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Réformes politiques au Maroc : Ça risque d'être sur du papier Spécial

Ceux qui  avaient, au vu de l'ampleur du "Mouvement du 20 février", prédit un destin semblable à celui des Palhavi d'Iran au roi Mohamed VI en ont eu pour leurs frais depuis quelques jours. Idem pour les "Maroco-pessimistes" qui voyaient en M6 un souverain incapable de remplacer son père Hassan II, et surtout inapte à diriger le Maroc qui a soif de changement, eux aussi semblent être pris à rebrousse-poil.

 

Désormais, au royaume du Maroc, il y a un avant et un après 9 mars 2011.

- Avant il y a eu la bourrasque arabe qui a balayé le champion des Amis du cheval berbère (Ben Ali) et le pharaon d'Egypte (Moubarak).

- Après il y a la promesse de faire basculer la monarchie absolue en monarchie constitutionnelle et au milieu il y a bien sûr ce Mouvement du 20 février.

Un adage africain dit que le caïman n'a pas d'autre choix que de suivre le cours tortueux de la rivière. Artisan d'une transition historique après les années de plombs de Hassan II dont Driss Nasri fut la figure emblématique, M6 a, depuis 1999, date de son accession au trône, essayé de suivre ce que veulent ses sujets.

Fidèle à cette dynamique d'évolution, il a manifestement su anticiper sur le tsumani qui déferle sur le monde arabe. C'est du reste la quintessence de son discours de ce 17 juin 2011 qui passera à la postérité comme ce qui ressemble au début d'un paradigme politique ; une chose pratiquement impensable, il y a quelques mois de cela au royaume chérifien.

D'abord par le style : ce jeune roi de 48 ans ayant, habituellement en pareil cas, à ses côtés le prince Moulay Rachid et le prince héritier Hassan, procède toujours, pour ses sorties solennelles, par des discours formels, didactiques et portant sur des thèmes précis tels la femme, la justice, le Sahara Occidental... Ce 17 juin, il s'est agi pour lui, au-delà de tous les thèmes, d'évoquer la question de son trône.

Ensuite le fond : il a promis de lutter contre la corruption et de revoir en profondeur l'armature de la justice par la création d'un Conseil supérieur du pouvoir judiciaire dont il sera le garant suprême.

Mais retentissant restera ce discours du 17 juin 2011, par l'innovation fondamentale qui réside dans ce qui s'apparente à une acceptation du roi de se dépouiller un peu de ses prérogatives pour les concéder à un Premier ministre "futur chef du gouvernement" qui "sera désigné" par le souverain, "au sein du parti arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants" du Parlement. Autrement dit, une petite révolution dans l'exercice du pouvoir d'Etat du moins sur le papier, puisque avec cette nouvelle constitution à venir, ce sera le chef de file du parti majoritaire qui aura le choix du Premier ministre, alors que cette désignation relevait du pouvoir discrétionnaire du monarque. Un chef de gouvernement qui pourra nommer certains hauts fonctionnaires, et qui semble ne pas être voué à servir de faire-valoir.

Il faut donc rendre grâce à "ce roi des pauvres", ouvert, moderne et accroc d'Internet qui a su proposer ces réformes courageuses, car il aurait pu se claquemurer dans l'autisme d'un Kadhafi ou du "massacreur en Syrie". Il aurait pu organiser une contre-marche via le Makzen.

En lieu et place, il s'est contenté de proposer des réformes en osmose avec ce que les Marocains pensent tout bas sans le dire souvent tout haut.

Cependant, seule une myopie politique verrait dans toutes ces bonnes intentions royales, une volonté de s'éloigner des affaires, et de ce fait il faut se garder de donner à M6 le bon Dieu sans confession.

Premièrement,  l'indépendance de la justice, par exemple, ne se décrète pas et encore qu'ici c'est toujours le roi qui reste le président de l'appareil judiciaire.

Deuxièmement, on a beau appeler le Premier ministre chef du gouvernement, M6 garde la haute main sur tout : il reste le chef de l'Etat et sa personne est inviolable, il demeure le commandeur des croyants et à peine si sa personne n'est pas sanctifiée, et il est le chef suprême des armées. A y voir de plus près, son statut d'avant et d'après ces réformes proposées, c'est bonnet blanc, blanc bonnet.

Ce n'est donc pas demain que le souverain alaouite se transformera en reine d'Angleterre pour inaugurer les chrysanthèmes au profit du Premier ministre. La monarchie  parlementaire devra attendre.

A l'évidence, le 1er juillet prochain, le "Oui" sera massif et franc au référendum pour cette nouvelle constitution, car le roi est allé au-delà des espérances des 32 millions de Marocains. Même si beaucoup ne sont pas dupes, ces réformes risquent d'être valables seulement sur le papier. D'où peut-être le refus du "Mouvement du 20 février" de baisser la garde.

 

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

Dernière modification ledimanche, 19 juin 2011 21:30

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