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Zimbabwe : Le dinosaure et le crocodile

  1. Incertitude. S’il fallait résumer en un mot la situation qui prévalait hier au Zimbabwe, ce serait bien celui-ci : incertitude. 48 heures après la révolution de palais qui était en passe de donner le coup de… Grace à Robert Mugabe, l’on nageait toujours en plein doute sur les intentions réelles des militaires, qui refusaient de parler de coup d’Etat. Le plus vieux chef d’Etat en exercice dans le monde était certes gardé en résidence surveillée, contraint par les chars de rester à la maison, mais pour le reste la question se posait de savoir ce que le général Constantino Chiwenga (qui ne s’était pas encore exprimé publiquement) et ses hommes feraient de ce pouvoir qu’ils ont désormais entre les mains et qui semble leur brûler les doigts.

Conserver ce qu’ils ont arraché par la force et ouvrir une transition (brève et inclusive de préférence) qui déboucherait sur le fameux « retour à une vie constitutionnelle normale » que les légalistes et légitimistes de tout crin réclament en pareilles circonstances ? Ouvrir la voie de la vacance du pouvoir et installer le vice-président déchu le 6 novembre 2017, Emmerson Mnangagwa, dont l’éviction, soufflée sans doute à son mari au creux de l’oreille par la sulfureuse first lady, a mis le feu aux poudres ? Ou… remettre en selle papy Bob, qui n’est pas homme à lâcher prise aussi facilement, après lui avoir arraché la promesse ferme de ne plus se présenter à la fin de son mandat actuel en 2018, même s’il a déjà été investi par son parti et, surtout, de déconnecter son encombrante épouse du réseau politique ?

Toutes les options, en réalité, étaient sur la table des négociations car, depuis, ce sont d’interminables tractations qui se mènent en coulisses entre ces putschistes qui ne s’avouent pas tels, le « résident surveillé » et la SADC, la Communauté de développement de l’Afrique australe (emmenée par l’Afrique du Sud) qui a convoqué d’urgence un sommet de son organe de sécurité hier au Botswana.

Il est vrai que, telle une dent qu’on ne saurait arracher sans douleur nonobstant les pieux mensonges du dentiste, une statue du commandeur, qui a mis plus d’un demi-siècle (si on compte la guerre de libération) à s’enraciner, ne se déboulonne pas sans mal ; d’autant plus que ceux qui se piquent aujourd’hui d’être de vertueux démocrates sont aussi comptables de l’effroyable bilan de celui qui a massacré et affamé son propre peuple et qu’au tribunal de l’histoire, ils pourraient aussi comparaître, au moins à titre de témoins.

Dans l’euphorie qui a suivi l’irruption des chars dans les rues d’Harare mardi dernier, on a en effet oublié que celui à qui profite ce putsch, l’honorable Emmerson, est tout sauf un saint : ancien compagnon de lutte du camarade Bob, tour à tour ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Justice (autant dire un des maillons forts de la chaîne répressive), puis vice-président, n’a-t-il pas été affublé du surnom peu flatteur de « crocodile » en raison de sa férocité ? Même si les peuples ont souvent la mémoire courte, les Zimbabwéens ne seraient pas plus avancés en remplaçant un dinosaure de 93 ans par un saurien de 75 hivernages qui veut aujourd’hui se parer de la laine soyeuse d’un agneau. Hélas, ce ne sera pas la première fois sous nos tropiques qu’on tentera de faire du neuf avec du vieux linge, quitte à se rendre compte après coup qu’il est troué.  

 

Ousseni Ilboudo

Commentaires   

0 #1 Sacksida 17-11-2017 17:09
Depuis pratiquement une décennie le Zimbabwe de Robert Mugabe est totalement en faillite économique et financière imposant des souffrances sociales au peuple Zimbabwéen. Certes, le Clan Mugabe qui a eu certes le mérite et le rôle historique de lutter et d’arracher l’indépendance politique à l’ancien colonisateur, mais n’a pas eu la vision d’un Nelson Mandela d’Afrique du Sud afin de dynamiser l’économie nationale et en unissant les peuples sans distinction de couleur.. Et malgré les relents « révolutionnaire s » la corruption gangrène la classe politique et le régime conduit le pays comme un patrimoine personnel au point que le vieux Mugabe dit BOB à commis l’erreur fatale de vouloir transmettre le pouvoir d’Etat à son épouse. Quelle myopie politique et un manque de sagesse ? Vivement, le courageux peuple Zimbabwéen se réveille pour aider l’armée à mettre un terme aux souffrances populaires et à la personnificatio n de l’Etat. Salut !
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