Menu
TANGUI IMMOBILIER SARL
FLASH INFOS

Elections kényanes:Le pays otage des clans Kenyatta et Odinga

C’est la chronique d’une déflagration annoncée. Les appels au calme, à la retenue et au sens élevé de la responsabilité n’auront servi à rien. Pas même le message du plus illustre des Kényans, Barack Hussen Obama, qui, avant le scrutin, avait invité ses oncles et tantes paternels à « rejeter la violence et à respecter la volonté du peuple ».

Ce que tout le monde redoutait après la proclamation des résultats des élections générales au Kenya, qui donnent le président sortant, Uhuru Kenyatta, vainqueur avec 54,6% des voix contre 44,74% à son adversaire, Raila Odinga, est en train de se produire : les petits départs de feu, qui semblent se muer en incendie généralisé, que les sapeurs-pompiers de la politique pourraient avoir bien de mal à circonscrire et à maîtriser.

Combien de Kényans sont-ils déjà tombés depuis le jour des élections le 8 août dernier ? 18 comme l’estime le conseil national des églises, 24 ainsi que l’avance la commission kényane des droits de l’homme, ou une bonne centaine comme le prétend la coalition de l’opposition ? Quel qu’en soit le chiffre, ce sont des morts inutiles dont le pays de Jomo Kenyatta aurait pu faire l’économie si la sagesse avait visité les esprits.

Mais était-ce seulement possible vu que depuis, des mois, le candidat de la coalition NASA contestait par anticipation le verdict, c’est-à dire avant même que les urnes aient parlé, et que ses partisans étaient chauffés à blanc dans son fief de Kisubu ainsi que dans les bidonvilles de Mathare et de Kibera à Nairobi où aux rancoeurs politiques se mèlent les difficultés existentielles ? était-ce seulement possible, alors que ses fidèles, ivres de rage, hurlaient « No Raila no peace » ? En Côte d’Ivoire, les partisans de Laurent Gbagbo auraient dit : «  On gagne ou on gagne ». On sait où cela a conduit.

Le Kenya va-t-il donc sombrer dans la même spirale de la violence aux relents ethno-régionalistes que celle de 2007 qui avait valu à Uhuru Kenyatta et à son vice-président, William Ruto, d’être poursuivis pour crimes contre l’humanité par la CPI avant que celle-ci abandonne finalement les charges qui pesaient sur eux, respectivement en décembre 2014 et en avril 2016 ? Sans jouer aux Cassandres, on a quand même peur pour ce pays dans la mesure où celui qui semble passer pour un mauvais perdant refuse pour l’heure de recourir aux voies légales de règlement du contentieux électoral. Raila Odinga qui s’est adressé hier à ses partisans leur a, en effet, appelé à ne pas se rendre au travail lundi et a promis d’annoncer mardi la « marche à suivre ». En attendant, la polémique enfle entre une opposition qui accuse le pouvoir d’usage excessif de la force prémédité et planifié avant même l’élection, de tirer à balles réelles sur des manifestants que le régime prend pour de vulgaires pilleurs et cambrioleurs, bref pour des criminels traités donc comme tel par les forces de l’ordre.

On comprend l’amertume de Raila Odinga qui semble vouer à être le Poulidor de la politique kényane et qui, à 72 ans, vient d’abattre sa 4e et dernière carte de présidentiable. Mais est-ce bien nécessaire, dans ce duel à mort que se livrent, depuis des décennies, les Kenyatta et les Odinga (1), de mettre le pays à feu et à sang juste pour assouvir une ambition ?

                                                                                                                                                                                                        

La Rédaction

 

(1) Rivalité née entre Jomo Kenyatta et Oginga Odinga, deux anciens amis que la politique a divisés. Le premier fut le premier président du Kenya et le second son vice-président avant de claquer la porte, accusant Kenyatta d’être un pantin des Britanniques. C’est un combat qui dure depuis près de 7 décennies ainsi que deux générations, et qui a toujours tourné à l’avantage des Kenyatta.

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

Retour en haut