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Enlèvement d’un français au Tchad : Un rapt, mille interrogations

Cela se serait passé dans le vaste no man’s land qui s’étend entre le Mali et le Niger ou même dans le Sahel burkinabè en proie depuis de nombreux mois à des actes terroristes, qu’on ne se serait pas étonné outre mesure. Derrière ces dunes de sable où l’industrie du rapt tourne à plein régime, combien de personnes, pour la plupart des ressortissants occidentaux, ont en effet été enlevées par les narco djihadistes qui, faisant feu de tout bois, empochent quelquefois des rançons astronomiques comme on a pu le voir dans une enquête diffusée sur France 2 en janvier dernier, quand ces opérations ne se terminaient pas par la mort des otages…

 

Mais que cela se passe au Tchad, voilà qui est plutôt inhabituel dans la mesure où le pays ne constitue pas une base arrière naturelle des islamistes qui sèment la mort et la désolation dans le sahel. C’est pourtant ce qui est arrivé le jeudi 23 mars 2017 avec l’enlèvement d’un Français dans l’Est du pays, une région adossée certes au Darfour soudanais, mais qui, jusque-là, ne semblait pas être le terrain de chasse des businessmen du rapt. L’acte n’ayant pas été revendiqué jusqu’à hier en début de soirée, très peu d’informations circulaient à ce sujet.

Tout juste savait-on que le rapt avait eu lieu à Doroti, un patelin situé à 50 km de Goz Beida et à 200 km D’Abéché et que les deux ravisseurs sont arrivés à moto, obligeant leur cible à monter sous la menace d’un fusil avant de disparaître dans la nature. Etait-ce une opération jihadiste, un crime crapuleux ou le fait de l’un ou l’autre des groupes armés qui abondent dans cette région aux confins du Tchad, du Soudan et de la Centrafrique… On se perdait toujours en conjectures même si l’identité de la victime, qui travaillait dans une société de prospection minière, rappelle en France de mauvais souvenirs.

Le 16 décembre 2010 en effet, cinq travailleurs du groupe Areva, multinationale française, spécialisée dans les métiers du nucléaire, étaient enlevés à Arlit au Niger par des hommes armés qui les ont conduits dans le septentrion malien d’où ils seront libérés trois ans après au prix de tractations quasi mafieuses.

Quoi qu’il en soit, il faut espérer que cette situation trouvera un dénouement heureux comme en 2009, quand un travailleur humanitaire avait été enlevé dans la même région avant d’être relâché par la suite.

Coïncidence malheureuse, l’affaire intervient alors que Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, vient de quitter le Tchad où elle était allée rendre visite aux soldats de l’opération Barkhane engagés dans la lutte antiterroriste dans le Sahelistan.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification levendredi, 24 mars 2017 17:25

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