Logo
Imprimer cette page

Crash du vol AH5017 : Une boîte noire refuse de parler

Deux semaines jour pour jour après le drame, le crash du MD83 d’Air Algérie est toujours dans les esprits. Déjà, après l’accident, de nombreuses hypothèses avaient été émises. Et aussi bien dans les rangs des familles des victimes que dans ceux des experts, personne n’en excluait aucune. Et si celle de l’accident dû à des conditions météorologiques critiques restait privilégiée, d’autres hypothèses telles que celle de l’attentat ou du tir de missile sol air lors du survol de la région de Gao dans le Nord-Mali ont eu cours. Mais en l’absence de preuves matérielles, il était difficile d’être situé sur le sort de l’avion disparu dans la nuit du 24 juillet dernier.

 

C’est dire qu’après l’enquête sur zone qui a vu la sécurisation de l’épave, la recherche des enregistreurs de vol, remis le 28 juillet dernier par les autorités maliennes aux enquêteurs français, les familles des victimes attendaient que ces boîtes noires, en réalité oranges, livrent leurs secrets.

Mais si l’une, en l’occurrence le « cockpit voice recorder », qui enregistre l’ensemble des conversations des pilotes, les bruits des boutons et des alarmes, a refusé de parler, la seconde s’est montrée plus bavarde.

En effet, hier dans l’après-midi, le directeur du Bureau français d’enquêtes et d’analyses (BEA), qui s’est exprimé lors d’une conférence de presse, a tout de même fourni quelques éléments sur la trajectoire de l’avion jusqu’à sa chute dans le désert :

à 1h15, l’appareil décolle de Ouagadougou en direction d’Alger. A 1h37, il atteint son altitude et sa vitesse de croisière, soit environ 9500 mètres et 850 km/h respectivement. Il semble entre-temps avoir légèrement dévié de sa trajectoire afin d’éviter une zone orageuse, confirmée par les images météo et «typique de la région en cette saison» selon le BEA.

Deux minutes après avoir atteint sa vitesse de croisière, l’appareil a commencé à ralentir, puis à perdre de l’altitude. Sa trajectoire, telle que reconstituée par le BEA, prend la forme d’une spirale descendante. Dans le même temps, l’avion semble avoir subi de fortes variations d’inclinaisons. Une seconde avant l’impact, il se trouve à 500 mètres du sol et sa vitesse est de 740 km/h. Selon Rémi Jouty, le directeur du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), la trajectoire «conduit à penser que l’avion ne s’est pas désintégré en vol», bien qu’elle n’exclue pas «des dommages durant le vol». Le scénario du drame reste donc pour l’instant très incertain, la thèse d’un accident dû aux mauvaises conditions climatiques n’étant pas plus exclue que celle d’une «action délibérée», bien que le BEA indique n’avoir retrouvé aucun élément «anormal» parmi les débris de l’appareil.

C’est tout ce que l’on sait pour le moment, mais un rapport d’étape sera remis en mi-septembre. Qui sait ! Peut-être que d’ici là le cockpit aura livré au moins une partie de ses secrets. Mais pour les familles, le calvaire continue, car elles sont sans corps pour faire leur deuil alors que de nombreuses questions demeurent sur les circonstances exactes du drame.

Certes, connaître le fin mot de l’histoire ne réveillera pas leurs proches, mais au moins, on sait que les 116 victimes n’ont pas souffert. Piètre consolation !

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lelundi, 01 septembre 2014 12:41

Commentaires   

0 #2 neilson 08-08-2014 11:10
Tout en respectant la douleur des parents et amis des victimes, et en priant pour le repos des âmes des disparus, on se pose tout de même des questions: l'avion venait d'être reviser quand, où et par qui? Et pourquoi la 2è boîte noire refuse de parler "en raison vraisemblableme nt d'un dédaut de fonctionnement SANS LIEN AVEC LES DOMMAGES AYANT RESULTE DE L'ACCIDENT?
Citer
0 #1 Megd 08-08-2014 10:18
Je vous assure que je n'ai nullement confiance aux enquêteurs français. J'ai comme l'impression que tout est fait pour incriminer uniquement l'équipage. Il est vrai que les conditions météo doivent être prises en compte, mais les enquêteurs ne veulent en aucune façon mettre en cause la qualité de l'appareil. Puisque celui-ci était en révision en France et il a reçu le Ok pour voler.
Le Burkina doit faire très attention et privilégier d'autres experts car la France ne veut pas se mouiller dans cette affaire et pourtant, l'appareil était bel et bien défaillant. Il faut mettre fin à ces épaves qui sont régulièrement utilisées pour voler en Afrique. Comme l'a si bien dit Maître Halidou, il faut interdire ces cercueils volants sous nos cieux.
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

© 2011-2014 - Observateur Paalga - Tous droits réservés I Conception: CVP Sarl.