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Accord de Brazza sur la RCA : Et maintenant ?

Finalement, le forum de Brazzaville consacré à la crise centrafricaine a dû jouer aux prolongations de quelques heures avant de parvenir, in extremis, à un accord sur la fin des hostilités entre la Seleka, les antibalaka et quatre autres groupes armés.  

Mais avant, que de frayeurs !

En effet, comme nous le craignions dans un de nos précédents éditoriaux, dès l’entame des pourparlers, l’espoir a vite cédé la place au scepticisme. Contrairement aux espérances de l’hôte de la rencontre, le président congolais, Denis Sassou N’Guesso.

Dès le premier jour de la réunion, lundi 21 juillet, coup de théâtre dans la salle de réunion : contre toute attente, la Seleka, l’ex-rébellion qui a chassé François Bozizé du pouvoir le 24 mars 2013, fait de la partition du territoire un préalable à toute discussion : «  Nous demandons la partition au nom de la paix. Du moment où nous sommes persécutés, nous ne sommes plus acceptés comme compatriotes pour vivre ensemble en tant que Centrafricains, nous pensons que pour faire la paix, il faut obtenir la partition du pays. Mais dans les règles du droit, pas dans la guerre, pas dans le sang », a en effet déclaré Mohamed-Moussa Dhaffane, chef de la délégation selekiste, qui a fait, le lendemain, la politique de la chaise vide.

Pour un forum censé recoller les morceaux d’une Centrafrique en lambeaux, cette proposition a sonné sinon comme un sabotage du processus de réconciliation, du moins un coup de grâce à un Etat déliquescent.

Une idée saugrenue s’il en est et on est toujours à se demander si elle procédait de la simple surenchère politique pour mieux peser dans la balance ou d’une réelle volonté de séparation.

Quand on sait que c’est au retour de cinq délégués des ex-Seleka du Bénin, où se trouve actuellement l’ex-chef de la Seleka, Michel Djotodia, depuis sa démission forcée à N’Djamena le 10 janvier 2014, que cette surprenante velléité sécessionniste a été portée sur la table de négociation, la question s’impose d’elle-même : l’exilé de Cotonou serait-il l’instigateur de ce coup de Jarnac qui a failli tout compromettre ?

Tout porte à le croire.

Mais depuis hier dans l’après-midi, l’espoir est de retour, même si le plus dur reste à venir.

En effet, la Seleka a renoncé à ses visées sécessionnistes, en signant ledit  accord de cessation des hostilités avec les antibalaka, un groupe d’autodéfense né des exactions contre les populations civiles mais qui s’est vite mué, il faut le reconnaître, en milice antimusulmane.

En contrepartie, le mouvement selekiste aurait obtenu le principe de partage du pouvoir.

Si tel est le prix à payer pour préserver l’intégrité territoriale de la Centrafrique, c’est tant mieux.  

Car il faut le dire, la présente crise qui mine le pays depuis plus d’une année ne s’enracine pas sur un terreau confessionnel contrairement à ce qu’a voulu faire croire l’ex-rébellion.

La haine que se vouent aujourd’hui chrétiens et musulmans n’est autre que le résultant d’une instrumentalisation de deux communautés religieuses qui avaient jusque-là vécu en parfaite symbiose. Ce n’est pas en regroupant les Centrafricains en « frères en Christ » d’un côté et en « frères en islam » de l’autre que l’on sauvera le pays du chaos. Bien au contraire.  

Le précédent du Soudan du Sud nous le prouve bien.

Au Nord-Mali, pour ne prendre que cet exemple, l’Azawad, tant fantasmé, n’est pas encore une réalité que les groupes armés séparatistes se combattent entre eux. Il aurait été de même avec une Centrafrique Nord musulmane, où les rivalités auraient lieu dorénavant entre sunnites et chiites, puis par mosquées interposées.  

Les prières de l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et de l’imam Layama Kobine, présents au forum, viennent d’être exaucées.

Reste à Dame Catherine de Bangui, une fois rentrée au pays, à brûler des cierges pour exorciser à jamais les démons de la violence. Car c’est à l’épreuve du terrain que l’on mesurera le dégré de sincérité des parties prenantes à cet accord devant prendre effet à partir de sa date de signature.

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lejeudi, 24 juillet 2014 09:01

Commentaires   

0 #1 Megd 24-07-2014 08:41
Il n'y a pas eu d'accord et il n'y aura pas d'accord car les enjeux sont colossaux. Les mines de diamants rapportent un max d'argent et dans une Centrafrique où la loi du fort est la meilleure, personne ne se fera hara-kiri.

De plus, Sassou n'est pas la personne la plus indiquée pour cette médiation. Il se trouve dans une même situation que Blaise Compaoré. Ils ont tous la velléité de tripatouiller leur constitution pour se maintenir au pouvoir.
On connait les excités qui se disent Séléka et anti Balaka. Il suffit de les mettre à l'ombre.
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