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RDC : Les évêques mettent fin à leur chemin de croix

« Face à de tels irrédentismes, le clergé va-t-il finir par rendre le tablier ou, si vous voulez, la soutane ? La réponse dans les jours qui suivent. Il faut espérer en attendant que, malgré les difficultés qu’ils rencontrent, voire ce sentiment anticlérical distillé par certains apprentis-sorciers qui s’amusent à jeter l’huile sur le feu, les hommes de Dieu tiendront bon, car constituant les derniers remparts, s’ils venaient à céder, ce sont les portes de l’enfer qui s’ouvriraient devant les 80 millions de Congolais. Pour parler comme Laurent Bado. » C’est la redoutable question que l’on se posait dans notre éditorial du 21 février dernier.

 

Les évêques du Congo viennent de passer à l’acte. Alors qu’ils étaient censés signer avec les différents protagonistes de la crise les arrangements particuliers qui devaient permettre la mise en œuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre, les prélats n’ont eu d’autre choix que de constater qu’ils s’étaient embarqués dans un cul de sac, tant les blocages étaient persistants : désignation du premier ministre, présidence du Conseil national de suivi de l’accord, chronogramme de mise en place du gouvernement.

Ce lundi, ils s’étaient pourtant bien gardés d’annoncer la mauvaise nouvelle, espérant, qui sait, un signe providentiel qui ferait enfin bouger les lignes. Mais ce miracle-là n’aura finalement pas eu lieu. Et l’amertume des hommes de Dieu est d’autant plus compréhensible que, depuis quelque six mois que dure leur chemin de croix, des esprits malins s’évertuent à multiplier les obstacles comme autant de Stations. A croire que le scénario qui vient de s’écrire est celui que des hommes de peu de foi, dans leurs labos tapis à l’ombre du pouvoir concoctaient dans le seul but de saper tout effort de réconciliation.

Cette impasse, après tout, fait l’affaire de Joseph Kabila qui à ce petit jeu finira bien par imposer son propre calendrier électoral, car de la nativité au calvaire, ce sont quatre bons mois qui ont été perdus à ergoter sur des détails, pour des élections censées se tenir en décembre 2017. Un calendrier désormais impossible à tenir.

Ce faisant, Mobutu Light danse au-dessus d’un volcan qui peut exploser à tout moment, surtout quand on sait qu’à la crise politique se greffent de multiples problèmes tout aussi explosifs. L’éternel conflit au Kivu, la découverte de fosses communes au Kasaï central, le massacre de policiers par des miliciens de Kamuina Nsapu et la découverte des corps de 2 experts onusiens disparus depuis le 12 mars dernier. A chaque jour, son lot d’horreurs.

De Charybde en Scylla le pays des Kabila se rapproche du chaos. Et maintenant que les ecclésiastiques ont reconnu leur impuissance, il ne lui reste plus qu’à s’engager dans une logique de confrontation. Et c’est là que les portes de l’enfer risquent de s’ouvrir.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification lemercredi, 29 mars 2017 11:23

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