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Force commune G5 Sahel : Pourvu que ce ne soit pas un pétard mouillé

Le projet était dans les musettes militaires depuis plusieurs mois. Mais nombreux étaient les sceptiques qui se demandaient si cette force commune du G5 Sahel sortirait bientôt des cartons pour prendre véritablement corps sur le terrain.

 

L’initiative était suffisamment ambitieuse pour des Etats déjà engagés sur plusieurs fronts, comme celui du développement socioéconomique, mais qui n’ont souvent pas les moyens de leurs politiques sécuritaires.

Et pourtant, la marche de ces Casques couleur sable est plus que jamais entamée et pas après pas la troupe se met en ordre de bataille.

En effet, après le dernier conseil de guerre des chefs suprêmes des armées des Etats du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) à Bamako, qui a ébauché les dispositifs de combat, hier lundi 5 juin 2017 ce fut le tour des chefs de la diplomatie de se retrouver encore dans la capitale malienne pour l’exécution des directives de leurs patrons et dessiner les contours de ce qui était jusque-là un vague projet.

Et force est de reconnaître que les ministres des Affaires étrangères ont tout de suite sonné très fort le cor puisqu’ils ont tablé sur une troupe de 10 000 hommes. Soit le double des effectifs initialement prévus. Un nombre à la hauteur des missions assignées à cette Force commune : lutter directement contre le terrorisme et assécher tous les trafics (de drogue, d’êtres humains …) dont il se nourrit dans la bande sahélo-saharienne, la fameuse BSS comme on la désigne dans le jargon militaire.

En décidant de lever des armées entières, le G5 Sahel veut certes donner la mesure de ce que sera cette guerre qu’il entend mener contre les groupes djihadistes qui menacent la stabilité et le développement socioéconomique de ce sous-ensemble de près 5 millions de kilomètres carrés pour une population de plus de 65 millions d’habitants.

Mais le tout ne sera pas de sonner le rassemblement des troupes. Encore faut-il mobiliser le nerf de la guerre sans lequel toute victoire est compromise d’avance. Et c’est là que le bât blesse.

Tous aussi pauvres les uns que les autres, ces Etats n’ont comme principale force de frappe que leur seule volonté. Alors, ils sont obligés de tendre la gamelle vers les nations les mieux nanties, notamment l’Union européenne dont la haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité était hier à Bamako. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a été porteuse d’une bonne nouvelle, puisque son institution s’engage à apporter une aide financière de 50 millions d’euros (près de 33 milliards de francs CFA) pour l’opérationnalisation de cette Force conjointe du G5 Sahel.

Un important coup de pouce certes, mais étant donné ce que coûte ce genre d’opération (équipement, ordinaire des soldats, logistique…), cet appui financier ne représente qu’une petite dune dans ces immensités sablonneuses.  

Il faudra donc que d’autres partenaires participent à l’effort de guerre et on pense naturellement à l’ONU qui devra, dans les prochains jours, donner sa bénédiction à cette lutte contre le terrorisme.

Sans cet accompagnement soutenu de la communauté internationale, il faut craindre que cette Force commune ne soit en fin de compte qu’un pétard mouillé.

Et d’ailleurs, le tout n’est pas de faire des promesses mirobolantes. Encore faut-il qu’elles se réalisent rapidement. Ce qui n’est souvent pas le cas parce que pareils financements sont tributaires de procédures qui s’accommodent mal des urgences, comme c’est le cas ici.

 

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lemardi, 06 juin 2017 23:04

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