la soutane.

Dans ces conditions, que peut bien dire ou faire Joseph Kabila pour redémarrer une machine qu’il s’est attelé méthodiquement à gripper ? On se rappelle qu’il y a six mois, le 15 novembre 2016 précisément, celui qui parle rarement s’était déjà invité au Parlement dans un contexte de report de la présidentielle qui était alors prévue pour décembre. Le fils du tombeur de Mobutu a prononcé un discours combatif de quarante-cinq minutes environ, dénonçant l’ingérence extérieure et fustigeant ses opposants.

En attendant de voir quel mystérieux lapin il sortira cette fois de son chapeau pour relancer cette mécanique poussive de la paix, le locataire du palais de la Nation semble avoir poussé les évêques à partir pour mieux les remplacer. Hier, lendemain de la journée ville morte organisée par l’opposition lundi et la veille de son adresse solennelle aux représentants du peuple, il a consacré sa journée à recevoir les différents protagonistes, du moins ceux qui ont accepté son invitation. En effet, si Léon Kengo Wa dondo, président du Sénat et Vital Kamerhe, chef de file de l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre, ou encore le MLC, qui tente d’exister en l’absence de son leader Jean-Pierre Bemba qui n’est pas près de sortir des geôles de la CPI, le Rassemblement, cornaqué par l’UDPS de feu Etienne Tshisekedi, a préféré s’abstenir d’y aller. Estimant que ce n’est pas au président de relancer les pourparlers qu’il s’est, il est vrai, volontairement échiné à liquider. Pourquoi les données devraient-elles effectivement changer avec une partie qui s’érige aujourd’hui en juge ?

Qu’on le veuille ou pas, c’est Kabila qui est au centre de l’intrigue et qui impose son scénario en se jouant des uns et des autres. C’est peut-être ce qu’il s’est encore amusé à faire hier et avant-hier dans ses chassés-croisés politiques. Mais quand bien même il appartiendrait à Mubutu light de trouver un Premier ministre convivial et un président acquis du Conseil national de suivi des acquis de l’Accord du 31 décembre (les deux points de blocage qui ont conduit les prélats à leur abandon), il n’est pas sûr que cela suffise à dénouer totalement la crise si la principale coalition de l’opposition ne cautionne pas ces micmacs présidentiels.

Joseph Kabila peut donc toujours discourir mais plus que de mots, ce dont a vraiment besoin la RDC, c’est d’actes forts comme sa renonciation au fauteuil présidentiel, un fauteuil dont la conservation est en réalité le but ultime de ses manigances.

 

Mohamed Arnaud Ouédraogo

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