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Dialogue politique gabonais : Gare à l’ « enfarinage » !

Après s’être regardés en chiens de faïence depuis de longues années, séparés depuis la présidentielle d’août 2016 par une mare de sang, les voici désormais assis autour de la même table.

Pouvoir et opposition sont, en effet, depuis hier mercredi 19 avril 2017 réunis pour la phase décisive du dialogue national. Une sorte de pourparlers intergabonais débutés quelque trois semaines auparavant avec la première étape, dite citoyenne, car n’ayant concerné que les acteurs de la société civile.

 

Une occasion que le millier de participants a saisie pour défricher, deux bonnes semaines durant, le vaste champ des indispensables réformes et politiques et institutionnelles dont le Gabon a besoin non seulement pour sortir de l’impasse politique mais surtout pour se libérer de son archaïsme politique.

Et contrairement aux premières appréhensions de départ, cette mise en jambe citoyenne aura abouti à des conclusions les unes aussi hardies que les autres et qui pourraient hâter l’aggiornamento d’un système politique corseté depuis des décennies par la famille Bongo.

Parlant de recommandations hardies, jugez-en vous-même :

  • Diminution de la durée du mandat présidentiel qui passe de sept à cinq ans ;
  • Principe de la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux ;
  • Adoption du scrutin à deux tours au lieu d’un comme c’est le cas aujourd’hui ;
  • Révision de la composition et du fonctionnement de la cour constitutionnelle et de la Commission électorale, toujours suspectées d’être au service du pouvoir ;
  • Proclamation des résultats le soir même devant les bureaux de vote.

Si toutes ces bonnes résolutions venaient à aboutir dans ce trou noir démocratique que reste le Gabon, nul doute qu’elles offriraient au pays cette respectabilité républicaine qui lui fait cruellement défaut depuis l’indépendance.

Mais il reste aux hommes politiques à approfondir les sillons tracés par les représentants de la société civile. Car plus que les autres acteurs du dialogue national, ce sont eux qui sont les plus concernés.

Et c’est cette étape cruciale qui s’est ouverte hier au stade de l’amitié à Libreville en présence du Premier ministre, Emmanuel Issoze-Ngondet. Mais en l’absence du principal opposant concerné, Jean Ping, qui n’a toujours pas digéré le hold-up électoral dont il a été victime et qui continue de se considérer comme le vainqueur légitime de la présidentielle d’août 2016.

Mais l’appel au boycott du candidat malheureux du dernier scrutin présidentiel est diversement suivi, car des opposants n’ont pas hésité à rejoindre en catimini et à titre personnel la phase politique du conclave national dont les conclusions feront l’objet de loi. Donc des textes qui s’imposeront à tous. C’est-à-dire aussi bien à ceux qui y ont participé qu’aux partisans du boycott.

Vu les circonstances dans lesquelles se déroulent ces pourparlers, avec un pouvoir discrédité et dos au mur, l’occasion est belle pour l’opposition d’arracher des concessions de taille qui pourraient contribuer à « l’apaisement et à la réconciliation ».

Mais ce que de nombreuses personnes redoutent, c’est l’ « enfarinage », comme on le dit ici, sur le cas Ali Bongo Ondimba.

Ce dernier, son camp et son clan sauront-il résister à la tentation de rouler leurs adversaires dans la farine ? C’est-à dire de refaire une virginité électorale à Bongo-fils en remettant son compteur à zéro, au nom d’on ne sait quel principe de non-rétroactivité de la loi comme ce fut le cas dans de nombreux Etats africains ?

Rien n’est sûr avec cette dynastie régnante pour laquelle il n’y a pas de différence entre patrimoine familial et biens publics.

Mais on espère que le coup de semonce de la crise postélectorale de 2017 a apporté son lot de changements de rapport au pouvoir politique.

Alain Saint Robespierre    

 

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