Menu
TANGUI IMMOBILIER SARL
FLASH INFOS

Pourparlers intermaliens : Alger accouchera-t-elle d’un compromis historique?

Annoncés le 9 juillet 2014 par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lors d’une visite à Ouagadougou, les pourparlers intermaliens s’ouvrent aujourd’hui à Alger. Si l’Accord de Ouagadougou, signé le 18 juin 2013, avait permis d’assainir un tant soit peu le climat sociopolitique et l’organisation de l’élection présidentielle, c’est véritablement maintenant que les choses sérieuses commencent. Les discussions qui s’ouvrent ce 16 juillet sont dans la continuité de ce qui avait été arrêté à Ouaga. En effet, en son article 13, le document paraphé dans la capitale burkinabè stipulait : «Après l’élection du Président de la République et la mise en place du Gouvernement, les Parties conviennent d’entamer un dialogue inclusif pour trouver une solution définitive à la crise». C’est vrai que le délai des soixante jours, après la mise en place d’un gouvernement formé par le président élu, prévu par l’Accord, est largement dépassé, mais mieux vaut tard que jamais.

 

Le rendez-vous d’Alger ne constitue que des préliminaires avant d’aller au fond des choses, et il faudrait déjà s’entendre sur un mode opératoire. On a souvenance que le chef de la diplomatie algérienne disait déjà que son pays et le Burkina Faso, dont le président est le médiateur désigné par la CEDEAO, sont sur la même longueur d’onde en ce qui concerne les principes et les contours de la recherche d’une solution à la crise malienne. Mais ce n’est pas gagné d’avance, vu la haine entre les groupes rebelles et Bamako, exacerbée par les récents remous par suite de la visite le 25 mai du Premier ministre Moussa Mara à Kidal. Même si les groupes touaregs donnent l‘impression de s’être concertés pour harmoniser les positions à défendre, les récents heurts auxquels ils se sont livrés, vendredi dernier, montrent que la cohésion n’est pas encore totale en leur sein. La question que l’on peut se poser est : est-ce que cette situation ne va pas déteindre sur les négociations d’Alger ? Cela, d’autant plus qu’à Bamako ce n’est pas non plus la sérénité. Les partisans, au premier chef, du président malien réclament la nomination d’un Premier ministre issu des rangs de leur parti, le RPM. Après la débâcle de Kidal dont on veut faire porter le chapeau à Moussa Mara, on se demande si IBK ne va pas accéder à la requête de ses camarades politiques.  

La certitude est que ce n’est pas le climat idéal qui devrait précéder une rencontre comme celle qu’abrite la capitale algérienne. Mais puisqu’il faut bien commencer les pourparlers quel que soit le contexte dans lequel ils se tiennent, c’est déjà un bon pas dans la bonne direction. Nul doute, cependant, qu’il faudra s’y reprendre plus d’une fois, que l’expédition d’Alger sera parsemée de nombreuses embûches, surtout quand viendra l’heure d’aborder les sujets qui fâchent, notamment l’intégrité du territoire, le désarmement des groupes rebelles, le statut de Kidal et le développement socio-économique du Nord-Mali. Autant dire qu’il ne s’agira pas seulement de s’asseoir à la même table, il faudra des dépassements de soi et des compromis. Le propre de tout compromis étant de ne jamais satisfaire totalement aucune des parties.

M. Arnaud Ouédraogo

Dernière modification lemercredi, 16 juillet 2014 12:58

Commentaires   

0 #1 Malien 16-07-2014 12:36
Je suis parfaitement d'accord pour votre analyse.
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

Retour en haut