Logo
Imprimer cette page

Catastrophe à Larlé : Le cocktail explosif du laxisme et de l’anarchie

Catastrophe à Larlé : Le cocktail explosif du laxisme et de l’anarchie

Cratère béant, maisons effondrées, murs éventrés, vitres soufflées. On se croirait à Beyrouth ou à Gaza dans un quartier visé par une explosion. Nous sommes à Ouagadougou, à Larlé, en plein cœur de la capitale.

 

Une soudaine déflagration, entendue à plusieurs kilomètres à la ronde, vient de réduire à néant un pâté de concessions. Pour les habitants et les populations riveraines, ce 15 juillet 2014 restera à jamais un mardi noir.

Bilan officiel : 4 morts dont 2 complètement déchiquetés, 38 blessés, 25 maisons détruites. Sans compter la soixantaine de sans-logis en cette période d’hivernage.

Qu’est-ce qui a bien pu causer cette tragédie ? Après la stupéfaction, place aux interrogations et surtout aux conjectures de tous genres. Les unes farfelues, les autres fantasmées, certaines probables.

Florilège d’hypothèses :

-       Une bombe ?

-       Une soute à munitions ?

-       Un obus qui aurait raté sa cible ?

-       Une bonbonne de gaz ?

-       Une mine antichar ?

Chacun y va de son postulat, avec tout ce que cela comporte comme sous-entendu.

Mais voilà que depuis hier matin, du côté de la direction générale de la Sécurité intérieure, une toute autre thèse retient l’attention : la piste de l’orpaillage anarchique.

En effet, au cours d’une conférence de presse, les autorités en charge du dossier ont été formelles : « La piste de l’attentat est carrément écartée ».

« Les premiers éléments d’enquête nous permettent de dire qu’il s’agit probablement d’une explosion accidentelle qui a été causée par des explosifs stockés probablement par des individus qui travaillent sur des sites d’or. Nous pensons que d’ici quelques jours, des précisions pourront être données pour confirmer ce que nous sommes en train de dire ». Foi du DG de la Sécurité intérieure, le colonel Omer Bationo (lire aussi page…).

Alors, si la piste des charges utilisées dans les sites aurifères venait à être confirmée, on ne peut que se demander comment un tel cocktail explosif a pu être rassemblé en plein centre-ville au nez et à la barbe de nos autorités et même des populations, souvent enclines au silence coupable.

Une question qui amène à s’interroger sur la responsabilité de la puissance publique dans cette « explosion accidentelle » qui met à nu un certain laxisme dans le dispositif de sécurité intérieure, en général, et dans la réglementation de l’orpaillage artisanal, en particulier.

Depuis longtemps, on le sait, la ruée sauvage vers le métal jaune est source de nombreuses atteintes silencieuses à la vie humaine, à l’environnement ainsi qu’au cheptel et qui ne sont pas des bombes à retardement.

Par exemple, l’utilisation incontrôlée des produits toxiques, comme le cyanure ou le mercure, tuent les animaux, polluent les eaux de surface, contaminent les nappes phréatiques et appauvrissent les terres arables.

Malgré les signaux d’alarme, l’Etat semble se complaire dans une espèce de douce insouciance face à une activité où ne règne qu’une seule règle : pas de règle.

Dans un de nos articles, publié le 4 décembre 2013 et intitulé : « Site aurifère de Bagassi : 14 vies dynamitées pour de… l’or », pour ne citer que ce drame, nous avions une fois de plus insisté sur la nécessité d’encadrer l’extraction artisanale du métal précieux. Une fois de plus, nous avions prêché dans le désert.

A force de fermer les yeux sur les « petits problèmes », si on ne les encourage pas, on finit par provoquer des catastrophes comme celle de Larlé, qui n’est autre chose que la résultante du laisser-faire et du laisser-aller entrés par portes et fenêtres dans un pays qui cabote depuis entre la cour du roi Pétaud et les écurie d’Augias.

Tenez ! Comment peut-on comprendre que des produits dangereux, dont l’importation est en principe soumise à des conditions strictes, entrent à profusion et se retrouvent versés waaah, comme qui dirait, entre des mains non initiées aux normes d’usage ?

Dans une démocratie digne de ce nom, les victimes et parents des victimes auraient vite fait de traîner l’Etat devant les tribunaux pour n’avoir pas pu ou voulu anticiper sur un danger pourtant prévisible.

Alain Saint Robespierre

Dernière modification levendredi, 18 juillet 2014 12:07

Commentaires   

0 #21 sidzabda 19-07-2014 10:21
SVP soyons honnêtes avec nous même. si les enquêtes aboutissent à la conclusion que c'est ce sont les dynamistes qui sont la cause de l'explosion, pourquoi des maisons existent encore sur les sites d'orpaillages où ces dynamites sont utilisées. s'ils pouvaient causer un tel dégâts aucun bâtiment ne resterait sur les sites. alors mon Lieutenant, vous voulez passer vite au grade de capitaine, mais servez nous pas du garba, mais du bon riz
Citer
0 #20 neilson 17-07-2014 19:34
Merci à Alain Saint Robespierre pour cette belle analyse ; tout est dit ! Maintenant que va ou peut faire l’autorité pour lutter efficacement contre ce danger à savoir la recherche des trafiquants et des détenteurs de ces explosifs et autres produits hautement toxiques ? Car vraisemblableme nt il s’agit bien de trafic, n’importe quel quidam ne pouvant pas commercialiser ces matériels ! Et si par malheur beaucoup de personnes en détenaient par devers eux à travers tout le pays, et que, Dieu nous en préserve, ces produits tombaient dans de mauvaises mains (déséquilibrés ou autres), imaginez la suite ! Il faut fouiller site par site, puits d’orpaillage par puits d’orpaillage afin de retrouver et saisir au plus vite ces engins et objets de la mort ; çà y va de notre sécurité à tous !
Citer
0 #19 Le direct 17-07-2014 15:49
Cette enquete n'est pas vraie. En tant que militaire vous pouvez nous dire de quels explosifs il s'agit au moins. deuxiement presentez nous à la tété les locataires qui detenaient par devers eux ces explosifs s'ils ne sont pas morts dans cette explosion. Meme s'il sont morts donnez leur identites completes et on verra avec leurs parents et le voisinage si 'etaient des orpailleurs.
Citer
0 #18 desperado 17-07-2014 15:29
Il n’y a que vous de la sécurité intérieure qui croyez à un accident. Nous ne n’y étions pas certes, mais on n’est pas naïf. On sait que les dynamites utilisées dans les mines ne s’obtiennent pas facilement. On ne sait pas qui est le propriétaire de la maison, qui y habitait que disent les voisins ? Est-ce qu’un voisin est au courant de la présence d’un mineur dans la cour en question ? Voyez-vous, on a nous tellement habitué à ces genres de rapports lapidaires sur des cas louches, qu’on ne croit plus à rien. Les dernières en date sont les affaires Tuina et Nébié un communiqué à RTB et c’est tout en en parle plus jamais. On se fait nous même nos propres idées qui semblent plausibles. Et on vous attends, un jour on saura la vérité.
Citer
0 #17 cocotte 17-07-2014 14:33
Depuis que les débats se font, on nous dit pas avec précision qui sont les occupants de la maison ou a eu l'explosion. J'ai cru entendre à la radio que ça venait d'une maison en banco occupés par deux individus stockant des sacs dont le contenu reste inconnu. Que sont devenus ces individus? Quels renseignements les voisins peuvent-ils donner? ça permettra au moins d'aller plus vite dans les investigations. ou bien?
Citer
0 #16 Megd 17-07-2014 13:50
Nous comptons sur la police scientifique pour faire parler les traces disait le procureur du Faso au micro du correspondant de RFI. Pourquoi dans l'affaire du juge Nébié nous n'avons pas connu une agitation positive comme c'est le cas présentement? Pourquoi le pouvoir tente par tous les moyens de se dédouaner? Comment comprendre que l'on puisse écarter la piste de terrorisme et d'attentat sans que l'enquête n'aboutisse? C'est triste pour ce pays. Un expert vous dira que pour avoir un cratère, il faut que la substance soit enfouie dans le sol. Pour avoir un cratère, il faut un impact venant de haut contre le sol. Raison pour laquelle les météorites lorsqu'elles tombent laissent de grands cratères.
Citer
0 #15 le mogo 17-07-2014 12:09
Ma Foi tu as tout dit mais là ou je ne suis pas d'accord avec toi c'est que le peuple saura la vérité.Pour TOM SANK on sait qui l'a tué et NOR ZONG,on sait également qui l'a tué.Si DIEU le veut on saura qui a tué le juge et qui est derrière ce soit disant accident.
Citer
0 #14 Koumbem Tipousga 17-07-2014 12:04
Bonjour.
Prompt rétablissement aux blessés et paix aux âmes des disparus. Je suis un peu inquiet pour le Burkina car ceux qui sont aux devant croient tout savoir. Comment à un stade larvaire d'une enquête, le colonel ne puisse pas savoir les causes réelles, mais se précipite pour dire que la piste criminelle est écartée. Pourquoi une telle affirmation sans fondement. Si des débris ont été retrouvés, et si on pense que ce sont des explosifs destinés aux mines, pourquoi ne pas demander l'expertise dans les mines pour voir? Est-ce que les 7 mines fonctionnelles qui utilisent certainement des explosifs n'ont pas de spécialiste pour voir si ces débris correspondent aux explosifs généralement utilisés en mine? Je suis perdu d'entendre des affirmations que je dirai gratuites. Vous n'avez aucun moyen pour vérifier, mais vous êtes aptes à dire que ce n'est pas criminel. Qui dit que les explosifs des mines ne peuvent pas être utilisés de façon intentionnelle et de ce fait criminelle? Est-ce que l'on vous oblige à parler? Il suffit de dire que l'enquête suit son cours comme on nous rebat toujours les oreilles au lieu de dire qu'il faut écarter la piste criminelle. Je pense que les journalistes d'investigation vont nous trouver autre chose même si cela du fait que le colonel a déjà circonscrit la piste n'aura aucun effet. Je suis perdu. Chochois a dit la même chose et personne n'est capable de sortir déclarer officiellement ce qu'il a dit. On est enfin fatigué des gens qui prennent la population comme des gens ayant tous des nez percés.
Citer
0 #13 lagitateur 17-07-2014 10:42
Triste réalité! Les explosif de ce genre sont stockés hors de ville loin des habitations et encadrés par un dispositif spécial de sécurité. Le tout doit être vérifié périodiquement. Comment peut-on les exposer en pleine ville dans des concession comme s'il s'agissait de sacs de céréales? Vraiment!!! notre état est à l'agonie. J'espère que cela ne se confirmera pas, sinon des ministres doivent quitter le gouvernement. Enfin, paix aux âmes des victime innocentes.
Citer
-1 #12 François Compaoré 17-07-2014 10:27
R.I.P aux disparus , mais seulement j'espère de tout cœur que les Burkinabés prendront conscience de ce que la guerre peut produire comme douleur, encore R.I.P aux disparus.
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

© 2011-2014 - Observateur Paalga - Tous droits réservés I Conception: CVP Sarl.