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Sommet Etats-Unis/Afrique : Obama va-t-il ‘’parler bon français’’ ?

 

L’Afrique pendant 72 heures aux Etats-Unis. En effet du 4 au 6 août 2014, Washington, la capitale fédérale américaine, accueille le sommet Etats-Unis/Afrique ; le premier du genre, avec pour hôte le truculent Obama. Un sommet de plus ! seraient tentés de dire, pour persifler, certains, puisque ce jamboree vient s’ajouter à d’autres rencontres similaires, plus anciennes, que sont, entre autres, les sommets France/Afrique, Europe/Afrique, Chine/Afrique et même Afrique/Japon à travers la TICAD (la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique). De grands-messes qui se suivent  et se rassemblent sans qu’il y  ait de véritables retombées  pour les pays concernés.

 

Mais ce coup-ci, le président américain semble avoir annoncé la couleur dans son casting. « S'il est en revanche un dossier bien tranché, c'est celui des trois non-invités, indésirables : le Zimbabwéen et farouchement antioccidental Robert Mugabe, l'Érythréen Issayas Afewerki, accusé d'alimenter le terrorisme en Somalie, et le Soudanais Omar el-Béchir, visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). L'appartenance en bonne et due forme de leurs pays à l'UA ne leur sera d'aucun secours s'ils projettent d'accompagner leurs pairs à Washington », avait écrit Jeune Afrique dans son édition en ligne du 1er août 2014. En attendant, s’il y a invité surprise qui peut rentrer sans frapper à la porte, c’est assurément la fièvre Ebola qui sera certainement l’invité surprise au menu de la rencontre. Fait cocasse, dès leur arrivée, les membres des délégations africaines ont subi des tests pour voir si d’aventure ils n’ont pas apporté la maladie dans leur valise.

 

Ces dirigeants ne sont donc  pas de la partie. Pour de prétendues raisons de gouvernance politique ; autant dire des pestiférés qui ne feront pas partie des convives,  censés être fréquentables, qui vont porter le toast avec l’homme le plus puissant du monde. Ils doivent bien être aux anges à Washington ! Encore que, parmi eux, il y ait un nouveau distinguo entre ceux qui font preuve de bonne gouvernance et les autres, qui sont ou des tripatouilleurs se constitution ou des prédateurs, à moins que ce ne soit les deux à la fois. De sorte que si l’on se fie aux préparatifs  de ce sommet, il est à prévoir que beaucoup d’oreilles siffleront,  et nombreux seront ce qui se sentiront morveux. En effet, la position de l’Oncle Sam semble claire sur les modifications constitutionnelles dont le seul objectif est de permettre à des chefs d’Etat de se scotcher au  fauteuil présidentiel. La position de Washington avait en effet été  officiellement relayée dans les médias par la voix de Linda Thomas Grennfield, vice-secrétaire d’Etat en charge de l’Afrique, qui avait mis les points sur les «i» en ces termes : «Nous avons découragé tous les dirigeants des pays où de tels amendements sont envisagés, notre position sur ce dossier est claire». Par la suite, Barack Obama, devant de jeunes cadres africains, avait prôné l’utilité du sang neuf en ces termes : «Quand un homme ou une femme reste trop longtemps au pouvoir, il ou elle agit surtout pour durer et non pour le bien du pays». 

 

De ce fait, sans présumer de la teneur du discours de l’hôte américain, des chefs d’Etats africains comme Denis Sassou N’Guesso (qui vient de jeter bas le masque), Paul Kagamé du Rwanda, Joseph Kabila de la République démocratique du Congo … Blaise Compaoré, ne seront pas à l’aise. Fort malheureusement, ça c’est pour les grands principes. Comment peut-on en effet prendre l’Amérique au sérieux quand  la même pouponne certains potentats, quand ça l’arrange ? Bonnes gens, peut-on mettre sur le banc des accusés les Mugabe et Cie et inviter par exemple un Al-Sissi ou un Musseveni ? Le premier est arrivé au pouvoir grâce à un coup d’Etat, donnant ensuite un verni légal à son retour par un scrutin des plus controversés.  Le second règne sans partage sur son pays depuis, excusez du peu, 28 ans. Pour tout dire, même si la voix de la première puissance mondiale porte, elle se trouve souvent en porte-à-faux avec ses propres principes qui sont parfois loin de l’honorer et qui apportent de l’eau au moulin de tous les tripatouilleurs professionnels.

 

Certes, l’Afrique a plus besoin d’institutions fortes que d’hommes forts (pour emprunter la formule-choc de l’actuel locataire de la Maison-Blanche), mais Obama gagnerait à aller au-delà de la répétition des grands principes, et à « parler bon français » comme on le dit familièrement chez nous, en soutenant véritablement les pays africains  dans leur quête de développement. Hors tous les analystes sont unanimes sur ce constat : Obama a moins fait pour l’Afrique qu’un Georges Bush tant décrié sous nos tropiques, ne serait-ce que par la mise en place de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), un système issu d’une loi américaine  qui permet aux entreprises de 39 pays africains d’exporter vers les États-Unis sans payer de taxes, et la mise en place du MCC (Millenium Challenge Corporation), un fonds de développement bilatéral annoncé par l'administration Bush en 2002 et mis en place en janvier 2004. Aujourd’hui, ceux qui pensaient qu’avec l’arrivée de leur frère noir, ils allaient raser gratis en sont pour leurs frais et ont vite déchanté. Et ce n’est pas à deux ans de la fin de son ultime mandat que celui qui a des racines kényanes par son père mettra les bouchées doubles pour faire des miracles.

 

En réalité, on a le sentiment que ce qui intéresse l’Oncle Sam, ce sont les porteurs de ressources minières, notamment le pétrole ; l’Amérique étant en train de remplacer ses sources traditionnelles d’approvisionnement en or noir par le  Golf de Guinée,  bordé par le Nigeria, l’Angola, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon et Sao Tome et Principe. Le tout n’est donc pas de professer de belles théories du haut d’une chair, soit-elle celle du Bureau ovale. Il faudrait résolument mettre la main dans la poche pour sortir le continent noir de l’ornière.

 

La Rédaction

 

Dernière modification lelundi, 01 septembre 2014 12:49

Commentaires   

+1 #7 mamadou ndiaye 04-08-2014 21:47
l'Afrique doit se convaincre une bonne fois pour toutes que ses intérêts ne sont pas compatibles avec ceux de l'Occident en général.il est emblématique d'ailleurs de constater que l'Afrique a commence a sortir du marasme économique et a emprunter les voies de croissances durables qu'avec les contreperforman ces et la dégringolade économique de l'Occident-.les Occidentaux sont encore dans leur logique de confinement séculaire de l'Afrique.Jamai s au plus grand jamais l’Europe ne permettra le développement d'un centre industriel sur son flanc Sud surtout avec une région du monde qui l'a enrichi et qui de surcroit elle ne considère pas partager avec elle les mêmes valeurs
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0 #6 neilson 04-08-2014 21:20
Parler, Obama va parler; il va même conclure par "que ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent"! Et nos "petits dieux de présidents" vont entendre ce qu'ils veulent entendre, ils vont rentrer dans nos républiques bannanières et la vie va continuer mieux que par le passé, hélas!
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+2 #5 Megd 04-08-2014 12:34
Le mieux serait de dire en face et yeux dans les yeux aux dirigeants africains que les USA arrêteront tous projets d'investissemen t dans les pays qui seraient tentés de modifier leur constitution. Les avoirs de ces présidents devraient être aussi gelés. Obama devrait dans ce sens rappeler aux Européens et surtout tancer la France en tant qu'ancienne puissance colonisatrice d'en faire de même.

C'est parce qu'il y a des financements que nos dinosaures s'entêtent à rester au pouvoir.
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+2 #4 le moderé 04-08-2014 11:34
ce sera la morale du principal à ses élèves indisciplinés de la démocratie.
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+2 #3 article 37 04-08-2014 09:40
Nous allons remarquer que l'invitation de Barak est plus importante que la fête de notre indépendance. J'espère que Blaise fera son discourt à la nation depuis Washington. Ce sera son avant dernier avant la présidentielle de 2015.

Peut-être annoncera t-il le référendum de Washington. En tout nous l'attendons sur son référendum, qui sera très couteux pour le trésor, pendant que la pluviométrie n'est pas reluisante. On verra si le CDP et la FEDABC vont mettre la main dans la poche pour voler au secourt de nos vaillantes populations.
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+1 #2 lagitateur 04-08-2014 09:40
Moi je pense que pour leur dire la vérité, il est mieux de les avoir en face, les yeux dans les yeux. Être invité à une telle messe à Washington n'est pas vraiment un privilège. Le plus important c'est ce que l'on y gagne. Or je pense que les dictateurs ne bénéficieront d'aucune dividende de la part de l'Oncle Sam si toutefois il y en a. Tout ce que OBAMA doit faire, c'est d'être clair et précis avec ceux qui ont duré au pouvoir et tous ceux qui ont l'intention de tripatouiller les constitutions pour se maintenir au pouvoir. Il doit leur dire: "go away!".
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-1 #1 Lysianne 04-08-2014 09:37
L'amérique est un pays légaliste et tous ceux qui pensent ou qui rêvent que Obama va tancer les dirigeants qui veulent réviser leur constitution se trompent lourdement. Tant que cette révision est légale l'oncle Sam ne dira que dalle. Alors arrêtez de prendre nos rêves pour des réalités.
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