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Affrontements meurtriers à Tialgo : La rançon sanglante d’une démission de l’Etat

Les gri-gris et les amulettes n’ont pu sauver ce pauvre koglwéogo Les gri-gris et les amulettes n’ont pu sauver ce pauvre koglwéogo

La presse s’en émeut, les réseaux sociaux s’enflamment d’indignation, les organisations de défense des droits de l’homme s’en inquiètent, les koglweogo continuent d’imposer leur justice digne des ordalies.

 

Et l’Etat dans tout ça ? Puissance publique, il ne cesse pour  autant d’étaler son impuissance, c’est le cas de le dire, face aux groupes dits d’autodéfense qui continuent de défier la République et ses lois, de menacer la cohésion nationale et la paix sociale.

Pama, Fada N’Gourma, Boulsa, Sapouy, Kaya, Koupéla, Solenzo, Zongo (Ouagadougou), Makognadougou, pour ne citer que ces localités, ont été, et sont encore, le théâtre de monstruosités indicibles perpétrées par ces « justiciers de la brousse » parmi lesquels se trouvent des coupe-jarrets et des brigands au soir de leur vie selon plusieurs sources.

Arrestations arbitraires, tortures inhumaines et dégradantes, détentions dans des prisons de fortune où même les chèvres ne s’aventureraient pas en temps de pluies, condamnations pécuniaires et prélèvements de taxes et impôts, voire souvent morts d’homme.

Face à la récurrence de tant de scandales, la réponse du gouvernement est restée désespérément et lamentablement la même : condamnations vaseuses, hésitations, tâtonnements,  si ce n’est des comportements accommodants.

On a toujours en mémoire ces images du ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, recevant fin avril 2016 à Boulsa un  chapeau de Saponé et une canne, attributs de chef suprême des koglweogo.

Cette attitude par trop complaisante du « premier flic de la République » a été pour le moins irréfléchie. 

En bon Moaga, « Tébguéré » aurait-il ainsi fait sienne cette sagesse qui dit que, « si tu es impuissant face au voleur, aide-le à ramasser tes biens » ? Nos « cousins Gaulois »,  dont nous avons hérité la langue et bien d’autres choses, y verront, eux, plutôt l’expression d’un « esprit munichois », synonyme de lâche dérobade face à une menace.

Au regard de tant de laisser-faire et de laisser-aller, faut-il s’étonner de la survenance du drame de Tialgo dans le Sanguier où des affrontements entre koglweogo et villageois ont fait six morts et plusieurs blessés ? (Lire page 8).

Pas du tout !

Plusieurs fois, les « chiens de journalistes » ont aboyé, mais les hordes armées de bougdandoui sont passées. Parfois au nez et à la barbe des forces de défense et de sécurité avec lesquelles ils sont prêts à en découdre. Comme ce fut le cas à Sapouy en février 2016.

Plusieurs fois, les « cassandres » ont mis en garde contre les dangers de la prolifération des groupes d’autodéfense qui méprisent les lois.

Plusieurs fois, hélas, le gouvernement n’a pu ou pas voulu s’assumer.

Mais on ne cessera de le répéter, tous ceux qui par action, inaction, impuissance ou résignation apportent de la poudre aux canons de ces miliciens s’amusent avec le feu.

Les événements malheureux de Tialgo viennent de le montrer à souhait, et si rien n’est fait pour rectifier le tir, le pire est encore à craindre.

Quel que soit le sentiment d’insécurité qui habite les citoyens et, par conséquent, en dit long sur leur soif de sécurité, il est des initiatives individuelles, collectives ou locales qu’aucun bon gouvernement ne doit laisser prospérer. 

Ainsi du « printemps des koglweogo » dont les inconditionnels soutiennent qu’il a eu pour effet bénéfique le recul de  la criminalité et des vols dans les campagnes et certaines villes.  Sans qu’aucune étude scientifique corrobore leur fantasme.

Quelle que soit la nécessité d’impliquer le citoyen dans la gestion de la cité, il est des choses dont l’Etat doit demeurer le seul maître. 

Ainsi du monopole de la violence légitime, de la justice, du pouvoir d’emprisonnement et du droit de lever des impôts et taxes. Ce sont là des prérogatives régaliennes qui ne sauraient être sous-traitées avec quiconque, surtout pas avec des fossoyeurs de l’Etat de droit.

Certes, face à l’horreur de Tialgo, Simon Compaoré, comme à son habitude, y a déboîté au quart de tour, s’est incliné sur les corps de certaines victimes et a pris des mesures comme celle portant  interdiction, jusqu’à nouvel ordre, de toute activité des groupes d’autodéfense dans les provinces du Boulkiemdé et du Sanguié.  

Mais encore faut-il que le ministre de la Sécurité parvienne à se faire entendre, lui qui est devenu, depuis, le « parent à plaisanterie » des « Django » et autre « Ben Laden », surnoms de chefs koglweogo qui en disent long sur leurs personnalités.

N’ont-ils pas, au cours d’un rassemblement national tenu à Kombissiri début décembre 2016, exprimé publiquement leur refus d’intégrer la police de proximité dont la mise en œuvre a été l’objet de décret pris en conseil des ministres ?

Il faut maintenant craindre que ces récents affrontements meurtriers glissent sur le terrain ethnique.

Cette inquiétude est d’autant plus fondée que les zélés « Zorro » sont partis du Boulkièmdé, localité mossi, et ont pris pour cible des villages lélé.

 

La Rédaction

Dernière modification lelundi, 22 mai 2017 22:20

Commentaires   

0 #5 Kanzim 22-05-2017 15:40
LoiseauDeMinerv e, vous ne m’avez pas du tout offensé en reconnaissant en les Koglwéogos une utilité. Moi de même et donc comme vous, je reconnais leur utilité. J’ai travaillé dans le développement local, et dans mon âme j’ai souvent pleuré de la décision es bailleurs de fonds à quitter une localité ou à ne pas aller dans telle ou telle localité à cause des problèmes de sécurité. Beaucoup de ces bailleurs m’objectaient que les projets que je défends sur base de la vocation régionale des sites et portant sur l’élevage ne tenaient pas à cause du col de bétail. D’autres craignaient pour les européens qui viendraient y travailler. J’ai rencontré beaucoup de chefs de village, des Hauts Commissaires ont accepté parrainer d’animations communautaires que j’organisais pour les mesures de protection des projets. J’ai vu des bandits entrer égorger pendant que tout le monde dormait, des familles qui ont bénéficié des financements... etc. Le respect et la sympathie quasi transfusionnell e que j’ai pour les gendarmes et les policiers, ainsi que pour les Hauts Commissaires et les Préfets, vient de là. Puis à l’avènement des Koglwéogos, j’ai vu du bétail circuler sans danger pour les propriétaires, et des femmes s’adonner avec enthousiasme à la micro entreprise rurale. Malheureusement , ce sont les politiciens qui ont changé la nature des Koglwéogos. Le respect populaire dont bénéficiaient ces Koglwéogos les a faits percevoir comme un électorat, mais aussi comme des appuis sûrs pour avoir des électeurs, et surtout pour punir en cas de besoin, des adversaires politiques. Parmi ces politiciens, il y en a qui n’ont pas fait le deuil de leur rêve d’enfance d’être militaire ou de commander, de dominer les autres pour dominer leurs tares soit naturelles, soit intellectuelles ou politiques. Je connais ce phénomène que j’ai étudié sous la Révolution, et que j’ai analysé surtout le 15 Octobre : pas un seul des CDR, brouettes pour la plupart et surtout brouettes pour tous les soi-disant intellectuels, ne s’est présenté au QG, alors qu’ils aimaient manier les armes dont ils étaient dotés. Le temps n’est pas arrivé pour mes mémoires, mais je peux dire que beaucoup de ces amoureux du commandement sont aux commandes du pouvoir et des pouvoirs actuels. C‘est pour cela il y a une appropriation des Koglwéogos à des fins politiques, économiques, mais aussi personnelles. IL faut laisser les acteurs de notre culture entendue en ses pans coutumiers, sociologiques et culturels, résoudre ce proclame. Je ne parle pas des chefs auto fabriqués, qui sont aussi mauvais que les politiciens de paille. Puis la Justice, et les FDS devraient reprendre leurs rôles régaliens, avec une contribution des Koglwéogos ramenés à leur définition traditionnelle et à leur rôle d’appuis des FDS.
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0 #4 Cédric 22-05-2017 12:14
Le ministre de la sécurité avait bel et bien fait savoir dès le départ, que le gouvernement n’impose nulle part des Koglwéogo.Il a précisé qu’il s’agit de structures locales non étatiques qui choisissent délibérément d’assurer la sécurité de proximité pour les citoyens. Le rôle du gouvernement se limite à un encadrement de ces structures pour qu’elles n’agissent pas en dehors de la loi et des principes républicains des droits humains .C’est ainsi que beaucoup de Koglwéogo ont abandonné les sévices corporels contre les présumés voleurs et bandits qu’ils appréhendaient. Ceux qui agissent contrairement à ces principes républicains doivent répondre de leurs actes.
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0 #3 LoiseauDeMinerve 22-05-2017 09:36
Pour ma part, et en toute objectivité, les KOGLWEOGOS en tant que forces de proximité pour contrer les malfrats sont utiles et pouvaient être acceptés de tous si la structure n'avait pas été une trouvaille de la zone des YELKAYE. Voyez les DOZOS, il n'est point imaginable que ceux-ci versent dans l'excès. Malheureusement , et c'est la nature première de mes parents les YELKAYE, tout ce qu'il font est empreint de violence, de suffisance, du fait du'une supposée majorité. Ce n'est pas un hasard si le FASO est ingouvernable. ANTA, KÔRO, KANZIM, BILIBILI, 3wlobs, je ne crois pas vous avoir offensés, c'est la vérité, rien que la vérité.
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0 #2 MADOU 22-05-2017 08:49
Toutes dérives (sévices, séquestrations) de koglwéogos doivent être sanctionnées conformément aux lois de la république. Les Koglwéogos doivent poursuivre leur collaboration avec les forces de sécurité (police, gendarmerie) à qui ils doivent remettre les voleurs et bandits qu’ils appréhendent. De nombreux Koglwéogos ont compris ces principes républicains que le ministre de la sécurité Simon Compaoré ne cesse de leur inculquer. Grâce aux initiatives locales de sécurité par des citoyens, notamment à travers les Koglwéogos,les vols et attaques armées ont sensiblement diminué dans les villes et villages du Burkina ainsi que sur les axes routiers particulièremen t en 2017. Les populations doivent être vigilantes face aux manœuvres politiciennes d’adversité que fomentent certains politiciens pour nuire aux actions de progrès que le ministre de la sécurité est en train de mener. On se rappelle cette crise instrumentalisé e que des politiciens sous-marins avaient voulu provoquer dans la région ouest du Burkina en imposant des Koglwéogos qu’ils voulaient opposer aux chasseurs dozos.Le ministre de la sécurité a pu vite désamorcer cette crise artificielle. Les incidents survenus en mai 2017 dans la province du Sanguié(Tialgo) au moment où le ministre de la sécurité était en tournée dans la région, pourrait être encore une situation de crise provoquée par ces politiciens masqués, qui cherchent vaille que vaille à nuire au ministre de la sécurité et aux koglwéogos. L’objectif de ces politiciens avides de pouvoir, c’est de combattre le ministre de la sécurité pour espérer l’empêcher de réussir la sécurisation du pays, et ensuite progresser dans leur plan diabolique de déstabilisation du président Roch Marc Christian Kaboré.Les populations doivent comprendre ces intrigues pour éviter de tomber dans les pièges de ces égoïstes qui sont prêts à multiplier des crises dans le pays au détriment des citoyens, juste pour atteindre leurs objectifs sataniques. Courage donc au ministre d’Etat en charge de la sécurité Simon Compaoré, pour ses efforts visibles de sécurisation du pays, même si cela ne plait pas aux jaloux qui cherchent à saper ces succès par des crises instrumentalisé es. Les gens savent de plus en plus les méthodes subversives et anarchistes de ces pêcheurs en eau trouble et sont très irrités contre eux. S’ils ne reviennent pas à de meilleurs sentiments, la colère populaire pourrait brutalement se retourner contre eux. Tous ceux qui veulent être présidents au Burkina, doivent passer par les urnes s’ils sont convaincus de leur popularité supposée.
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0 #1 Cheick Omar 22-05-2017 07:55
Toutes mes condoléances aux familles des victimes de ces affrontements qui auraient pu être évités si on était dans un Etat républicain où forces reste à la loi et aux institutions établies et fonctionnant conformément à notre Constitution. Mais voilà que depuis leur apparition dans le paysage nationale, plusieurs voix, et pas des moindres, se sont élevées pour attirer l’attention de nos autorités sur d’éventuels dérapage de ces groupes d’auto-défenses qui risquent de mettre à mal la cohésion national. Mais que nenni ! Le pouvoir en place à choisi l’entêtement et le mépris des lois de la République pour faire la sourde oreille et jouer dans le populisme pour quelques futures dividendes politiciennes. Jouant sur la soif sécuritaire de nos populations dans un contexte de crise de confiance entre les populations et les forces de sécurités avec une institution judiciaire décriée, le pouvoir actuel a opté pour la politique de l’autruche en décidant de républicaniser ces groupes d’autodéfense, aujourd’hui intégrés dans une police de proximité qui nargue pourtant nos forces de défense et de sécurité. Il parait d’ailleurs qu’ils ont un chef suprême qui, dans ses propos et ses actes leur ont donné son onction, leur permettant de poursuivre leurs chevauchées à travers le pays. A y voir de près, ces groupes apparaissent comme une version hideuse du Régiment de sécurité présidentielle, un corps d’élite, reconnu et redouté dont les comportements de certains individus ont entamé son image et précipité sa chute. Sans aucune formation, ces groupes d’autodéfense sont aujourd’hui devenu des spécialistes de la torture, de l’extorsion de fonds et de défiance à l’autorité des forces de défense et de sécurité. Aujourd’hui, la question est de savoir si ces groupes d’autodéfense sont légales. Si oui, les citoyens burkinabè savent désormais où situer les responsabilités pour toutes les actions commises par les membres de ces groupuscules. Au cas contraire, le pouvoir actuel doit s’assumer. Mais lorsqu’on un pouvoir dans lequel les centres de décision sont délocalisés et sous-traités, la recherche de solution qui puisse satisfaire les humeurs et désidératas du triumvirat ne peut conduire qu’à …un statut quo.
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