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Accord intercentrafricain à Rome : Prions avec Sant’Egidio

Accord intercentrafricain à Rome : Prions avec Sant’Egidio

On avait même fini par se lasser et oublier cette interminable crise centrafricaine qui dure depuis de longues années et que même l’élection de Faustin Archange Touadéra le 14 février 2016 n’était pas parvenue à résorber.

 

Une violence résiduelle entretenue par les différents groupes armés persistait au point que le pays semblait atteint du syndrome libyen avec ces factions ennemies qui se multipliaient comme par scissiparité et où tout le monde canarde tout le monde.

Et voilà qu’on apprend qu’un accord a été signé ce lundi 19 juin entre le gouvernement centrafricain et 13 des 14 milices actives dans le pays, car seul le mouvement 3R n’y a pas pris part. Et à qui doit-on ce miracle survenu à Rome (ça ne s’invente pas) ? A la communauté catholique de Sant’Egidio, qui s’investit beaucoup dans la recherche de la paix, elle qui compte déjà au nombre de ses hauts faits d’armes la signature d’un accord de paix le 4 octobre 1992 au Mozambique, mettant fin à la guerre civil ; l’accord entre les organisations politiques algériennes et la concrétisation de la plate-forme commune de paix au Kosovo.

Aboutissement donc de longs et délicats mois de tractation, le présent arrangement politique conclu par les religieux prévoit notamment un cessez-le-feu immédiat, même s’il n’y a pas encore de calendrier contraignant, la reconnaissance des autorités légitimes par les différents groupes armés et leur transformation progressive en forces vives de la Nation, la représentation des rebelles dans les instances de la République, la réouverture du territoire national à la libre circulation des personnes et des biens, etc.

Sur le papier donc, c’est un accord presque parfait. Mais en bon cassandre,  quand on sait que les Centrafricains ne sont pas à leur premier document du genre, on ne peut qu’attendre l’effet, à l’épreuve du terrain, de cet accord avant de jubiler; ce ne sont pas les médecins qui ont manqué au chevet de ce grand corps malade depuis des années sans jamais parvenir à rétablir la paix.

Il faut donc espérer que celui-là sera enfin le bon. Ce qui suppose que chacune des parties prenantes joue franchement le jeu sans arrière-pensées ni petits calculs qui pourraient faire écrouler, comme un château de cartes, le délicat échafaudage des hommes de Dieu qui volent pour ainsi dire au secours de l’Archange Faustin dont le retour à la paix figurait en bonne place parmi ses chantiers prioritaires.

Au-delà des entités armées, c’est d’ailleurs tous les Centrafricains qui devraient s’approprier ce document pour qui sait que cette guerre civile, qui a dangereusement glissé sur le terrain ethnique et religieux et fait des milliers de morts, a dressé les communautés les unes contre les autres. C’est dire, au-delà des signataires, que c’est tout le tissu social qui demande à être raccommodé.

Ce qui vient de se passer dans la ville éternelle est certes un bon pas dans la bonne direction, mais il y a beaucoup de chemin à faire pour parvenir à une paix durable et exorciser les démons du passé. Il ne reste donc plus qu’à brûler des cierges et à prier avec Sant’Egidio pour que l’accord de Rome tienne.

 

M. Arnaud Ouédraogo

Dernière modification lemardi, 20 juin 2017 07:41

Commentaires   

0 #1 Mechtilde Guirma 20-06-2017 12:55
Tiens, et si Saint E'gidio nous présidait notre transition ? On verra bien que la Coder n'aura pas eu ou n'aura pas tort.
Courage tout le monde. L'espoir est permis.
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