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Lutte contre le terrorisme au Sahel : Barkhane, une dune de sable pour mieux observer

Lutte contre le terrorisme au Sahel : Barkhane, une dune de sable pour mieux observer

Fin de mission pour Serval. C’est la grande annonce de ce 14 juillet 2014. En effet, à la veille de la fête nationale et du traditionnel défilé sur les Champs Elysées, le président François Hollande a annoncé la nouvelle. Il a indiqué que l’opération au Mali s’achevait après un peu plus d’une année de bons et loyaux services.

 

On se rappelle ses débuts le 11 janvier 2013, après le SOS des autorités maliennes pour enrayer l’avancée des groupes armés terroristes vers Bamako. En quelques jours de frappes ciblées et d’opérations commando, l’opération appelée Serval, comme le félin africain du même nom, enregistrait ses premiers succès, stoppant net les rebelles et engageant en retour une offensive sur l’ensemble des villes au nord de la boucle du Niger.

«Nous sommes en train de casser les reins d’Al-Qaïda au Maghreb islamique et ça, c’était l’objectif tel qu’il nous avait été fixé par le président de la République», avait alors déclaré avec un soupçon de satisfaction un haut gradé de l’armée française.

Depuis, le calme est revenu dans le pays, qui après l’Accord de Ouagadougou a organisé une présidentielle suivie de législatives, le tout dans un climat de paix toute relative. Reste le nœud gordien de Kidal, un abcès purulent non traité qui menace l’intégrité du Mali.

Mais vu de Paris, malgré les déflagrations enregistrées çà et là, les choses sont suffisamment calmes depuis suffisamment longtemps. Lors de ses vœux à l’armée en janvier dernier, François Hollande avait annoncé la couleur, estimant que, pour lui, «l’essentiel du travail a été accompli» au Mali.

Pas étonnant alors que quelques mois après cette déclaration, la France décide de mettre fin au mandat d’une opération qui, selon ses plus hautes autorités, a fait son temps. Et peu importe l’inquiétude et le sentiment d’abandon ressentis par les habitants des régions placées sous l’ombrelle française.

De Gao à Tombouctou, l’interrogation reste la même : pourquoi partir alors qu’il reste tant à faire et que la menace jihadiste, bien que diminuée, demeure ? Et ils sont nombreux au Mali ceux qui ne voient là qu’une forme de lâchage.

Mais à en croire les autorités françaises, Serval ne meurt pas. Bien au contraire, comme le félin dont elle porte le nom, l’opération au Nord-Mali étend et marque son territoire.

Elle prend le nom Barkhane, dune à la forme d’un croissant allongé sous l’effet du vent. Et ce croissant français-là a été conçu pour embrasser des pays de la bande sahélo-saharienne : Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad.

Une sorte de régularisation, car les troupes françaises étaient déjà présentes dans la plupart sinon tous les Etats concernés par le nouveau dispositif prévu pour lutter plus efficacement contre une menace terroriste qui, malgré Serval et les moyens déployés dans le Nord-Mali, n’a pas totalement disparu. Et si dans ce domaine, beaucoup a été fait, ce n’est que la partie visible de la dune pour ne pas dire de l’iceberg.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lemercredi, 16 juillet 2014 12:57

Commentaires   

0 #1 Sage fennec 15-07-2014 01:27
La France ne s'est engagé au Mali juste pour marquer son territoire . Ce n'était qu'une opération limitée dans le temps, car la France n'a pas les moyens de s'engager dans une guerre d'usure. Il s'agissait plus d'une opération de prestige qu'une intervention efficace et réfléchie . Avec du recul, quels avantages ont pu tirer les maliens de cette action? Il appartient donc aux seuls maliens de trouver une solution à leurs différents . Même les médiateurs régionaux ne peuvent encourager des solutions qui vont à l'encontre de leurs intérêts . Les maliens, de toutes les communautés doivent être matures pour trouver un compromis raisonnable pour éviter la fragmentation de leur territoire .
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