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Découverte d’un marché aux esclaves: Kunta Kinté en Libye

 

Qui ne se souvient de Kunta  Kinté, le héros semi-fictif de Roots, roman d’Alex Haley sur la traite négrière qui a donné lieu à des adaptations aux petit et grand écrans,  avec notamment LeVar Burton et John Amos comme acteurs principaux ? Qui ne se souvient avoir écrasé  une larme en suivant la vie de supplicié de ces jeunes hommes et femmes arrachés à leur terre natale pour les plantations des Amériques comme des millions d’autres victimes de cet ignoble commerce triangulaire. C’était entre les XVIIe et XIXe siècles.

Hélas, 169 ans après l’abolition officielle en 1848 de l’esclavage, une telle pratique subsiste encore ici et là, notamment en Afrique, au Soudan, en Mauritanie, etc. On en a encore eu la preuve tangible cette semaine et dans la pire de ses expressions, avec ce marché aux captifs en Libye dont l’existence a été rendue publique dans un documentaire de CNN. Des candidats à l’émigration clandestine vendus aux enchères comme de vulgaires bêtes de somme.

On savait que même sous le règne de Kadhafi le panafricaniste, les Nègres, même Libyens, étaient les souffre-douleur des arabes blancs, comme du reste dans de nombreux autres pays de l’espace arabophone, notamment au Maghreb, mais découvrir en plein XXIe siècle une foire aux bestiaux sur le continent berceau de l’humanité a de quoi révolter. C’est proprement répugnant.

Les incivilités quotidiennes jetées à la figure de ces « sales nègres », les agressions et les tueries à caractère racistes dont se rendent coupables même des policiers américains, les cris de singes qui accueillent nombre de sportifs africains dans des stades européens n’étaient déjà pas supportables, là, ça dépasse tout simplement l’entendement.

Quoi de plus normal donc que depuis la diffusion de ces scènes infamantes, chefs d’Etat, artistes, activistes de la société civile, intellectuels, tout le monde s’étrangle de colère de Conakry à Bamako en passant par Dakar, Niamey, Daloa…  « Préserver notre dignité et refuser l’inacceptable est la première des urgences », écrit ainsi sur sa page facebook, Felwine Sarr, l’animateur sénégalais des Ateliers de la pensée. Déjà une pétition en ligne qui a recueilli quelque 89 000 signatures circulent, demandant  la fermeture de ces sites de la honte et l’arrêt  de cette pratique qui n’est rien d’autre qu’un déni d’humanité dont devrait se saisir la Cour pénale internationale.

Depuis mai 2001, en vertu du droit mémoriel, la loi n° 2001-434 dite Loi Taubira (1) tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité n’a-t-elle pas été votée par l’Assemblée nationale française ? Et pas plus tard qu’en mai 2017, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait déjà alerté le Conseil de sécurité des Nations unies sur le fait que la Libye était devenue la plaque tournante d’un vaste marché de trafic d’êtres humains. Si elle avait besoin de preuves supplémentaires, les voici.   

Sans absoudre les criminels de tout acabit de leurs ignobles péchés, des passeurs sans cœur aux marchands d’asservis qui profitent de la détresse de ces damnés de la terre en quête d’un mieux-être, on ne finira jamais de s’étonner que, malgré le péril presque certain qui guettent les candidats à l’immigration clandestine ; malgré les nombreuses sensibilisations pour décourager les postulants au suicide programmé; malgré les images terrifiantes de ces pauvres hères qui finissent dans les gueules des requins ou qui meurent d’inanition dans le désert  en tentant de rejoindre « l’eldorado » européen, il y ait encore tant et tant de téméraires pour se risquer à une telle aventure.

 Il faut vraiment être au bout du désespoir pour se lancer dans pareil chemin de croix dont  on a peu de chance, sauf miracle,  de sortir vivant. Mais que faire avec  l’absence de perspectives pour les jeunes dans les pays de départ ? Et les Alpha Condé, Macky Sall, Ibrahim Boubacar Keita, Mahamadou Issoufou et tutti quanti qui s’égosillent d’indignations aujourd’hui ont le beau rôle mais que font-ils concrètement les dirigeants africains pour retenir leurs  compatriotes au pays si ce ne sont des mesures cosmétiques et des discours creux qui n’ont aucune prise sur la réalité ? Ces hordes de désespérés ainsi  « marchandisés » ne sont-ils  pas la preuve vivante de leur incapacité ?   

 

La Rédaction

(1) Du nom de Christiane Taubira, député de la première circonscription de Guyane, ancienne ministre de la Justice et rapporteur  en son temps de ladite loi

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Zimbabwe: Démission ou destitution, papy Bob, time is up !

Il se croyait indétrônable, indéboulonnable, indélogeable de la présidence  zimbabwéenne et du parti au pouvoir, la ZANU-PF. Il avait tout faux. Une semaine après le limogeage de son vice-président, Emmerson Mnangagwa, pour ouvrir la voie à une succession aussi inédite que risible au pouvoir, celle de l’épouse qui succède à l’époux, Robert Mugabe est aujourd’hui contraint à la démission. L’armée d’abord, les populations ensuite, les partis politiques enfin, y compris et surtout le sien, ont resserré l’étau autour de lui, le poussant vers la sortie.

Une sortie par la petite porte pour l’octogénaire qui n’aura pas su partir  à temps. En effet, quelle que soit la douceur mise dans ce coup de force atypique, cette  révolution de palais consommée à Harare est un pied de nez à l’aura du vétéran de la guerre d’indépendance qu’il est. Où est  passée l’intelligence du stratège en chef de la rébellion anticolonialiste qu’il a été ? Qu’est devenue la vision progressiste du panafricaniste révolutionnaire qu’il a fait miroiter sur le continent ? Quid du courage politique, de la détermination militante dont il a fait montre dans la réforme agraire pour que les paysans zimbabwéens soient libres et propriétaires de leurs terres chez eux ? Autant de qualités perdues à cause des vertiges du trône et des manigances d’une femme fatale qui lui aura fait perdre le sens des réalités de l’environnement socio- politique de son pays.  Et sur cet  échiquier zimbabwéen, c’est échec et mat pour le roi Mugabe. Il est temps pour lui de passer la main. Time is up, papy Bob ! Va voir du côté de la retraite forcée quel vent y souffle. Car pour le peuple zimbabwéen, en témoigne ces manifestants tous heureux dans les rues de Harare samedi dernier, l’heure d’une seconde libération a sonné, le soleil d’une nouvelle indépendance se lève à l’issue de ce putsch bien particulier. La soldatesque, en voulant balayer « les criminels » qui  entouraient  le roi, a mis à nu la responsabilité de ce dernier dans le pourrissement du landerneau. Et la prophétie  de celui à qui profite cette révolution de palais, Emmerson Mnangagwa, « il n’y a pas de demi-dieu au Zimbabwe », prend tout son sens.

Les dernières décisions du comité central du parti historique du Zimbabwe indépendant, la ZANU- PF, ont comme enfoncé la porte ouverte d’un Robert Mugabe perdu par son épouse, au propre comme au figuré, dans les querelles de tendances pour le contrôle du pouvoir d’Etat au Zimbabwe. L’exclusion du couple présidentiel du parti au pouvoir, l’adoubement de l’ancien vice- président comme candidat à la présidence de la République indiquent clairement que la ZANU-PF prend acte du pronunciamiento. Outre le fait qu’ils veulent entourer leur acte  de la légalité constitutionnelle, le respect de l’âge et du statut de vétéran de la guerre d’indépendance de Robert Mugabe expliquent les scrupules que les commanditaires et les exécutants de ce putsch, qui ne dit pas son nom, ont à le chasser purement et simplement du pouvoir. Il en a bien de la chance, le papy Bob ! Ailleurs, ce genre de détrônement  se fait à coups de canonnière et la victime du coup est envoyée rapidement  ad patres ou tout le moins dans le goulag local ou en exil  pour méditer sur ses forfaits supposés ou réels à la tête de l’Etat. Or il s’avère que, dans son cas, les putschistes l’ont, après leur coup de force, laissé présider une cérémonie de remise de diplôme à l’université, rencontrer le chef d’état-major de l’armée et  lui ont même arrangé un entretien probable avec toute la hiérarchie militaire. Plus d’un observateur reste convaincu que toute cette civilité est pour montrer que personne n’a touché à aucun cheveu du père de l’indépendance et que c’est  librement qu’il doit rendre le tablier.

Rendre le tablier et sauver un minimum de dignité ou boire le calice du coup de force jusqu’à la lie, à savoir sa destitution par voie parlementaire avec des poursuites judiciaires à la clé. C’est en tout cas le choix qui était laissé au vieux dinosaure par son ancien parti qui lui avait lancé un ultimatum expirant ce lundi à midi heure locale, soit 10 heures TU. La pression, pour ne pas dire le coup de semonce, était sans équivoque : ou Robert Mugabe démissionne de ses fonctions de président de la République ou bien une procédure d’impeachment sera diligentée contre lui pour « mauvaise conduite », avait souligné un député de la majorité. Selon la constitution zimbabwéenne, le Parlement peut initier rapidement une telle procédure, et une majorité des deux tiers des députés peuvent voter la destitution du chef de l’Etat. C’est dans cette logique qu’une réunion du Parlement est prévue pour demain mardi pour soit prendre acte de sa démission soit voter sa destitution.

On le voit bien, l’étau s’est resserré autour du vieux dinosaure Mugabe. Le crocodile, surnom de l’ex-vice-président Emmerson Mnangagwa, a réussi son coup avec  la complicité de l’armée. Démission ou destitution, il faut le redire, time is up pour Mugabe. Il ne mourra pas président du Zimbabwe, comme il en avait le secret espoir. Cette armée qu’il a portée sur les fonts baptismaux, par son action de nettoyage de l’entourage présidentiel, a poussé le peuple zimbabwéen au réveil. Finie sa torpeur contemplative mêlée de crainte à l’égard du père de l’indépendance. Dans toutes ses composantes et à travers des catégories représentatives et des leaders d’opinion, les OSC, les partis politiques, les communautés religieuses, il a estimé que Mugabe devait partir et que la crise actuelle pourrait donner naissance à « une nouvelle nation ». Pas moins que ça.

Démission ou destitution, cette fin en ridicule du pouvoir Mugabe devrait donner à réfléchir à d’autres dinosaures de présidents sur le continent. Suivez notre regard au Cameroun, en Guinée Equatoriale, au Congo Brazzaville. Les pouvoirs à vie avec en sus les prétentions à une succession dynastique sont exécrables au 21e siècle. Quels que soient les mérites des pères fondateurs ou sauveurs de la nation, de la force du parti au pouvoir et la  loyauté républicaine de l’armée, ils ne devraient pas pousser le bouchon trop loin. Qui a dit que l’Afrique n’avait pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes ?

 

Zéphirin Kpoda

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Attaques terroristes au Burkina Faso:Blaise s’en lave les mains

Il n’avait plus dit un mot depuis qu’il a perdu le pouvoir pendant les chaudes journées des 30 et 31 octobre 2014 ; des événements qui l’avaient conduit à se réfugier en terre d’Eburnie. Accusé à tort ou à raison d’avoir été de connivence avec les groupes terroristes qui écument la bande sahélo-saharienne, l’ancien président du Faso Blaise Compaoré est sorti de sa réserve :  dans un communiqué, il nie toute responsabilité y relative et explique avoir  brisé exceptionnellement le silence et être sorti de son devoir de réserve pour condamner ces allégations, qui ne seraient que la marque d’une très grave irresponsabilité. Lisez plutôt !

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Une lettre pour Laye : Bado tient son récépissé

Cher Wambi,

Dans sa livraison du vendredi dernier, le journal de ton oncle Nakibeuogo a publié une interview exclusive du désormais ministre démissionnaire, Tahirou Barry, qui venait de jeter avec fracas son maroquin de la Culture, des Arts et du Tourisme ; un grand entretien qui continue de défrayer la chronique, aussi bien dans les chaumières et les troquets que sur les réseaux sociaux.

Revenant sur le syndrome PAI (en référence à la bataille juridique qui a opposé Soumane Touré à Philippe Ouédraogo pour le contrôle du Parti) qui guette le PAREN, miné par le différend qui oppose Laurent Bado à Tahirou Barry, voici la question que le journaliste posait à celui-ci : «… si on refilait le récépissé au professeur Bado, que feriez-vous… ? »

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Dialogue intertogolais : La potion ghanéenne produira-t-elle les effets escomptés ?

Après les marches et les contremarches, les meetings et les contre-meetings, les courses-poursuites contre militants de l’opposition et le tabassage d’éléments des forces de l’ordre par des manifestants, les protagonistes de la crise togolaise vont-ils finir par s’asseoir autour de la même table ?

Après plusieurs semaines de bras de fer et de bravade qui se sont soldés par des pertes en vies humaines, de nombreux dégâts matériels, sans compter les effets désastreux de ces chaudes journées sur une économie déjà mal en point, l’heure semble à la recherche d’une solution négociée.

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Détention Amadou Haya Sanogo : 4 ans, c’est vraiment trop

Ils n’en peuvent plus d’attendre un procès qui ne reprend pas. Le général Amadou Haya Sanogo et ses codétenus dans l’affaire dite des « bérets rouges » ont finalement décidé de se rappeler au bon souvenir des juges en décidant d’entamer une grève de la faim pour exiger la reprise du jugement ou leur mise en liberté provisoire. Cela fait en effet 4 ans que l’ancien chef de la junte malienne, qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT) en mars 2012, et plusieurs autres bérets verts sont en détention à Sikasso après leur inculpation pour « enlèvement et assassinat » ainsi que « complicité d’enlèvement et d’assassinat » de 21 bérets rouges dont les corps avaient été retrouvés en 2013 dans un charnier à Diago, près de Kati.

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