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Visite ADO en France : «Un sac à problèmes» à l’Elysée

Il l’avait déjà dit pendant sa campagne électorale, sa première visite serait pour le Mali, un pays qui accueille des milliers de soldats français engagés dans la lutte contre le terrorisme qui sévit dans la bande sahélo-saharienne. Promesse faite, promesse tenue le 19 mai 2017, même si ce n’est pas dans la capitale, Bamako, comme il se devait, mais plutôt à Gao où sont stationnées le plus gros des troupes qu’Emmanuel Macron s’est rendu. Restait maintenant à savoir quel président du continent il recevrait en premier. On le sait depuis hier, c’est Alassane Dramane Ouattara que le nouveau locataire de l’Elysée a reçu. Et ce serait ensuite le tour du Sénégalais, Macky Sall, dans les semaines à venir.

 

Certains y verraient la survivance de ce lien ombilical que Paris entretient avec ses anciennes colonies et qui oblige quasiment nos dirigeants, pour ne pas dire ces sous-préfets, Laurent Gbagbo dixit, à effectuer le pèlerinage de l’Elysée pour y prendre le café avec le nouveau maître de céans et faire presque allégeance au grand chef blanc. Ce qui n’empêche pas, au-delà de cette «marque de considération importante» pour celui qui est reçu, que des dossiers importants et urgents soient abordés comme ce fut le cas hier.

C’est en effet un véritable sac à problèmes que Macron a reçu, tant la Côte d’Ivoire est enlisée depuis de longs mois dans une crise économique, sociale, politique et même militaire dont elle n’est pas encore sortie : mutineries à répétition, revendications sociales, chute drastique de plus d’un tiers du cours du cacao dont le pays est le premier exportateur au monde, guerre feutrée de succession du locataire du palais de Cocody sur fond de découverte d’armes au domicile de Soul to Soul (1). Autant de goulots d’étranglement qui plombent et pourrissent le second mandat d’ADO et auxquels aucun président français ne saurait être insensible.

Deuxième partenaire économique de la Côte d’Ivoire après le Nigeria, la France y compte en effet plus de 700 entreprises, parfois des PME, une base militaire et plus de 15 000 ressortissants qui y résident. Qu’on le veuille donc ou pas, c’est un visiteur pas comme les autres qui a été reçu à l’Elysée, même s’il est arrivé au moment où son hôte a ses propres angoisses, puisqu’en quête d’une majorité parlementaire confortable pour mener à bien son programme. Le patron de la République en marche est  allé voter le matin au Touquet dans le nord de la France avant de revenir s’entretenir avec son visiteur ivoirien.

Au-delà de la symbolique diplomatique, c’est avant tout un séjour frappé du sceau économique, puisque d’autres questions, comme le fameux projet de métro d’Abidjan, à l’arrêt depuis des mois, devraient également être abordées. Paris n’est du reste qu’une étape d’une tournée internationale qui se poursuivra aujourd’hui et demain en Allemagne où le président Ouattara prendra part aux travaux de la conférence préparatoire du G20. L’objectif avoué du VRP ADO était de rabattre banquiers et investisseurs pour l’emprunt obligataire d’un milliard d’euros qu’il cherche à lever sur les places financières internationales.

Mais à un titre plus personnel, cette sortie est une véritable bouffée d’oxygène pour celui qui était pratiquement en confinement, tant il était obligé, ces derniers mois, d’éteindre les incendies qui se déclenchaient sur plusieurs fronts. Ne serait-ce que pour cela, Paris valait une p’tite virée.

 

 

La Rédaction

 

1 Souleymane Kamagaté, chef du protocole de Guillaume Soro

 

Dernière modification lemardi, 13 juin 2017 02:45

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